Tour de France - Le Tour menacé par la canicule ? Les mesures mises en place
À partir du 5 juillet prochain, la France devrait connaître une nouvelle vague de chaleur étouffante, avec des températures pouvant atteindre les 45 °C dans certaines régions. À quelques jours du Grand Départ du Tour de France (4-26 juillet) à Barcelone, ces chaleurs extrêmes pourraient toucher de plein fouet les coureurs de cette 113e édition. De quoi inquiéter le directeur technique du Tour de France, Thierry Gouvenou, qui s'est exprimé auprès de L'Équipe.
"Un sujet qui nous préoccupe grandement"
Au cours de ses 113 années d'existence, le Tour de France n'a jamais connu d'annulation d'étape en raison de la chaleur. En 2020, la Grande Boucle avait bien été décalée au mois de septembre, mais pour une toute autre raison : la crise sanitaire liée au Covid-19.
Lors des Championnats de France disputés à La Tour-du-Pin, les coureurs n'ont pas été épargnés par la chaleur, avec des températures frôlant les 40 °C. Une situation qui inquiète les organisateurs du Tour de France : "C'est un sujet qui nous préoccupe grandement", révèle Thierry Gouvenou, directeur technique du Tour. "Ce n'est pas la première année qu'on y est confrontés, mais cette fois, c'est encore plus prégnant parce qu'on vient déjà de traverser deux périodes difficiles (en mai et en juin). Les dernières fois, nous avions ouvert le ravitaillement dès le kilomètre 0 jusqu'à l'arrivée et rallongé les délais d'élimination. Depuis des années, nous mettons aussi à disposition des motos fraîcheur, qui apportent des boissons aux coureurs, notamment aux échappés", explique-t-il.
Peut-on décaler les horaires de départ ?
Lors des Championnats de France du contre-la-montre, l'ancienne championne de France sur route, Marie Le Net (FDJ-United SUEZ), avait déjà alerté sur les conséquences de la chaleur : "On a demandé à avancer les départs", avait révélé la Bretonne à DirectVelo. "Après, je comprends qu'il y ait la télévision et que ce soit délicat pour les organisateurs. Mais avec le réchauffement climatique, ça va être de plus en plus fréquent et c'est difficile de savoir comment réagir. Un départ plus tôt, ce n'est pas grand-chose, même si je ne sais pas comment on peut faire avec la télévision."
Pour une épreuve comme le Tour de France, cette solution semble toutefois difficile à mettre en place. Le directeur de la course, Christian Prudhomme, l'a expliqué à l'AFP : "Il faut bien avoir conscience que 28 000 policiers, pompiers et gendarmes sont mobilisés et qu'on n'est pas chez nous sur les routes. Les autorisations sont accordées pour des horaires précis. Ce ne sont pas des choses qui se décident au dernier moment. On peut raccourcir une étape de quinze kilomètres ou partir une demi-heure plus tôt, mais cela ne se fait qu'à la marge."
Thierry Gouvenou conclut : "Le problème, c'est qu'on est un sport d'endurance, pratiqué en journée et retransmis à la télévision. On ne peut pas rouler la nuit. Qui aurait imaginé qu'il ferait plus frais à Barcelone qu'à Paris ? Nous n'avons pas de solution miracle, à part nous adapter, parfois presque du jour au lendemain."
