Route - Lionel Taminiaux : «Forcément, il y a eu des craintes...»
Pris dans l’incertitude après l’annonce de la fusion entre Lotto et Intermarché, Lionel Taminiaux a vécu de longs mois d’attente avant d’être fixé sur son avenir. Désormais pleinement intégré à la nouvelle structure, le Belge aborde la saison 2026 avec un rôle de leader assumé sur les courses à points, une responsabilité clé dans la quête de la licence WorldTour. Il s'est exprimé au micro de Cyclism'Actu.
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"Après l'annonce, c'était un peu indécis pour moi"
Lionel, comment as-tu vécu l'annonce de la fusion entre Lotto et Intermarché, toi qui étais déjà sous contrat ?
En tant que coureur, on n'était pas du tout au courant. J'avais resigné avec l'équipe avant que la fusion ne soit évoquée. Après l'annonce, c'était un peu indécis pour moi : je ne savais pas si le contrat que j'avais signé serait respecté ou pas. Ce n'était pas une certitude d'être conservé dans l'équipe. J'ai dû attendre assez longtemps avant d'avoir une réponse définitive, comme tous les autres coureurs qui avaient un contrat prévu dans les deux structures. C'était surtout une très longue attente après l'annonce faite pendant le Tour de France.
As-tu eu des craintes de devoir chercher ailleurs ?
Forcément, il y a eu des craintes. Même si j'avais un contrat de deux ans, si celui-ci n'est pas respecté, il faut chercher autre chose. Mais il n'y avait pas tant d'opportunités que ça : beaucoup d'équipes attendaient de voir si la fusion se faisait ou si d'autres équipes comme Arkéa arrêtaient officiellement pour engager des coureurs. C'était une situation indécise pendant très longtemps.
"Gagner et lever les bras, même sur des kermesses, c'est toujours plaisant"
Tu as tout de même fini la saison 2025 en force avec des victoires en septembre. Cela t'a aidé mentalement ?
Oui, mentalement ça m'a fait beaucoup de bien. La fin de saison est une période que j'apprécie et où je performe souvent bien. Je ne pense pas que cela ait changé quelque chose pour mon contrat, mais gagner et lever les bras, même sur des kermesses, c'est toujours plaisant.
Quel sera ton rôle dans cet effectif 2026 ? Sera-t-il le même que l'année passée ?
Non, pas exactement. J'aurai un rôle de leader bien défini sur un programme un peu "en-dessous" des très grandes courses : les Coupes de France, les classes 1.1, tout ce qui est à ma portée pour marquer des points. C'est crucial pour l'équipe de marquer beaucoup de points dès la première année pour assurer la licence World Tour. Je ne ferai probablement pas les très grandes courses en tant que leader car je suis réaliste sur mes capacités à mon âge, mais je pourrai y aider Arnaud [De Lie] ou d'autres coéquipiers.
Maxime Bouet au micro de Cyclism'Actu
J'aurai aussi un rôle pour encadrer les jeunes qui montent
On sent qu'il y a une vraie dynamique de "chasse aux points" dans l'équipe...
Oui, et ça me motive énormément. Devoir se montrer toutes les semaines et avoir cette pression de performer pour l'équipe, c'est plaisant. J'aurai aussi un rôle pour encadrer les jeunes qui montent, leur apprendre à gérer leurs efforts et à obtenir les meilleurs résultats possibles.
Entre l'ancienne équipe Lotto et cette nouvelle structure Lotto-Intermarché, que vois-tu comme changements ?
Le nom change, et le management aussi (ce n'est plus le même CEO). Au niveau de la direction, ça change un peu la vie de tous les jours, mais en tant que coureur, on ne le ressent pas encore trop concrètement dans notre quotidien pour le moment.
"Ça me met un peu de pression d'être en forme si tôt"
Tu commences ta saison en Australie. C'est un choix de ta part ?
On me l'a proposé et j'ai dit oui avec plaisir. Je pars demain. L'équipe voulait que je sois là-bas car c'est important de bien fonctionner tout de suite au niveau des sprints et de marquer des points d'entrée de jeu. Je me suis entraîné plus dur et plus longtemps que les années précédentes. Ça me met un peu de pression d'être en forme si tôt, car j'ai souvent du mal en début de saison, mais ça peut m'aider pour la suite.
Tu y seras le leader pour les sprints ?
Oui, il y a deux étapes vraiment propices à un sprint massif, et une troisième plus délicate. J'espère avoir ma chance et ne pas me louper. C'est un voyage difficile si tôt, mais je préfère ça plutôt que de souffrir sous la mauvaise météo sur des courses comme le Grand Prix de Marseille.
"Gagner un Tour des Flandres ou un Paris-Roubaix me paraît impossible"
Tu mentionnais ton âge et le fait d'être "réaliste". Tu penses déjà à la fin de ta carrière ?
Je n'y pense pas encore, mais je suis plus réaliste que rêveur. Gagner un Tour des Flandres ou un Paris-Roubaix me paraît impossible face aux cinq meilleurs mondiaux qui jouent la gagne. Mon job, c'est de marquer des points sur les courses qui me correspondent. J'ai encore deux ans de contrat et je veux être efficace là où j'ai mes chances.
Tu as aussi changé d'entraîneur cet hiver ?
Oui, je travaille maintenant avec Christophe Prémont. Je l'avais connu à l'époque de Wallonie-Bruxelles. On s'entend très bien et c'est un peu un renouveau pour moi. On a même couru l'un contre l'autre quand j'étais espoir.

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