Média - De Mondenard : «Pour faire du sport de haut-niveau, faut être médicalisé»
Jean-Pierre de Mondenard... pardon, Docteur Jean-Pierre de Mondenard, vous connaissez ? À 82 ans, il n'a visiblement rien perdu de sa passion, de sa lutte contre le dopage, mais aussi de son amour du vélo, du cyclisme. Pourtant quand on discute avec lui, il n'a que le mot "dopage" dans son lexique ! Alors on se dit : "encore un qui veut faire du tort au vélo, encore un qui s'amuse à avancer la tirade "tous dopés dans le cyclisme et sur le Tour de France". Et puis, on prend le temps de l'écouter. On n'est pas forcément convaincu de ce qu'a expliqué Jean-Pierre de Mondenard mais on va faire confiance au médecin qu'il est, comme il l'aime à le rappeler d'ailleurs. Reste qu'à 82 ans, Docteur Jean-Pierre de Mondenard a encore visiblement encore toute sa tête. Par contre, on lui a quand même posé la fameuse question : Tadej Pogacar dopé ou pas ? Voilà sa réponse à Cyclism'Actu : "Je ne peux pas vous répondre. Aujourd'hui tous les cyclistes, tous les sportifs de haut-niveau sont médicalisés. Pour faire du haut-niveau il faut être médicalisé et prendre des médicaments que les laboratoires ne recherchent pas et/ou ne trouvent pas. Le jeu c'est de ne pas se faire prendre, c'est tout et d'utiliser des médicaments que les labos ne connaissent pas." Voilà, donc à vous chers internautes de vous faire votre avis concernant la vision, l'énième étude du Docteur Jean-Pierre de Mondenard sur le sport, le cyclisme, la santé, le dopage !
Vidéo - L’enquête de la cellule investigation de Radio France
Lire la suite de l'article
"J'étais médecin dans les courses dans les années 1970 de chez A.S.O et autres, j'ai fait trois Tour de France..."
Sa dernière étude ? "J’espère que c’est une boutade de penser que mon texte fait l’apologie du dopage, précise Jean-Pierre de Mondenard à Cyclism'Actu. Je démontre par cette étude basée sur 5 décennies de recherches et d’actes d’état civils (dates exactes de naissance et décès) collationnés auprès des mairies, que la durée de vie des cyclistes dopés est supérieure à celle du Français moyen. Donc les bénéfices de la pratique intensive du vélo sont supérieurs aux effets négatifs des dopants. La lutte antidopage doit se focaliser sur l’éthique et bien sûr combattre le dopage avec beaucoup plus d’efficacité qu’elle ne le fait depuis des lustres. Trouver moins de 1% de dopés c’est pathétique. Elle devrait avoir pour objectif principal d’empêcher que les mieux soignés trustent les podiums. Il n’est pas utile de vouloir faire peur aux coureurs en leur disant que le dopage mettrait leur santé en péril. ! Sans preuve."
Et si le Monument n°1 du cyclisme était un élixir de longévité ?
Avant tout et petite précision dixit Docteur Jean-Pierre de Mondenard : "J'étais médecin dans les courses dans les années 1970 de chez A.S.O et autres, j'ai fait trois Tour de France, je me suis aperçu que le dopage était omniprésent, tout le monde en parlait mais personne n'en parlait face caméra et aux médias. Donc j'ai commencé à faire mes recherches et à travailler sur des statistiques. Cette étude, j'y travaille depuis 50 ans et je l'actualise régulièrement depuis 2022 sur mon blog et c'est avant tout pour les honorer et pour rappeler qu'ils ont fait le Tour de France car tout le monde les oublie vite. On parle tout le temps que le dopage est mauvais pour la santé, mais est-ce que c'est plus mauvais que les médicaments que le commun des mortels prend tous les jours. Les dopants sont des médicaments, les médicaments ont des effets secondaires. L'AMA nous bassine en disant qu'elle se préoccupe de la santé des sportifs alors que c'est faux. Car il y a pleins de médicaments que le sportifs prennent au quotidien qui ne sont pas interdits. La véritable motivation que l'on doit avoir dans la lutte antidopage, c'est l'éthique avant tout et non la santé.
