Le MAG - Geraint Thomas... «le garant de la culture d'équipe INEOS»
Vendredi 13 février, sur le parvis Ganay du Stade Vélodrome à Marseille, les coureurs du CIC Tour de La Provence se préparaient dans leur car respectif avant de prendre le départ de la 1re étape, direction Saint-Victoret. Les badauds se promenaient entre les véhicules, quand un attroupement s'est formé du côté d'INEOS Grenadiers. La raison ? La présence de Geraint Thomas, vainqueur notamment du Tour de France 2018. Bien qu'en tenue civile, sans casque ni ses inamovibles lunettes de soleil aux montures blanches, le Gallois de 39 ans a attiré quelques fans en quête de selfies.
Vidéo - La der de Geraint Thomas à domicile
Lire la suite de l'article
Directeur de course, un atout précieux grâce à son pedigree
Seuls deux chanceux sont repartis avec une photo de "G", avant qu'un cordon de sécurité ne soit rapidement installé, faisant ramener le calme dans le coin INEOS Grenadiers. Mais que venait faire là Geraint Thomas, retiré des pelotons en septembre dernier après dix-neufs saisons professionnelles dont 16 au sein de la structure britannique, sous ses différentes appellations (Sky Procycling, Team Sky, INEOS Grenadiers) ?
Le double Champion olympique sur piste n'est pas resté longtemps inactif : en novembre 2025, Geraint Thomas était nommé "directeur de course" chez INEOS Grenadiers, une sorte de manager sportif placé au-dessus de la cellule performance (directeurs sportifs, coaches, etc.). Un atout précieux, du fait de son expérience et son palmarès, pour l'équipe britannique, qui avait déjà vu Dave Brailsford revenir au bercail en juillet dernier après une parenthèse football.
"Ça me passionne de transmettre et d'aider les jeunes talents"
"C'est tout naturel de prendre ce nouveau rôle, avait alors expliqué Geraint Thomas. J'ai tellement appris de ces gens que je veux leur rendre maintenant. Ça me passionne de transmettre et d'aider des jeunes talents à émerger. Les Grenadiers continueront de rouler avec détermination, humilité et engagement envers l'excellence." Le Gallois se trouvait affublé de prérogatives claires : participer au recrutement des coureurs, fixer les axes de développement et établir une philosophie de course. Mais aussi et surtout, remettre l'église au centre du village : véritable âme de cette équipe, "G" doit incarner l'esprit et l'identité qui avaient fait de cette formation la meilleure du monde durant les années 2010, afin qu'elle retrouve sa place au sommet du WorldTour.
C'est ce qu'a récemment confirmé l'ancien coureur de Movistar Imanol Erviti, désormais directeur sportif chez INEOS Grenadiers depuis deux ans, auprès de Marca : "Je suis très satisfait du travail que Geraint accomplit. Malgré la grandeur qu'il a pu avoir en tant que coureur, c'est une personne très normale avec qui il est facile de travailler. Il veille en permanence à la culture de l'équipe et aux aspects tactiques. Il fait du bon travail qui, petit à petit, portera ses fruits."
Dave Brailsford le moteur de la refondation
Selon Imanol Erviti, ce processus de refondation est évidemment incarné par Dave Brailsford : "Il a beaucoup d'influence sur cette équipe et est le leader du projet. C'est lui qui nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes et qui nous motive vraiment. Son retour a été très positif. Je considère que l'ADN n'est pas perdu, mais que certains aspects peuvent être modernisés et que des changements sont possibles. C'est un processus constant et il est clair que nous devons nous mettre à jour et aller plus loin dans certains domaines. Nous y travaillons."
Geraint Thomas ne s'est pas éternisé en Provence la semaine dernière. Il n'était pas à Arles dimanche pour voir la victoire d'Axel Laurance sur la 3e étape, ni pour féliciter Carlos Rodriguez (2e) et Brandon Smith Rivera (3e) sur le podium final du Tour de La Provence, entourant le lauréat Matthew Riccitello (Decathlon CMA CGM). Deux coureurs d'INEOS Grenadiers sur un podium d'une course par étapes ? Cela n'était plus arrivé depuis juillet 2024 au Tour d'Autriche avec déjà Brandon Smith Rivera et Magnus Sheffield, 2e et 3e derrière Diego Ulissi (UAE Team Emirates). 2026 marquera-t-il le début du redressement ?

Anthony Ravard : "On a fait un bon recrutement cet hiver..."