Interview - La FDJ United Series sur Novo 19 : «Une aventure exceptionnelle»
Par Benoît GILLES le 31/01/2026 à 20:40
Ce dimanche 1er février marque le début de la saison cycliste en France, avec le traditionnel Grand Prix de Marseille La Marseillaise. Pour cette 48e édition, plusieurs nouveautés sont à signaler : le départ s'effectuera de Château-Gombert, et non plus de l'Estaque, l'arrivée retrouve le boulevard Michelet au pied du stade Vélodrome et les organisateurs ont fait le choix, pour raisons sécuritaires, de supprimer le passage sur la route des Crêtes, qui servait souvent de juge de paix à l'amorce du final. Mais la principale innovation concerne la diffusion télé de la course avec un petit nouveau : l'épreuve sera diffusée en direct dès 14h30 (jusqu'à 17h) sur Novo 19, une chaîne gratuite de la TNT lancée en septembre dernier. Aux commentaires, on retrouvera l'expérimenté journaliste Frédéric Brindelle et l'ancien vainqueur d'une étape Tour de France 2017 (notamment) Lilian Calmejane. Cyclism'Actu les a rencontrés ce samedi soir.
Vidéo - L'interview de Lilian Calmejane et Frédéric Brindelle
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Calmejane : "C'est la Coupe de France, on va se régaler"
Ce sera la journée des premières pour Novo 19 : un événement en direct et la première manche de la nouvelle mouture la Coupe de France, la FDJ United Series. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Frédéric Brindelle : On est motivés, Lilian est en forme, c'est un mec que j'adore, donc ça va le faire.
Lilian Calmejane : Ça va être super. La Coupe de France est un format que j'appréciais en tant que coureur et que j'apprécie à suivre depuis que je suis suiveur. Parce que c'est un format inédit, où la course est plus ouverte, moins cadenassée que le format WorldTour. C'est un mélange, avec des noms de coureurs que l'on aura peut-être du mal à prononcer, des noms moins connus avec des coureurs issus des équipes Devo qui vont se révéler, et a contrario d'autres coureurs que l'on connaît et qui chercheront à étoffer leur palmarès. C'est la Coupe de France, on va se régaler.
Quel est le dispositif prévu à Novo 19 pour le Grand Prix de Marseille La Marseillaise ?
F.B. : C'est beau, on aura 2h30 de direct quand même. Prise d'antenne à 14h30 en plateau avec Lilian. On aura un petit dispositif, dans lequel on va essayer de mettre en valeur les cinq favoris, des interviews enregistrées que l'on dispatchera pendant le direct. Les interviews à l'arrivée seront assurées par Lilian.
L.C. : On m'envoie à la guerre un peu.
F.B. : Moi je tiendra le volant, au poste commentateur. Ce qui est génial, c'est que nous sommes vraiment au début d'une aventure exceptionnelle ; d'abord on met les choses en place. Tout au long de la saison, on affinera.
Brindelle : "Le cyclisme s'inscrit complètement dans les territoires"
Cela va permettre de faire connaître la chaîne Novo 19, lancée en septembre sur la TNT et qui ambitionne de devenir référente sur le cyclisme ?
F.B. : Cette chaîne est effectivement toute nouvelle, mais elle est sur la TNT gratuite, ça veut dire qu'elle est absolument accessible à tout le monde. La chaîne est une émanation du groupe Ouest France, qui a un savoir-faire des territoires et on le sent bien depuis le début de l'histoire, on y trouve de belles histoires, de l'info, une grosse place est laissée aux territoires. Et le cyclisme, finalement, s'inscrit complètement dans cette idée.
Vous, Frédéric, vous renouez avec vos amours de jeunesse en commentant des courses cyclistes.
C'est le sport que j'ai le plus pratiqué. Et au moment où je suis arrivé sur les chaînes de sport, j'avais deux amours (le cyclisme et le handball), maintenant j'en ai trois (le triathlon). Le cyclisme est une histoire personnelle : je n'ai pas trop connu mon père, ma mère s'est mariée, quand j'étais très jeune, avec celui qui est devenu mon père de coeur et qui était un cycliste amateur de très haut niveau. J'ai le cyclisme comme ADN, une vraie passion.
Et vous Lilian, vous êtes retiré des pelotons depuis 2024 et avez déjà connu une expérience de consultant l’été dernier sur le Tour de France. C'est un rôle qui vous plaît ?
Oui, très honnêtement. Si je suis là, ce n'est pas pour être sous le feu des projecteurs. On parle d'un métier passion. Rien ne me prédestinait à devenir professionnel mais le destin m'y a amené. C'est vraiment la passion qui a guidé ma pratique. Aujourd'hui je pratique encore énormément, je suis très actif sur le vélo et en dehors, je regarde les courses, je suis les coureurs, pour moi c'est naturel. Quand j'ai eu l'opportunité (d'être commentateur), ça a bien matché, aujourd'hui c'est un rôle que je prends à coeur et que j'ai envie de développer. Ce duo avec Frédéric tombe à pic. Le fait de partager le calendrier de la FDJ United Series avec Jérôme Coppel (ils commenteront sept manches chacun), ça va permettre de donner aux téléspectateurs beaucoup d'informations un peu différentes, avec deux sons de cloche.
