Dopage - Un ancien cycliste risque une suspension à vie pour avoir dopé des mineurs
Par François-Xavier LOUZE le 16/04/2026 à 17:45
L'ancien coureur Italien Danilo Napolitano, ex-vainqueur d'étape sur le Giro d'Italia 2007, risque d'être suspendu à vie pour avoir dopé des coureurs cyclistes mineurs. C'est ce qu'a révélé ce mercredi 15 avril le site Cyclismo Internacional relayé par Renaud Breban, ancien journaliste à Cyclism'Actu. Le média reprend notamment une décision du Tribunal National Antidopage Italien rendue le mercredi 9 avril dernier. L'affaire concerne un club junior, le SALUS Ciclistica Seregno ASD. L'équipe va désormais le poursuivre en justice.
Une violation du Code de l'AMA
Le Tribunal national antidopage a fait droit aux demandes du Parquet national antidopage en prononçant la suspension provisoire de Daniele Napolitano ainsi que de Marco Moretto, président du club SALUS. Ce dernier était reconnu comme l’un des principaux programmes cyclistes de formation en Lombardie. Ancien coureur professionnel de 2004 à 2017, Napolitano a connu ses plus grands succès entre 2006 et 2008 sous les couleurs de l’équipe Lampre (aujourd’hui UAE Team Emirates), remportant notamment la 9e étape du Giro d’Italia 2007 et terminant dans le top 10 du Milan-San Remo. Il a ensuite évolué chez Katusha (2009-2010), Acqua & Sapone (2011-2012), puis a terminé sa carrière chez Wanty-Gobert (devenue Intermarché), où il a couru cinq saisons avant de prendre sa retraite fin 2017. Au total, il a signé 38 victoires durant sa carrière. Avant de devenir directeur sportif au sein de SALUS, Napolitano a occupé le poste de mécanicien au sein de l’équipe continentale italienne Gallina Ecotek Lucchini.
D’après le jugement, Daniele Napolitano est poursuivi pour violation des articles 2.6 et 2.8 du Code de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Ces articles sanctionnent respectivement la possession de substances interdites et l’administration (ou la tentative d’administration) de telles substances à un athlète. Les infractions à l’article 2.8 exposent à des peines allant de quatre ans de suspension à une exclusion à vie. Le Code de l’AMA est particulièrement sévère lorsque la victime est mineure, comme c’est le cas au sein d’une équipe junior : la suspension à vie est alors automatique, sans possibilité de réduction. Pour protéger leur identité, les noms des jeunes cyclistes concernés — également suspendus à titre provisoire — n’ont pas été rendus publics.
Le président du club également inculpé
Ce type de pratique n’est malheureusement pas inédit dans le cyclisme, y compris dans un cadre familial. Un exemple marquant est celui d’un jeune coureur néerlandais, dopé à son insu par son propre père, qui avait ensuite été sanctionné avant de sombrer dans la délinquance après sa carrière. Dans l’affaire Napolitano, Marco Moretto, président du club, est également mis en cause. Le jugement lui reproche d’avoir enfreint les articles 2.9 (complicité dans une infraction de dopage) et 3.1 (normes de preuve). Les peines pour complicité, prévues par l’article 2.9, commencent à deux ans de suspension et peuvent aller jusqu’à l’exclusion définitive, selon la gravité des faits.
Le club s'est toutefois totalement désolidarisé de l'ancien coureur. Le représentant légal du club, l'avocat Pietro Giovanardi, a déclaré que les documents d'enquête déjà obtenus par le club "établissent clairement la totale innocence de M. Moretto dans les pratiques contestées" indiquant que cela a notamment été confirmé "par les tribunaux ordinaires."
