Tour de France - Thierry Gouvenou : «Pogacar ? Pas grand-chose à faire...»

Par Titouan LABOURIE le 23/10/2025 à 17:19. Mis à jour le 26/10/2025 à 15:40.
Tour de France - Thierry Gouvenou : «Pogacar ? Pas grand-chose à faire...»
Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

À l’occasion de la présentation du parcours du Tour de France 2026, Thierry Gouvenou, directeur technique des épreuves d’ASO, s’est confié au micro de Cyclism’Actu. Entre montée en puissance progressive, double ascension mythique de l’Alpe d’Huez et inquiétude sur l’avenir du cyclisme français, le bras droit de Christian Prudhomme livre une analyse lucide et sans fard d’un Tour qu’il annonce "exceptionnellement dur".

Vidéo -

Lire la suite de l'article

 

"On a mis un peu la pédale douce dans les Pyrénées"

Thierry, on connaît désormais le parcours du Tour de France 2026. Une sacrée bataille s’annonce.

Oui, comme toujours, on essaie de proposer des choses exigeantes. Ce qui caractérise ce Tour 2026, c’est une montée en puissance. Nous n’avons pas cherché les grosses difficultés en début d’épreuve : elles arriveront plus tard, notamment dans une dernière semaine qui sera exceptionnellement dure.

 

Trois passages montagneux : les Pyrénées, les Vosges, puis les Alpes avec deux arrivées à l’Alpe d’Huez… un programme impressionnant !

C’est vrai. On a mis un peu la pédale douce dans les Pyrénées : ce sera plutôt un terrain pour les baroudeurs. On ne devrait pas voir de gros écarts à la sortie des Pyrénées. En revanche, le col du Haag, au Markstein, sera une vraie difficulté. C’est à mon sens la montée la plus exigeante des Vosges, et elle devrait déjà établir une première hiérarchie. Mais c’est surtout à l’approche de la Savoie que tout se jouera. À partir de Solaison, on ne pourra plus se cacher : il faudra montrer ses forces. Et au pied de l’Alpe d’Huez, on y verra déjà très clair.

 

Quand on regarde ce parcours, il est taillé pour qui ?

En ce moment, j’ai l’impression que toutes les courses de vélo sont taillées pour un seul homme : Tadej Pogacar. On n’a pas grand-chose à faire contre un tel talent. Mais on a essayé d’entretenir un peu le suspense en plaçant les plus grosses difficultés à la fin. On verra bien ce qu’il adviendra.

 

"Un problème global pour le cyclisme..."

Parlons de cette double ascension de l’Alpe d’Huez. D’où vient l’idée ?

De la tête de Christian Prudhomme ! (sourire) J’ai simplement exécuté. C’est vrai que l’image de 1986, avec Bernard Hinault et Greg LeMond arrivant main dans la main, reste mythique. Quarante ans après, il fallait marquer le coup. Il y avait le côté traditionnel des 21 virages, que l’on a voulu conserver, mais aussi la volonté d’apporter une touche nouvelle avec la montée par Sarenne : un versant complètement différent, rugueux, sauvage, qui pourrait provoquer des défaillances. Avant cela, les coureurs auront déjà franchi la Croix-de-Fer et le Galibier. Cette étape marathon, sur des routes dures et irrégulières, pourrait réserver de très belles surprises.

 

Les équipes françaises sont en difficulté, certaines ont même disparu. Est-ce inquiétant pour les organisateurs du Tour ?

Je ne pense pas que ce soit uniquement un problème français. C’est un problème global pour le cyclisme. Regardez la Belgique : même constat. En Italie, il n’y a plus d’équipe WorldTour. C’est très inquiétant. On assiste à une dérive des budgets, avec l’arrivée d’États qui investissent des sommes colossales. Derrière, les partenaires privés ont du mal à suivre. C’est un vrai enjeu pour les prochains mois : trouver des solutions. Parce qu’on s’éloigne de la base, du cœur du cyclisme. On s’éloigne de l’Espagne, de l’Italie, de la Belgique, de la France. Et ça, c’est dangereux.

 

Même pour le Tour de France ?

Oui, même pour le Tour. Si le cyclisme se retrouve en grande difficulté, avec un nombre d’équipes réduit, ce sont toutes les organisations bénévoles — celles qui nourrissent les pelotons depuis des décennies — qui seront menacées. Sans elles, il n’y a plus de vivier, plus de formation, plus de relève. Et là, oui, ça deviendrait vraiment compliqué.

A lire aussi...

L'info en LIVE

13:19 Paris-Nice Oscar Onley n'a pas pris le départ de la 6e étape de Paris-Nice 13:01 Tour de Lombardie Une première édition féminine aura lieu dès 2027 ? 12:43 Route Le frère de Paul Seixas, Nino, était en stage avec UAE Team Emirates XRG 12:26 Tirreno-Adriatico Explication entre leaders... Favoris et parcours de la 5e étape 12:10 Tirreno-Adriatico À quelle heure, sur quelle chaîne TV la 5e étape de Tirreno 11:52 Paris-Nice À quelle heure et sur quelle chaîne la 6e étape de Paris-Nice 2026 11:38 Paris-Nice La 6e étape vendredi... pour puncheurs ou baroudeurs ? Le parcours 11:20 Tirreno-Adriatico Ilan Van Wilder, malade, est contraint d'abandonner Tirreno 11:01 Paris-Nice Daan Hoole a abandonné... victime d'une fracture à un doigt 10:42 Agenda Tirreno, Paris-Nice, Trofeo Binda... au programme de la fin de semaine 10:25 Route Un jeune espoir allemand hors jeu pour les mois à venir 10:07 Paris-Nice Pas de blessure grave ni de facture pour l'Espagnol Juan Ayuso 09:35 Paris-Nice Ion Izagirre : "Les jambes étaient plutôt bonnes..." 09:15 Paris-Nice Jonas Vingegaard, facile leader… sa domination en chiffres 09:09 Jeu Cyclism'Actu Paris-Nice et Tirreno-Adriatico... vos pronostics du WorldTour 09:00 Paris-Nice Georg Steinhauser : "Je ne pensais pas pouvoir suivre Vauquelin..." 08:55 Paris-Nice Harold Tejada de XDS Astana : "Paris-Nice n'est pas encore terminé…" 08:37 UEC La Fédération européenne de cyclisme souhaite aller "au-delà de l'histoire" 08:15 Transfert Lennert Van Eetvelt... l'avenir loin de Lotto-Intermarché? 08:08 Tirreno-Adriatico Mathieu van der Poel : "On va essayer d'en gagner une autre"
fleche bas fleche haut

Nos Partenaires

Sondage

Votre avis sur le prodige de 19 ans Paul Seixas ?








-
-
-