La FDJ United Series va être très passionnante à suivre, les manches sont variées, il y en a pour les sprinteurs, les puncheurs, les grimpeurs, on a toujours vu un vivier de talents émaner de ces courses-là, pour les voir ensuite briller au plus haut niveau.
Brindelle : "Lilian et Jérôme ont une personnalité forte, leur propre style"
Comment va fonctionner votre duo ?
F.B. : Lilian et Jérôme ont un point commun : ils ont une personnalité forte, singulière. Je voulais des gens qui ont cela. Je le dirai et leur répéterai à chaque fois : "le style c'est l'abandon de tous les styles", c'est Jules Renard qui disait cela. Et eux ne vont pas chercher à copier d'autres styles. Ils ont leur propre style fort. Et il y a un aspect humain, ces deux gars m'intéressent. Avec eux, je peux recréer des liens que j'avais Grégory Anquetil au handball, ou avec Cyrille Guimard et Gilbert Duclos-Lassalle à l'époque. Voilà, en 2026, j'ai mon Gilbert Duclos-Lassalle, Lilian, et j'ai mon Cyrille Guimard, Jérôme. Et puis, les deux ont un parcours exceptionnel, notamment sur ces épreuves françaises. Ils apporteront des choses complémentaires, mais ce sera surtout leur vision, ils parleront avec leurs mots. Ce sera un ton vraiment très identifié.
L.C. : Ça a bien matché, il y a un bon feeling. On parle de commenter une course cycliste ; quand il y a la passion et l'entièreté du personnage, on a envie de transmettre à la télé. Ça permet de tenir une bonne partie de la promesse. Il faut aussi une dose d'humour, de réflexion, de connaissance. Consultant, c'est un rôle d'"expert", où il faut donner des explications précises. Frédéric va imposer sa partition et moi je vais énormément apprendre à ses côtés parce qu'il a un sacré palmarès dans le domaine du commentaire.
Avez-vous déjà effectué des tests au micro ou vous allez directement sauter dans le grand bain ?
F.B. : Non, pas d'essais.
L.C. : Au talent (rires).
Calmejane : "Je vois bien une victoire française"
Que peut-on attendre de ce Grand Prix de Marseille La Marseillaise, qui est privé de la route des Crêtes dans le final ?
F.B. : On va le faire dans les conditions du direct : une course exceptionnelle, avec des changements sur le profil, Lilian.
L.C. : L'absence de la route des Crêtes va redistribuer les cartes. J'ai fait sept rentrées des classes à La Marseillaise, maintenant la saison commence beaucoup plus tôt, les coureurs qui arrivent ici ont souvent 2, 3 voire 4 jours de course, ils sont déjà très en forme. Certaines années, on a eu du vent, ou seulement la Gineste à gravir, ça redistribue les cartes, notamment on pense aux sprinteurs qui vont passer des bosses et sont déjà affûtés en début de saison.
Le vent, sa force, c'est un paramètre très important à prendre à compte ici, idem si les routes sont humides. Pour connaître les descentes sur le bout des doigts, notamment celle du Petit Galibier et celle de l'Espigoulier, c'est très technique, on peut y créer des différences. Donc il va se passer plein de choses, quoi qu'il arrive. Mais c'est sûr que ce parcours avantage un peu plus un profil puncheur-sprinteur. Ça tombe bien, on a des Français très rapides et qui passe bien les bosses. Je vois bien une victoire française.
Un pronostic ?
F.B. : Déjà, commencer une saison avec une arrivée au sprint, il n'y a rien de plus difficile pour nous commentateurs, avec les nouveaux maillots, les transferts des coureurs.
L.C. : Et puis c'est un sprint très difficile sur le boulevard Michelet, en faux plat descendant, avec beaucoup de vitesse, où il faut débouler au dernier moment. Je compte sur ta concentration Frédéric dans les cent derniers mètres.
F.B. : S'il y a un maillot blanc-rouge-bleu, c'est le Champion de Slovaquie, Lukas Kubis (Unibet Rose Rockets), très fort, il sera sans doute emmené par le vainqueur sortant de la Coupe de France, Clément Venturini. Mais si vous voyez un coureur très râblé, large des épaules, un peu bas sur son vélo, maillot blanc, il y a des chances que ce soit Emilien Jeannière pour TotalEnergies. J'ajouterai, et c'est la surprise du chef, le Belge Gerben Thijssen (Alpecin-Premier Tech). Enfin, je n'oublie pas les petits gars de Cofidis, Bryan Coquard ou Alexis Renard.

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