Les anciens cyclistes du Tour de France décédés ces quatre dernières années (2022-2025) ont bénéficié d’un avantage de longévité d’environ 7 ans 2 mois par rapport à la population générale de cette période. Depuis 2022, ma contribution annuelle d’hommages aux disparus montre qu’en 2025, 30 Géants de la Route nous ont quittés. Ils étaient 37 en 2022, 28 en 2023, 33 en 2024. Les 30 Tour de France décédés en 2025 avaient atteint une longévité moyenne de 82 ans 11 mois (voir tableau)
Rappel historique : 2 affirmations complètement inexactes
Au début des années 1960, le discours des promoteurs de la lutte antidopage, destiné à justifier la promulgation des lois en Belgique et en France – les deux pays fer de lance - et l’instauration des contrôles urinaires — initialement cantonnés aux cyclistes — reposait sur deux dogmes non démontrés :
- le dopage serait dangereux pour la santé ;
- le dopage serait inefficace.
Ces deux affirmations se sont révélées inexactes. Pour honorer la mémoire de ces cyclistes qui ont versé litres de sueur sur l’asphalte lors de la Grande Randonnée de juillet et qui, en 2025, ont rejoint d’autres parcours invisibles, nous proposons de rappeler, pour chacun des 30 disparus, quelques repères permettant de les garder vivants dans nos souvenirs. Ils ont su nous captiver par leurs performances sur les routes du Tour.
Certains, comme Barry Hoban (12), Frédéric Brun (9), Bernardo Ruiz (8) ou Jean Gainche (8), comptent plusieurs Boucles à leur actif, tandis que d’autres n’ont participé qu’à une seule édition. Pour ces derniers, prendre le départ d’une unique Randonnée de juillet constituait déjà un titre de gloire, une expérience qui les a marqués à jamais.
Tour de France - Longévité / durée de vie comparée 2022 à 2025 (bilan de 4 années)
128 coureurs décédés en 4 ans : durée de vie moyenne supérieure à 82 ans
|
Année |
Nombre de coureurs |
Age du décès |
% + de 90 ans |
|
2022 |
37 coureurs |
82 ans 7 mois > 90 ans = 9 / 37 |
24,3% |
|
2023 |
28 coureurs |
82 ans 10 mois > 90 ans = 10 / 28 |
35,7% |
|
2024 |
33 coureurs |
83 ans 2 mois > 90 ans = 10 / 33 |
30,3% |
|
2025 |
30 coureurs |
82 ans 11 mois > 90 ans = 8 / 30 |
26,7% |
- Moyenne Tour De France
128 coureurs : 82 ans 10 mois
Plus de 90 ans : 37 / 128 = 28,9%
- Population générale 2024 : sources INSEE
Age moyen au décès des hommes en France en 2024 : 75 ans 8 mois
Pourcentage des décès hommes survenus après 90 ans : 7,8%
Cyclistes du Tour de France : un bonus de vie de 7 ans et 2 mois
L’analyse des cyclistes du Tour de France décédés entre 2022 et 2025 met en évidence un avantage de longévité de 7 ans et 2 mois par rapport à la population générale.
L’âge moyen au décès est en effet de 82 ans et 10 mois chez les anciens coureurs, contre 75 ans et 8 mois pour l’ensemble de la population. Ce différentiel concerne notamment des générations ²souvent qualifiées, à tort ou à raison, de « dopées ».
Depuis 1970, je recense de manière exhaustive les données d’état civil et de longévité des 5 393 “Géants de la Route”ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France, de 1903 à 2025, soit 112 éditions.
Un allongement net de la durée de vie et davantage de nonagénaires
Toutes les périodes étudiées (1903, 1926, 1951, puis 2022-2025) montrent un allongement significatif de la durée de viedes coureurs de cette épreuve mythique.
