INTERVIEW - Émilien Jeannière : «Je veux une victoire d'envergure»
À k'approche de la Clàssica Comunitat Valenciana, qui marquera sa rentrée dans la saison 2026, Émilien Jeannière se confie sans détour. Le sprinteur de la TotalEnergies, auteur d’une année 2025 marquée par une grande régularité mais toujours en quête d’une victoire de référence, fait le point sur sa préparation hivernale, son programme chargé de début de saison et ses ambitions à moyen terme. Entre volonté de franchir un nouveau cap, objectifs assumés sur les grandes courses et rêve toujours bien présent du Tour de France, Jeannière aborde cette nouvelle campagne avec lucidité, détermination et l’envie claire de transformer les places d’honneur en succès marquants.
Vidéo - Geoffrey Bouchard au micro de Cyclism'Actu
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"J’ai peut-être trop couru après cette victoire à certains moments..."
Comment vas-tu à l’approche de la reprise, et comment s’est passée ta préparation hivernale ?
Le début de saison arrive vite, puisque je reprends dès ce dimanche. J’ai effectué de très bons stages en décembre et en janvier avec l’équipe, à Calpe. J’ai bien enchaîné les entraînements, notamment le travail d’endurance et les gros blocs pour refaire les bases et construire une saison pleine en 2026. Tous les feux sont au vert. J’ai vraiment hâte de reprendre la compétition. La forme n’est pas encore à 100 %, mais ce n’était pas l’objectif avec mon entraîneur et l’équipe. L’idée est d’être performant dès le début, tout en visant un pic de forme un peu plus tard dans la saison.
Tu reprends sur la Clàssica Comunitat Valenciana. Quel sera ton programme ensuite ?
Je commence donc par Valenciana ce dimanche, puis le week-end suivant je serai aligné sur La Marseillaise, une première pour moi. Sans la route des Crêtes, le profil peut être intéressant. Ensuite, ce sera un programme assez similaire à celui de l’an dernier avec le Tour d’Oman, Muscat, puis Almería. Après ça, j’enchaînerai avec le week-end d’ouverture en Belgique, avant Paris-Nice, qui sera le premier gros objectif de la saison. L’idée sera d’y faire mieux que l’an dernier.
Quel regard portes-tu sur ta saison passée ?
Je dirais que le mot-clé, c’est la régularité. Beaucoup de places d’honneur, mais il manque cette petite victoire qui aurait fait basculer la saison dans une autre dimension. J’ai terminé à quatorze reprises sur le podium, ce qui reste frustrant sans victoire, mais je retiens surtout la constance et le fait d’avoir été performant sur des courses d’un niveau plus élevé que les années précédentes. J’ai clairement franchi un cap. Bien sûr, il y a des courses où j’aurais pu mieux faire, comme le Tour d’Istanbul, où j’ai commis des erreurs, mais aucune course n’est facile à gagner.
Tu sembles très performant sur les grandes courses, parfois plus que sur celles où tu es favori. Comment l’expliques-tu ?
Il y a sans doute un mélange de facteurs. Quand on est attendu, il y a plus de pression et davantage de surveillance dans le peloton. Il suffit d’une petite erreur tactique ou d’un mauvais timing. J’ai aussi peut-être trop couru après cette victoire à certains moments. Mais je ne pense pas que ce soit uniquement psychologique. Il y a eu des erreurs personnelles, parfois collectives, et surtout un très haut niveau de concurrence. Rien n’est jamais acquis, même sur des courses de classe 1.
Alexandre Delettre au micro de Cyclism'Actu
"Le Tour de France ? On verra ce que décidera le staff"
Quel est ton programme pour la suite de la saison, notamment sur les classiques ?
Mon calendrier n’est pas encore totalement défini. L’objectif est de courir plusieurs classiques belges, flandriennes ou non, comme l’an dernier. Concernant Paris-Roubaix ou le Tour des Flandres, rien n’est encore acté. J’aimerais aussi retourner sur certaines courses françaises que j’ai découvertes récemment, comme le Tour du Finistère ou le Tro Bro Leon. J’aime beaucoup courir en Bretagne, il y a un public incroyable et des courses très exigeantes.
Le Tour de France fait-il toujours partie de tes objectifs ?
Oui, forcément. Le Tour de France reste un objectif majeur. Mais ce n’est jamais acquis. Même avec de bonnes saisons, il n’y a aucune garantie. Il n’y a qu’un Tour, beaucoup de coureurs y prétendent, et la décision appartient à l’équipe. Je vais m’y préparer sérieusement, avec l’envie d’y retourner et de faire mieux que lors de ma précédente participation. Ensuite, on verra ce que décidera le staff.
Qu’est-ce qui ferait, selon toi, une saison 2026 réussie ?
Une victoire d’envergure. Pas forcément sur une WorldTour majeure, mais une vraie victoire marquante, sur une belle ProSeries ou une WorldTour, qui compte et qui laisse une trace. Tout en conservant cette régularité qui fait ma force depuis plusieurs saisons. L’objectif est clair : transformer ces deuxièmes et troisièmes places en une grande victoire, pour franchir un nouveau cap et enrichir mon palmarès.

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