Cyclisme - Un an après la crise qui a secoué le cyclisme, que sont-ils devenus ?
Disparitions d'équipes, fusion de structures et contrats envolés : l'hiver 2025-2026 a bouleversé le peloton professionnel. Un an plus tard, certains ont rebondi au plus haut niveau, d'autres ont dû revoir leurs ambitions à la baisse. Plusieurs ont même mis un terme à leur carrière. Il y a tout juste un an, une centaine de coureurs risquaient de se retrouver sur le carreau, selon une estimation attribuée à l'agent de coureurs David Van der Poel. La disparition d'Arkéa-B&B Hotels et de Wagner-Bazin WB, la fusion de Lotto et d'Intermarché-Wanty ainsi que la réorganisation des équipes de développement ont profondément bouleversé le marché des transferts. Pour les coureurs concernés, l'hiver s'annonçait particulièrement incertain. Adam Hansen, président de l'Association des cyclistes professionnels (CPA), avait alors qualifié la situation de "la pire crise que le cyclisme ait connue". Un an plus tard, le marché continue de soulever des questions sur la stabilité financière des équipes. Mais qu'est-il advenu des coureurs directement touchés par cette période de turbulences ?
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Flash-back sur l'hiver 2025-2026
À l'automne 2025, la fusion entre Lotto et Intermarché-Wanty concentre une grande partie des inquiétudes. Deux structures historiques du cyclisme belge doivent réunir leurs effectifs au sein d'une seule équipe WorldTour. En parallèle, Arkéa-B&B Hotels et Wagner-Bazin WB annoncent leur disparition à l'issue de la saison.
Les conséquences dépassent les seuls effectifs professionnels. Les structures de développement sont elles aussi réorganisées, avec la fusion des équipes de formation de Lotto et d'Intermarché-Wanty. Pour de nombreux coureurs, la perspective d'un contrat s'éloigne. Le 7 novembre 2025, Cyclism'Actu recense déjà 54 coureurs sans contrat pour la saison 2026, en s'appuyant sur les données de ProCyclingStats. Ces chiffres ne représentent qu'une photographie du marché à un instant donné, mais ils illustrent l'ampleur de l'incertitude.
Les plus forts trouvent une porte de sortie
Pour les coureurs les plus performants, le changement d'équipe reste possible. Louis Barré, auteur notamment de deux sixièmes places à l'Amstel Gold Race et au Grand Prix de Montréal en 2025, rejoint Visma | Lease a Bike. Biniam Girmay, vainqueur du maillot vert du Tour de France en 2024, signe chez NSN Cycling Team pour trois saisons. Kévin Vauquelin, septième du Tour de France 2025, rejoint quant à lui Netcompany INEOS. D'autres trouvent également une solution. Laurenz Rex rejoint Soudal Quick-Step, tandis que Cériel Desal poursuit sa progression au sein de la structure de développement de l'équipe belge, après avoir quitté Wagner-Bazin WB. Pour ces coureurs, la crise se traduit avant tout par un changement d'environnement sportif, plutôt que par une sortie du peloton. Mais ces trajectoires ne doivent pas masquer la situation des coureurs moins en vue, dont la marge de manœuvre est bien plus limitée.
Tom Paquot, symbole d'une carrière interrompue
Le cas de Tom Paquot illustre cette réalité. Le Wallon, passé professionnel en 2021 et longtemps équipier au sein de ses différentes formations, ne retrouve pas de contrat après la disparition de sa structure. Le 29 novembre 2025, il annonce la fin de sa carrière, à seulement 26 ans. Son parcours rappelle une difficulté inhérente au cyclisme professionnel : un coureur peut contribuer au travail collectif pendant plusieurs saisons sans disposer du palmarès susceptible de lui ouvrir facilement les portes d'une nouvelle équipe. Lorsque les places se raréfient, cette situation devient particulièrement pénalisante.
Johan Meens, lui, parvient à poursuivre sa carrière. Après la disparition de Wagner-Bazin WB, le Belge rejoint Aarco, une équipe continentale. Il conserve ainsi une place dans le peloton, mais à un niveau inférieur à celui de son ancienne formation professionnelle. Ces deux trajectoires résument les conséquences très différentes d'une même crise : pour l'un, la fin de la carrière ; pour l'autre, la possibilité de continuer, au prix d'un changement de statut sportif, au dépend de son portefeuille.
Un an plus tard, la fragilité reste présente
La saison 2026 a permis à certains coureurs de retrouver une équipe, mais elle n'a pas effacé toutes les incertitudes économiques. À l'approche de la saison 2027, plusieurs formations sont de nouveau confrontées à des difficultés administratives ou financières. Picnic PostNL et Jayco AlUla ne figurent pas encore parmi les dossiers de licence 2027 entièrement finalisés auprès de l'UCI. TotalEnergies et Euskaltel-Euskadi doivent également compléter leur dossier. Ces situations ne signifient pas que ces équipes vont disparaître : elles montrent toutefois que la stabilité d'une structure ne peut jamais être tenue pour acquise.
Derrière les annonces de transferts se pose donc une question plus large : celle de la concentration des moyens financiers dans le cyclisme. Les équipes disposant de budgets importants peuvent attirer les meilleurs coureurs et leur proposer des contrats plus sécurisants. À l'inverse, la disparition d'une seule structure peut contraindre des dizaines de sportifs à chercher une solution en quelques semaines.
La crise de l'hiver 2025-2026 a ainsi laissé des traces bien au-delà des seuls résultats sportifs. Certains coureurs ont retrouvé une équipe du WorldTour, d'autres ont accepté de descendre d'un échelon, tandis que plusieurs ont quitté le peloton. Et alors que les dossiers de licence pour 2027 rappellent la fragilité de certaines formations, une question demeure : combien de carrières peuvent encore être bouleversées par la disparition d'une équipe ?
