Route - Lionel Marie avec les filles d'UAE : «Les critiques ? Je m'en fiche»

Par Titouan LABOURIE le 06/11/2025 à 17:34. Mis à jour le 25/12/2025 à 15:31.
Route - Lionel Marie avec les filles d'UAE : «Les critiques ? Je m'en fiche»
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Photo : @UAEteamADQ / @CyclismActu

Passé par la France, l’Australie, les États-Unis, la Turquie, Israël puis la Chine, Lionel Marie repart pour un nouveau chapitre. Après avoir mené le cyclisme chinois jusqu’à décrocher sa qualification pour les Jeux Olympiques de Paris, le directeur sportif français rejoint UAE Team ADQ, la formation féminine du géant émirati, désormais l’une des plus ambitieuses du WorldTour. Entre évolution fulgurante du cyclisme féminin, diversité culturelle et regard sur la domination actuelle du peloton par UAE et Tadej Pogacar, Lionel Marie s'est confié sans détour au micro de Cyclism'Actu.

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"Un nouveau challenge : UAE Team ADQ, au plus haut niveau"

Bonjour Lionel, bienvenue sur Cyclism’Actu. Cela faisait un petit moment que nous ne vous avions pas entendu. Pour commencer, comment allez-vous ?

Ça va très bien, merci. En effet, cela faisait environ quatre ans. La dernière fois que j’étais intervenu auprès de Cyclism’Actu, c’était lors du projet en Chine. Donc oui, ça remonte.

 

Justement, pouvez-vous nous parler de votre actualité, qui a connu un rebondissement récemment ?

Oui. J’étais très bien en Chine, avec l’objectif de marquer suffisamment de points pour que le pays puisse participer aux Jeux Olympiques de Paris, ce qui a été réussi. Nous revenions de loin après la période Covid, avec le pays resté fermé plusieurs années. Nous avons poursuivi avec les Championnats d’Asie en janvier-février cette année, et nous avons également gagné avec Lyu Xianjing. Au fil de la saison, j’ai découvert les China Games, une compétition quadriennale par provinces, ce qui fait que nous n’avions plus à disposition nos meilleurs coureurs habituels. La finale a d’ailleurs lieu ce samedi. Par ailleurs, un changement de direction était en cours au niveau fédéral, ce qui a créé de l’incertitude. Ayant déjà eu une mauvaise expérience lorsque Israël m’avait informé tardivement que je n’étais pas reconduit, je ne voulais pas revivre cette situation. J’ai alors recontacté Cherie Pridham, mon ancien collègue devenu directeur sportif chez UAE Team ADQ. L’équipe recherchait quelqu’un. J’ai passé les entretiens, et c’est avec plaisir que je repars sur un nouveau challenge : UAE Team ADQ, au plus haut niveau WorldTour féminin.

 

Dans votre carrière de directeur sportif, vous avez beaucoup voyagé : France, Australie, Turquie, pays nordiques, Israël, Chine, et maintenant Moyen-Orient. Est-ce une volonté de découvrir le cyclisme mondial ou simplement des opportunités ?

Ce sont surtout des opportunités. Après le Crédit Agricole, j’ai passé un moment chez Cofidis. J’avais sympathisé avec Matthew White, qui partait sur un projet américain avec Slipstream (devenu Garmin Cervélo, puis Education First). Il m’a ensuite emmené avec lui chez Orica. Puis les circonstances m’ont conduit vers Giant Shimano, puis vers une équipe turque qui se relançait. La vie a défilé comme ça, au gré des projets. Il ne me reste plus que l’Amérique latine !

 

"Le cyclisme féminin est en pleine expansion"

Parlons du projet UAE Team ADQ. L’équipe s’étoffe, recrute, progresse et performe. Qu’avez-vous découvert du coup en arrivant ?

Pour moi, c’est nouveau. Je n’avais plus travaillé avec des équipes féminines depuis longtemps, depuis une expérience en comité régional en Normandie. Le cyclisme féminin a énormément évolué, très vite. C’est devenu un cyclisme pleinement professionnel. J’ai été impressionné par les infrastructures et le staff mis en place autour des coureuses : diététicien, cuisinier, camion atelier, cuisine intégrée, unité performance… C’est exactement le niveau d’une équipe WorldTour masculine. L’accueil a été excellent, avec notamment Elisa Longo Borghini, leader, vainqueure du Giro, championne d’Italie et de nombreuses grandes courses. L’équipe est actuellement troisième mondiale, mais l’objectif est clair : devenir numéro un, comme chez les hommes.

 

Il y a également Maëva Squiban, révélée cet été sur le Tour de France Femmes. Que pouvez-vous nous dire sur elle ?

Nous avons surtout échangé brièvement car il y avait beaucoup d’activité. Je serai son directeur sportif direct. Elle a de grandes ambitions. Elle m’a dit que, pour elle, les victoires d’étape ont plus de valeur qu’une place dans le top 10. Elle veut revivre les émotions vécues cet été. Et elle espère qu’un jour il existera un Tro Bro Léon féminin, elle est brestoise et aimerait y participer. L’accueil de toutes les filles a été excellent, une très belle ambiance de collectif, différente de celle des hommes mais très agréable.

 

Vous avez connu le cyclisme masculin et féminin. Quelles différences ou évolutions vous ont marqué ?

L’évolution est énorme. Il y a quelques années, il n’y avait pas d’équipes professionnelles féminines. Aujourd’hui, les structures sont équivalentes au WorldTour masculin, avec les mêmes exigences, objectifs, stages en altitude, préparation, staff. Et la vitesse à laquelle les filles progressent est impressionnante. Le cyclisme féminin est en pleine expansion, et ce n’est que le début.

 

"Quand on a les moyens d’avoir les meilleurs coureurs du monde..."

En France, certains comme Benoît Cosnefroy, évoquent des critiques lorsqu’on rejoint UAE. Cela a-t-il pesé dans votre décision ?

Non. Lorsque je suis parti en Turquie, on m’a dit “attention”. J’y ai été très bien accueilli. Idem en Chine, où l’expérience a été formidable. Ce qui m’intéresse, c’est découvrir des cultures, des gens différents, progresser dans mon métier, vivre des projets forts. Les critiques importent peu. L’important est de s’épanouir dans ce que l’on fait.

 

On vit actuellement une domination très marquée de Tadej Pogacar et de UAE Team Emirates XRG chez les hommes. Quelle est votre analyse ?

Quand on a les moyens d’avoir les meilleurs coureurs du monde pour travailler pour l’un des meilleurs coureurs du monde, les résultats suivent. Mais au-delà du budget, il y a une dynamique d’équipe, une émulation. Travailler pour Pogacar décuple les forces. Et c’est un immense professionnel, qui travaille énormément, avec joie, sans se prendre au sérieux. C’est un cyclisme enthousiasmant.

 

Enfin, un mot sur le cyclisme français ?

Je n’ai pas suivi de près ces quatre dernières années car j’étais totalement engagé en Chine. Mais on a vu un Romain Grégoire très enthousiasmant, et Valentin Madouas a explosé aux Jeux. Le cyclisme français n’a pas à complexer. Le cyclisme est désormais pleinement international. L’important, c’est le spectacle, l’envie qu’il transmet, et la capacité à donner envie aux jeunes de monter sur un vélo.

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