Tour de France - Christian Prudhomme : «Jusqu’au dernier jour, tout sera possible»

Par Paul-Antoine STEVENIN le 23/10/2025 à 16:52. Mis à jour le 26/10/2025 à 07:42.
Tour de France - Christian Prudhomme : «Jusqu’au dernier jour, tout sera possible»
Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Ca y est nous sommes fixés ! Si les rumeurs quant au parcours du prochain Tour de France allaient bon train, nous sommes désormais certains du parcours de la 113e Grande Boucle. En effet, le tracé partira comme annoncé de Barcelone et rejoindra les Champs-Elysées après être passé par les Pyrénnées, les Alpes et les Vosges. Le président de la course française, Christian Prudhomme s'est arrêté à notre micro pour nous parler un peu plus en détail de ce parcours.

Vidéo - Christian Prudhomme au micro de Cyclism'Actu

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"Jusqu’au dernier moment, tout sera possible"

Vue par les lunettes belges, est-ce un parcours pour Remco Evenepoel ?

Vous savez, chacun, dans son pays, voudrait voir un parcours taillé pour son champion, et c’est bien légitime. On est tous pareils. On peut être journaliste, mais on n’en reste pas moins humain. Donc oui, on a tous envie de ça. C’est en tout cas un parcours qui va crescendo. Il a été conçu pour que, quel que soit le maillot jaune, quel que soit le leader, et quelle que soit son avance à 48 heures de l’arrivée, il ne puisse pas dire "j’ai gagné". On passera par les cinq massifs montagneux de l’Hexagone : les Pyrénées, le Massif central, les Vosges, le Jura et les Alpes. Trois des cinq arrivées en altitude auront lieu dans les tout derniers jours du Tour, avec notamment deux arrivées au sommet successives à l’Alpe d’Huez, le vendredi et le samedi. Le samedi, l’étape comptera 5 600 mètres de dénivelé, avec l’Alpe d’Huez franchie par le col de Sarenne. Il y aura donc un écart énorme entre cette étape, la plus exigeante du Tour, et la suivante en termes de dénivelé : le Tourmalet, avec 4 150 mètres. Cela veut dire que, jusqu’au dernier moment, tout sera possible.

 

Avec ce final très relevé, cela signifie que la tension manquait un peu cette année ?

Non, mais quand on a des champions immenses — vous connaissez bien ça, avec Eddy Merckx, le plus grand de tous —, il est normal qu’ils marquent de leur empreinte certaines éditions. Nous ne faisons pas de parcours "anti-untel" ou "anti-un autre". On essaie simplement, comme tous les amoureux du cyclisme — qu’ils soient journalistes, organisateurs ou simples fans —, d’avoir un parcours qui garantisse du suspense jusqu’au bout. Peut-être qu’au final, le leader n’aura plus trois minutes d’avance, mais six secondes. Et peut-être qu’il ne sera plus leader du tout. On verra. Mais oui, c’est fait pour qu’il y ait du suspense.

 

C’est la même question que pour la Belgique : est-ce un parcours pour Jonas Vingegaard ?

Ce qui est certain, c’est que Jonas aime les montées très hautes. C’est un coureur résistant, capable d’être très fort dans les derniers jours du Tour. À vous de juger, mais je pense que ce parcours ne lui déplaira pas.

 

Deux fois l’Alpe d’Huez ! Vous passez souvent par là. Pourquoi y retourner deux jours de suite ?

C’est très simple. Depuis que les coureurs ont grimpé deux fois l’Alpe d’Huez en 2013, pour la centième édition, nous avions envie de repasser par Saren. Mais on ne peut pas inscrire l’Alpe d’Huez sur le parcours du Tour sans les 21 virages : c’est impossible. Les gens ne comprendraient pas. Donc, il fallait deux étapes. La première sera courte, de Gap à l’Alpe d’Huez, par la montée classique. La seconde sera plus longue, avec la Croix-de-Fer, le Télégraphe, le Galibier, et l’ascension finale par le col de Sarenne. Ce sera une première en montée — en 2013, c’était en descente. Il y aura un contraste saisissant : la ferveur, l’enthousiasme, la folie et le bruit des 21 virages d’un côté, puis le silence impressionnant du col de Saren. Le samedi, on passera du vacarme jusqu’au barrage du Chambon à un calme total, avant de retrouver le tumulte et la liesse à l’arrivée. Ce sera un moment fort, sans aucun doute.

 

"Un clin d’œil évident à Bernard Hinault et Greg LeMond"

Le retour par Montmartre était une demande ?

Non, c’est grâce aux Jeux olympiques. Le succès de l’an dernier a été tel que la préfecture de police nous a autorisés à repasser par Montmartre. Et quand on nous dit : "Vous pouvez passer par Montmartre", on y retourne !

 

Deux fois l’Alpe d’Huez, c’est aussi un clin d’œil à 1986 et Bernard Hinault ?

Bien sûr. Le fait même de le faire, non ; mais le faire en 2026, oui, c’est un clin d’œil évident à Bernard Hinault et Greg LeMond.
Quarante ans après cette arrivée mythique où Bernard gagne l’étape et Greg le Tour, c’est fort symboliquement. Nous voulions marquer cet anniversaire. Ce n’est pas un hasard si ces deux arrivées à l’Alpe d’Huez auront lieu en 2026, pour les 40 ans de la victoire de Bernard.

 

Un mot sur le contre-la-montre par équipes, de retour à Barcelone : qu’en attendez-vous ?

Je n’ai jamais été un grand fan du contre-la-montre par équipes. C’est un bel exercice esthétique, athlétique, mais tant qu’on prenait le temps sur le quatrième coureur, je n’aimais pas trop. Depuis que Paris-Nice a trouvé une faille dans le règlement — le temps pris sur le meilleur coureur —, ça change tout. Parce que c’est exactement ce qu’est le cyclisme : un sport individuel qui se court par équipes. On aura donc ce vrai équilibre : des équipiers qui se sacrifient pour leur leader, et une arrivée en bosse, bien sûr — Barcelone, c’est la colline de Montjuïc !

 

Combien de temps et de travail avez-vous consacré à la sécurité des cyclistes ?

Vous l’avez remarqué, la situation internationale est en voie d’apaisement, et c’est le plus important. D’un point de vue cycliste, la demande de l’équipe Israël-Premier Tech a été faite par une structure différente, sous une autre licence : les choses sont aujourd’hui apaisées. Je ne sais pas ce qui se passera en juillet, mais pour l’heure, tout est calme. Et le maire de Barcelone nous a confirmé son souhait de faire de ce départ le plus grand de l’histoire du Tour de France.

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