Bilan
Bilan - Groupama-FDJ, un goût d'inachevé mais le droit de rêver Photo : Sirotti

Bilan - Groupama-FDJ, un goût d'inachevé mais le droit de rêver

L'année 2018 avait été exceptionnelle pour la formation Groupama-FDJ. Forcément, faire mieux était compliqué. Les hommes de Marc Madiot ont accumulé 24 victoires cette saison, soit 7 de moins que l'an dernier. Contrairement à 2018, ni victoire sur un Monument, ni top 10 au général d'un Grand Tour, ni victoire au général d'une course par étapes de niveau international. Toutefois, dans la lignée de son évolution, l'équipe française a affiché des progrès notables par l'intermédiaire de Thibaut PinotDavid Gaudu ou encore Stefan Küng, qui a apporté une grosse plus-value en contre-la-montre, un registre dans lequel l'équipe avait quelques lacunes. De quoi aborder l'avenir avec enthousiasme.

Marc Madiot : "Le meilleur reste à venir"

 

Thibaut Pinot, si près, si loin...

Le graal semblait à portée de mains. Jusqu'à cette 19e étape. Cinquième du général, à 20 secondes du futur vainqueur Egan Bernal (Team INEOS), Thibaut Pinot est contraint de mettre pied à terre, à deux jours de l'arrivée sur les Champs-Elysées. Le rêve s'écroule, les larmes coulent. Que serait-il arrivé sans cette blessure à la cuisse ? Le Franc-Comtois aurait-il pu conquérir le maillot jaune ? Des questions qui ont hanté l'intéressé dans les heures qui ont suivi son abandon, comme il l'avait confié dans les colonnes de L'Equipe : "J'ai essayé de comprendre, de rechercher ce qui s'était passé, pourquoi... Et surtout, j'ai rêvé de ce que j'aurais pu faire réellement si tout avait continué normalement. Me jauger face à Bernal dans l'Iseran... La dernière image que j'ai de moi avec lui, c'est quand je le lâche à Prat d'Albis, c'est ça que je retiens. J'avais quand même la poignée et lui a fini par gagner le Tour. Mais on ne saura jamais rien, et c'est cette question-là que je me pose. Il n'y a pas de réponse, je n'en aurai jamais, et c'est horrible".

Si le souvenir de cette immense désillusion est indélébile, il faut souligner que Thibaut Pinot a remporté cinq victoires cette saison. Le natif de Mélisey a fait coup double sur le Tour du Haut-Var et le Tour de l'Ain en s'imposant à chaque fois lors de l'ultime étape et en enlevant ainsi le classement général. Il a également triomphé au sommet du Tourmalet lors du Tour de France. Beaucoup de positif donc à retirer de cette année 2019, en dépit d'un dénouement estival cruel.

 

Une jeunesse resplendissante

David Gaudu a franchi un cap en 2019. Le grimpeur breton a fait preuve d'une régularité remarquable au plus haut niveau en rivalisant avec les meilleurs sur l'UAE Tour (3e), Liège-Bastogne-Liège (6e), le Tour de Romandie (5e) ou encore le Tour de Lombardie (11e). Une progression qui s'est aussi matérialisée avec la prmeière victoire de sa carrière en WorldTour, à Romont, lors du Tour de Romandie. Et comment ne pas parler de l'exceptionnel Tour de France réalisé par le coureur de 23 ans aux côtés de Thibaut Pinot ? Particulièrement impressionnant dans la Planche des Belles Filles et le Tourmalet, Gaudu a été un appui sans faille pour son leader. Il a d'ailleurs pris la 13e place du classement général final. 

Autre pépite bretonne de la génération 1996 à avoir brillé : Valentin Madouas. S'il n'a pas gagné, contrairement à 2018, le grimpeur-puncheur n'en est pas passé loin sur la Classic de l'Ardèche (2e) et la Drôme Classic (2e). Cinquème du Championnat de France et huitième de l'Etoile de Bessèges, le Finistérien a également performé en WorldTour. Aux portes du top 10 final sur Paris-Nice (11e), il a rivalisé avec les meilleurs lors du relevé Tour du Pays basque - 5e de l'étape de Gorraiz - et l'Amstel Gold Race (8e). Avant de conclure le premier Grand Tour de sa carrière, le Giro, à une belle 13e place.

De même, le rouleur Benjamin Thomas (24 ans) a poursuivi sa progression en devenant champion de France du contre-la-montre, sous un soleil de plomb et avec la manière puisqu'il a repoussé son dauphin Stéphane Rossetto (Cofidis) à 1'09". Il a par ailleurs réalisé le huitième temps du chrono de Goms au cours du Tour de Suisse, tout en brillant en parallèle sur la piste - vice-champion du monde et champion d'Europe de l'omnium.