Deuxième indice objectif en faveur des bienfaits du cyclisme, même pratiqué à très haut niveau : la proportion croissante d’anciens coureurs franchissant 90 ans.
Dès mes premières études sur la longévité des Géants de la Route, cette singularité apparaissait nettement par rapport aux sports les plus populaires en France, comme le football ou le rugby.
Ainsi, sur la période 2022-2025, 28,9 % des anciens cyclistes du Tour décédés avaient 90 ans ou plus. De manière comparable, parmi les 121 partants du Tour 1951, aujourd’hui tous décédé (sauf un), 27,6 % ont franchi le cap des 90 ans.
À titre de comparaison, dans la population française en 2024, la part des décès concernant des personnes de plus de 90 ans n’atteint pour les hommes que 7,8 %. Autrement dit, le pourcentage observé chez les anciens cyclistes du Tour est près de quatre fois supérieur.
Peut-on en conclure que les cyclistes ne se dopent pas ?
Bien sûr que non ! Le cyclisme n’est ni plus ni moins concerné que d’autres disciplines comme le football, le rugby ou le tennis. En revanche, affirmer que le dopage réduirait la durée de vie des pratiquants de la
« petite reine » relève du mythe, voire du bobard, parmi tant d’autres adressés à ce sport et à son fleuron, le Tour de France.
Des effets secondaires largement compensés par les bénéfices du vélo
Le gain de 7 ans et 2 mois observé chez les générations ayant couru dans les années 1950-1960 montre que les éventuels effets secondaires du dopage ont été massivement compensés par les bénéfices sanitaires d’une pratique cycliste intensive.
Rappelons qu’à cette époque, dans l’immédiat après-guerre, les amphétamines — aujourd’hui classées comme dangereuses — étaient omniprésentes, non seulement dans le peloton, mais aussi en alpinisme, en football, en voile et dans bien d’autres disciplines.
Au regard de ces données vérifiables, il serait temps que les instances antidopage, les dirigeants fédéraux et les responsables politiques cessent d’agiter l’argument sanitaire. Aucun d’entre eux ne dispose d’un véritable cursus universitaire centré sur la santé, et encore moins d’études rétrospectives solides sur la longévité des sportifs de haut niveau.
L’imposture du discours sur les dangers du dopage
Prétendre justifier leur statut de dirigeants en affirmant qu’ils protègent la santé des athlètes constitue une imposture, tant dans le discours que dans les faits.
Le dopage : un problème éthique, oui ; sanitaire, non
La seule raison valable de lutter contre le dopage réside dans son efficacité sur la performance. En clair, le dopage est avant tout un problème d’éthique sportive, et non un problème de santé publique.
CONCLUSION...
"J'ai 82 ans, je suis un fervent défenseur du sport et du cyclisme, a expliqué Docteur Jean-Pierre de Mondenard à Cyclism'Actu. Vous me connaissez et ceux qui me fréquentent encore savent que je suis un éternel passionné du cyclisme et que toutes mes théories s'appuient avant tout sur des faits et statistiques. Dans ma vie, j'ai fait 320 000 km à vélo, 1 500 cols dont le Galibier, le Mont-Ventoux que je montais encore à 70 ans. Maintenant, mon médecin, c'est à dire moi, m'a prévenu qu'à mon âge qu'il fallait mieux que je fasse gaffe aux chutes car la moindre chute pourrait être ma dernière. Tous les jours, je fais mon sport, je monte les marches de Chennevières-sur-Marne. Sincèrement, je ne sais pas si j'aurais aimé être coureur pro car j'ai commencé le vélo j'avais 20 ans et je faisais mes études de médecine.Tout ce que je peux vous dire, c'est que la véritable motivation que l'on doit avoir aujourd'hui dans la lutte antidopage, c'est l'éthique avant tout et non la santé. Mais, oui, je ne suis rien aux yeux de beaucoup car j'ai aujourd'hui 82 ans."

Michael Storer sur le cas Yates : "C’est une décision très personnelle"