INTERVIEW - Maxime Bouet : «Les Français, on a parfois peur d’aller à l’étranger»

Par Jules STEPHO le 12/01/2026 à 17:58. Mis à jour le 12/01/2026 à 20:40.
INTERVIEW - Maxime Bouet : «Les Français, on a parfois peur d’aller à l’étranger»
INTERVIEW
Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Victime collatérale de la disparition de l’équipe Arkéa-B&B Hôtels, Maxime Bouet a su rebondir rapidement. L’ancien coureur français de 39 ans a en effet pris ses nouvelles fonctions de directeur sportif au sein de l’équipe Lotto-Intermarché. À l’occasion du media day de la formation belge ce lundi 12 janvier à Tamise, il s’est confié à Cyclism’Actu sur ses premières missions, son rôle auprès des coureurs et ses objectifs pour la saison à venir.

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"C'est un rêve pour moi d'être là"

Bon Maxime, il n'y a pas beaucoup de gens qui parlent français, mais on vous a trouvé, ici, au coeur du projet Intermarché-Wanty, hallucinant non ?

Non ! Moi je suis extrêmement heureux et fier d’être là. En tant que Français, on a parfois peur d’aller à l’étranger, mais moi en fait c’est un rêve d’être là. C’est une vraie institution cette équipe, que ce soit Lotto ou l’Intermarché. Maintenant avec cette fusion et cette association, c’est encore un rêve qui se réalise pour moi. Bien sûr, il y a beaucoup de travail à faire, donc voilà, au boulot !

 

On en a discuté avec Jean-François Bourlard, ça a été compliqué de concrétiser ce projet ?

Compliqué… mais je ne suis pas dans le management, je suis directeur sportif. Moi, je me concentre sur la partie course et sur le fait d’aller gagner la première course où je serai directeur sportif en voiture. Le travail de fusion était au-dessus de moi : c’est Jean-François, les managers… Moi, je fais mon travail de directeur sportif, aider les coureurs et aller gagner les courses. J’ai entendu que c’était difficile à mettre en place, c’est la première fois qu’une telle chose se fait dans le cyclisme. Mais je trouve cette fusion intelligente. Oui, certaines personnes n’y sont pas, ce qui peut décevoir, mais c’est intelligent : laisser un peu l’ego de côté, laisser la place aux sportifs, obtenir des résultats et gravir les échelons pour aller chercher une des meilleures places dans le classement mondial.

 

"J'ai été contacté par Lotto il y a plus d'un an"

Racontez-nous un peu les coulisses de votre mercato.

J’ai été contacté très tôt par Lotto, par un directeur sportif de l’équipe, il y a plus d’un an. L’année dernière, j’avais encore un contrat avec Arkéa, donc j’ai tenu mes promesses et j’ai terminé ce contrat. Au début, j’ai refusé leur offre, pensant qu’ils ne reviendraient pas vers moi. Finalement, un an plus tard, en janvier, ils sont revenus et m’ont proposé une place pour deux ans. J’ai accepté tout de suite. Pour un jeune Français comme moi, venant d’un petit village de l’Ain, devenir directeur sportif chez Lotto, c’est impossible de refuser. C’est une vraie institution, historique, le sponsor le plus ancien dans le cyclisme. Maintenant, j’ai à cœur d’être en course avec eux, d’apprendre, de continuer à grandir et à m’améliorer dans mon poste, que ce soit dans les langues étrangères, l’anglais ou le flamand. C’est un vrai plus pour ma vie et ma carrière sportive.

 


Gagner en tant que directeur sportif ça doit être un rêve, c’est quoi le programme de vos courses ?

Je commence pas très loin de chez moi avec La Marseillaise, où nous sommes engagés, puis j’enchaîne avec l’Étoile de Bessèges. Si on peut gagner La Marseillaise, on ne va pas s’en priver.

 

"Sportivement, Widar et Seixas sont assez proches"

Vous avez évoqué que c’était un rêve de rejoindre l’équipe. Et pour les coureurs français comme Paul Seixas et Jarno Widar, peut-on les comparer ?

On peut les comparer un peu, ils étaient proches autour de l’Avenir. Jarno a plus de punch, il l’a montré dans les finales de course, là où il a réussi à distancer Cexas sur le dernier kilomètre. Paul est peut-être un peu plus rapide en contre-la-montre. Autour de l’Avenir, il n’y avait pas de bonifications ; si ça avait été le cas, Jarno aurait eu ses bonifs que Paul n’aurait pas eu, ça se serait joué à la seconde plutôt qu’aux 30 secondes du dernier chrono. Jarno a un mental impressionnant, une aura de champion. Paul, je ne le connais pas encore assez pour comparer. Sportivement, ils sont proches, c'est vrai.

 

Qui serait le plus susceptible de gagner un Tour de France à l'avenir?

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Concernant leurs programmes, Widar serait sur la Vuelta, Seixas on ne sait pas encore...

 Pour Jarno, il pourrait y être. Mais ce n’est pas mon rôle de définir ça, c’est à Kurt Van de Wouwer. Moi, mon travail, c’est directeur sportif, aller gagner les courses, et eux donnent les programmes.

 

Jarno Widar au micro de Cyclism'Actu

 

Pour conclure, on se souvient de vous sur les routes du Tour de France. Maintenant que vous êtes passé de l’autre côté, directeur sportif, ce serait un joli clin d’œil de vous retrouver en juillet prochain ?

Je ne sais pas encore si je serai sur le Tour. Ce qui était important pour Lotto-Intermarché, c’était d’avoir un jeune directeur sportif français, qui connaît les courses locales. La France va être très importante dans le calendrier l’an prochain. Il est crucial d’avoir des directeurs qui connaissent parfaitement les parcours, quand se placer, quand se relâcher.

 

Et pour vous personnellement, que peut-on souhaiter pour 2026 ?

D’être heureux, d’avoir des victoires avec Intermarché, de bien faire mon travail, et que l’équipe soit satisfaite de moi, simplement.

 

Vous restez en Provence, vous ne vous installez pas en Belgique ?

Non, je reste à Plans-de-Cuc, sur les hauteurs de Marseille. Ce sera le kilomètre zéro de La Marseillaise dans trois semaines. Je reste avec les cigales, la pétanque, la mer et le soleil.

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