INTERVIEW - Michel Callot réélu : «Le cyclisme français en danger ? Non...»

Par Jeremy LAFONT le 17/12/2024 à 15:46. Mis à jour le 18/12/2024 à 18:30.
INTERVIEW - Michel Callot réélu : «Le cyclisme français en danger ? Non...»
Photo : @Cyclism'Actu / DR

En marge de la conférence de presse donnée par Michel Callot après sa réélection à la tête de la Fédération Française de Cyclisme ce mardi, le président de la FFC s'est entretenu avec Cyclism'Actu au siège de la fédération au Vélodrome Nationale de Saint-Quentin-En-Yvelines à Montigny-le-Bretonneux. Clubs en souffrance, problèmes économiques, Super Championnats du monde... Michel Callot a évoqué ses principaux axes de travail durant son troisième (et dernier) mandat de quatre ans. Entretien.


"Cette fois-ci, mon concurrent a fait une vraie campagne..."

Président Callot, cette année 2024 se termine bien pour vous...

Oui, c'est une année qui se termine forcément bien quand on gagne une élection c'est sûr, et puis qui vient clore quand même une année très particulière, qui restera pour plein de raisons dans nos mémoires avec notamment ces Jeux Olympiques de Paris 2024 qui ont magnifié le sport français. Pouvoir, à l'issue de cette année, renouveler un mandat, c'est la satisfaction supplémentaire que je pouvais attendre sur cette fin d'année.

 

Jamais deux sans trois comme on dit... mais cette élection fut la plus serrée 

Oui alors pour des raisons qui s'expliquent aussi, la première j'étais tout seul donc j'avais pas trop de soucis et puis c'était une vraie transition avec David Lappartient, donc les choses étaient relativement simples.La deuxième, j'ai eu un concurrent mais je suis pas sûr qu'il était parti pour être lui-même le concurrent, d'ailleurs avec Cyrille Guimard, et ça relevait un petit peu du folklore, on peut se permettre de le dire aujourd'hui. Cette fois-ci, mon concurrent a fait une vraie campagne, il a consacré beaucoup de temps à aller sur le terrain, malheureusement, moi, je n'avais pas autant de temps que lui pour pouvoir me rendre disponible. C'est à son mérite et il a rencontré un certain nombre de clubs, il a fait une action qui me semble positive, celle de pouvoir parler avec des dirigeants de club. Je mettrais une petite nuance sur la fin de la campagne qui a été un petit peu délétère et à mon avis très agressive et inutilement agressive vers l'équipe en place. C'est ce que je peux regretter de ces dernières semaines. Je ne sais pas si ça a eu un facteur sur le score mais ça explique en tous les cas qu'avec environ 70% aujourd'hui, je considère être plutôt bien élu dans un mode de scrutin qui a changé, et quand on regarde comment ont été élus les présidents des principales fédérations qui étaient soumis à une concurrence, je crois que je suis plutôt dans le haut de la fourchette.

 

Votre concurrent, Teodoro Bartuccio, a émergé grâce à un mal-être des clubs, vous qui êtes réélu, quel message avez-vous à dire à ces clubs qui beaucoup souffrent en France ?

Moi je le perçois pas de la même manière. Je pense pas que beaucoup de clubs souffrent au sens où on l'entend. Les clubs ce sont des dirigeants qui animent un projet associatif. La plupart sont heureux de faire ça, ils sont impliqués, il y a une vie presque familiale dans une vie de club. Par contre évidemment pour dépoiller leur projet associatif, ils sont confrontés à davantage de difficultés. Alors notamment des difficultés en rapport avec l'évolution économique de notre société, ils échappent pas à ça nos clubs. Et puis sur un secteur qui est peut-être celui qui a été le plus ressorti pendant cette campagne, le secteur de la route, d'autres difficultés extérieures, celle de la sécurité est très importante, celle de la complexité aujourd'hui à organiser des manifestations sur la voie publique. Il faut bien considérer que sur ces sujets-là, la fédération essaye d'avoir des actions, essaye de produire des effets, mais on ne peut pas avoir la baguette magique et on ne peut malheureusement pas empêcher à la fois la société d'évoluer et de se trouver confronté à un espace de plus en plus partagé.