 

Stefan Küng, la bonne pioche

Arrivé chez Groupama-FDJ en provenance de BMC Racing, Stefan Küng a largement comblé les attentes de sa nouvelle formation. réalisé la meilleure saison de sa carrière en remportant cinq victoires. Trois en contre-la-montre, sa spécialité, sur le Tour d'Algarve, le Championnat de Suisse et le Tour de Slovaquie. Deux autres en solitaire, sur des courses en ligne - la deuxième étape du Tour de Romandie et le Tour du Doubs. Solide lors des Classiques - 11e de Paris-Roubaix, 13e de Paris-Tours, 15e des Strade Bianche, 16e de Gand-Wevelgem -, le Suisse s'est également signalé avec son premier top 10 au général d'une course WorldTour - 8e du BinckBank Tour - et une troisième place finale au Tour de Slovaquie. Cerise sur le gâteau : il a décroché la médaille de bronze lors de la course en ligne des Championnats du monde dans le Yorkshire. Une année pleine pour King Küng !

Les trois autres recrues sont également apparues sous un jour positif, en tant que coéquipier mais aussi, de manière ponctuelle, en réalisant quelques résultats. Promu de l'équipe continentale, Kevin Geniets (22 ans) a obtenu des places d'honneur sur les Boucles de l'Aulne (6e), Paris-Camembert (8e) et le GP de Plumelec (10e). Miles Scotson (25 ans) a quant à lui terminé quatrième du Tour Poitou-Charentes, tandis que Kilian Frankiny (25 ans) s'est mis en évidence lors du Tour du Haut-Var (6e), du Trofeo Laigueglia (7e) et du Tour d'Espagne (21e).

 

Une pointe d'amertume pour Démare et Sarreau

Dix succès en 2017, neuf en 2018... et cinq en 2019. Arnaud Démare n'a pas affolé les compteurs cette année. Le Picard a dû attendre le 21 mai pour ouvrir son compteur, à l'occasion du Giro. Le coureur de Beauvais a rempli son contrat sur ce Tour d'Italie en enlevant une étape, mais reste la frustration d'avoir vu le maillot cyclamen lui échapper pour seulement 13 points, alors qu'il en était le propriétaire jusqu'à la 18e étape. Il a obtenu ses quatre autres victoires sur des épreuves de niveau inférieur - deux étapes de la Route d'Occitanie, une du Tour de Wallonie et une du Tour de Slovaquie. Pour ce qui est des courses d'un jour, Démare n'a pas pesé comme il l'aurait espéré lors du printemps - 17e de Paris-Roubaix, 28e du Tour des Flandres, hors du top 30 sur Milan-San Remo, Harelbeke et Gand-Wevelgem. Déception aussi lors du Championnat de France (11e), l'EuroEyes Cyclassics (8e) ou encore Paris-Tours (4e). Pour résumer : un bilan correct, mais on attendait mieux. 

Même conclusion pour Marc Sarreau. L'autre sprinteur phare de l'équipe a surtout brillé dans l'Hexagone puisqu'il s'est imposé sur une étape de l'Etoile de Bessèges, avant de s'adjuger Cholet-Pays de la Loire, la Route Adélie de Vitré, le Tour de Vendée et Paris-Bourges. Récompensé de sa régularité par la victoire au classement général de la Coupe de France, le natif de Verdun est aussi monté sur le podium du GP de Denain (2e), de la Classic Loire Atlantique (2e) et de la Roue Tourangelle (3e). Seul point noir : il n'a pas réussi à transformer l'essai en WorldTour, que ce soit sur l'UAE Tour (9e à Abu Dhabi), le Tour de Pologne (trois top 10 dont une 5e place) ou le Tour d'Espagne (trois top 10 dont une 4e place).

 

2020 sous le signe de la continuité

Faisant le choix de la stabilité, l'équipe conservera sa colonne vertébrale en 2020. Trois jeunes espoirs débarquent : Fabian Lienhard, Alexys Brunel et Simon Guglielmi. Dans le sens inverse, Daniel Hoelgaard n'a pas été conservé, alors que les capitaines de route Benoît Vaugrenard et Steve Morabito partent en retraite. Pas d'inquiétude toutefois, la relève est là.

En montagne comme en plaine, la formation Groupama-FDJ dispose aujourd'hui d'un effectif capable de rivaliser avec les armadas du peloton dans la quête d'un Grand Tour. Outre les coureurs évoqués plus haut, peuvent être cités les fidèles William Bonnet, Sébastien ReichenbachWilliam BonnetMatthieu Ladagnous ou encore Rudy Molard, qui a répondu présent tout au long de l'année - 5e du Tour de La Provence, 7e de Paris-Nice, 10e du Tour de Lombardie, 12e de la Clasica San Sebastian et précieux soutien de Thibaut Pinot sur le Tour de France.

De quoi nourrir de l'ambition, pour la Grande Boucle mais aussi pour l'ensemble de la saison. Les têtes d'affiche de l'équipe ont toutes moins de 30 ans, de quoi leur laisser encore du temps pour évoluer. Et de poursuivre leur route vers les sommets. Comme Marc Madiot l'a résumé lors du gala UNCP à Bergerac : "Cette année nous a permis de nous ouvrir les yeux et les portes, et c'est peut-être encore plus important que les résultats qu'on a eus au cours de la saison 2019. Je rêve beaucoup donc je vais rêver encore plus fort dans les prochaines semaines et les prochains mois".

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Publié le par Quentin BALLUE

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