 

"Les Super Championnats du monde, c'est le pari 2027"

Ces dernières semaines, on a beaucoup entendu que le cyclisme français est en danger, êtes-vous d'accord avec cela ?

Non, moi je le perçois là non plus, pas du tout. Sous cet angle-là, on a un cyclisme français qui reste, et de loin, le meilleur cyclisme au monde sous plein de paramètres différents. Déjà sur son volume, ce qui est important, mais également sur son niveau de performance avec son éclectisme. On est présent dans quasiment toutes les disciplines du cyclisme, on le verra en 2027, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de nations. Et puis quand on se concentre là aussi sur ce qui ressort le plus, sur le cyclisme sur route, je pense qu'il ne faut pas s'auto-flageller et se faire mal avant d'avoir mal. 

 Pour le moment, on a un nombre d'équipes professionnelles qui est important. On voit que nos structures amateurs de haut niveau ont répondu aux projets qu'on leur proposait pour franchir encore un cap. Et j'espère qu'on en est très vite, aux annonces de l'UCI qui vont suivre, 5 en continental fédéral. Ça montre qu'on a une vigueur, qu'on a un dynamisme, qu'on a une résilience chez nos organisateurs aussi.On voit que nos calendriers restent fournis quand on parle de haut niveau. Et cette force du cyclisme français, pour moi, elle continue à exister. Alors que nos concurrents, les autres pays européens, souffrent des mêmes facteurs qu'on évoquait tout à l'heure.,Et on résiste largement aussi bien que les autres.

 

Ce troisième mandat, forcément, c'est les Super Championnats du monde de 2027 dans votre région, dans votre département...

D'abord pour la France, oui. Ce sont les Super Championnats du monde en France en 2027. Alors ils auront lieu en Haute-Savoie, qui est un terrain de jeu fantastique, parce qu'il nous permet d'y loger également toutes les disciplines de pleine nature. Le VTT, le gravel, qui vont trouver des terrains d'expression extraordinaires, en plus des disciplines plus classiques, on va dire. Mais surtout, c'est la puissance médiatique, le nombre de spectateurs attendus sur cet événement, autour de notre sport, du cyclisme et que du cyclisme, pendant une bonne dizaine de jours. C'est ça qu'il faut qu'on travaille pour que ça puisse renvoyer un écho vers nos clubs et qu'on puisse y associer beaucoup de projets, finalement, en rapport avec les enjeux sociétaux du vélo, la mobilité, la formation, tous ces enjeux-là, la santé, et que encore plus de clubs, aujourd'hui, puissent s'emparer de ces sujets, s'améliorer là-dessus, grandir, se professionnaliser. C'est ça le pari de 2027, c'est pas seulement le pari sportif, c'est un pari de faire grandir toute notre fédération, tout le cyclisme, autour de plein de thématiques qu'on pourra, petit à petit, accrocher à 2027.

 

Pour conclure, que diriez-vous à ceux qui doutent d'un troisième mandat de Michel Callot ?

J'ai envie de leur dire que j'y vais avec une énergie fantastique, parce que je crois qu'il faut, dans la vie, toujours se dire que le plus important, c'est de savoir finir ce qu'on commence, et moi, dans 4 ans, je sais que j'aurai terminé, et j'ai envie que cette fédération, qui sera transmise à ce moment-là, les clés que je passerai à une personne qui va venir me succéder, une femme ou un homme, j'ai envie de lui remettre une fédération qui soit dans le meilleur état possible, qui ait tous les ingrédients pour pouvoir bien fonctionner, et que ça donne une portée à la performance du cyclisme français, au fait que le cyclisme se maintienne parmi les plus grands sports en France, et, je le disais tout à l'heure, mais c'est très important que la France reste la première nation cycliste au monde.  



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