Route - Jordan Jegat, bientôt de retour : «J'ai envie d'y retourner sur le Tour...»
Jordan Jegat (TotalEnergies) aperçoit enfin le bout du tunnel. Freiné tout l’hiver par des douleurs au genou, le 10e du dernier Tour de France 2025 s’apprête à lancer sa saison 2026 le 17 avril, à l’occasion de la Classic Grand Besançon Doubs. Il a accordé un long entretien à nos confrères de Ouest-France avant de retrouver (enfin) un dossard : "J’ai l’envie d’y retourner sur le Tour de France, sans l’ombre d’un doute. L’année dernière, j’y allais pour gagner une étape. J’en suis sorti avec un top 10, c’est super. Je pense que pour mes qualités, il est plus simple d’accrocher le top 10 qu’une victoire d’étape. Pour d’autres, c’est l’inverse. Forcément, au vu de ma préparation, l’idéal sera de jouer une victoire d’étape. Tout doit être aligné..."
Vidéo - Jordan Jegat, 10e du Tour de France 2025
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Dans les temps pour le Tour de France ?
Longtemps contrarié par ces pépins physiques, le coureur vendéen va pouvoir reprendre la compétition avec un programme déjà bien défini. Dès le lendemain de sa rentrée, il enchaînera avec le Tour du Jura, avant de prendre la direction du Tour de Turquie (26 avril - 3 mai). Il poursuivra ensuite sa montée en puissance avec un stage en Sierra Nevada, étape clé pour retrouver son meilleur niveau après plusieurs mois compliqués, avant sans doute de viser le Tour de France (4 au 26 juillet). En attendant et avant sa grande rentrée, Jordan Jegat s'est confié à Ouest-France.
Êtes-vous inquiet avant votre retour à la compétition ?
Non, je suis assez serein pour la saison au global. Si je travaille bien à l’entraînement, il n’y a pas de raison que ça ne revienne pas. C’est sûr que j’ai du mal à croire que je vais être performant dès ma reprise le 17 avril à Besançon (sur la Classic Grand Besançon Doubs). Si je gagne, je vais me dire que ça ne sert à rien de reprendre en novembre, autant reprendre mi-janvier (rires). Faudra revoir les méthodes d’entraînement (sourire). Non, je sais que ça va être dur. Là, je me sens vraiment mieux sur le vélo. Avec mes soucis, j’ai le sentiment de ne pas avoir repris cet hiver. Actuellement, je ressens les bienfaits de mes saisons dernières dans le sens où je me sens beaucoup plus puissant qu’avant. Forcément, je n’ai pas la forme de l’été. Mais ça va venir petit à petit.
Revoyez-vous vos objectifs à la baisse après cet hiver tronqué par les blessures ?
Je garde le même état d’esprit. Sur la Classic Grand Besançon Doubs, j’y suis toujours allé pour gagner. Il y a deux ans, j’ai fini deuxième. L’an passé, je pense que j’aurais pu jouer la gagne. À chaque fois, j’y arrivais fatigué après le tour du Pays basque. Là, ça sera l’inverse : j’arriverai avec beaucoup de fraîcheur. J’ai l’envie de gagner cette saison, chose que je n’ai pas encore faite dans ma carrière pro. Il me reste 3-4 semaines pour être prêt. En juin-juillet, on verra si ma blessure hivernale aura des répercussions, mais les objectifs restent les mêmes.
Avec le Tour de France en ligne de mire ?
J’ai l’envie d’y retourner, sans l’ombre d’un doute. L’année dernière, j’y allais pour gagner une étape. J’en suis sorti avec un top 10, c’est super. Je pense que pour mes qualités, il est plus simple d’accrocher le top 10 qu’une victoire d’étape. Pour d’autres, c’est l’inverse. Forcément, au vu de ma préparation, l’idéal sera de jouer une victoire d’étape. Tout doit être aligné. Après, je me dis que l’année dernière, je fais top 10 mais j’ai pris aussi des risques pour tenter de gagner avec des échappées qui vont soit au bout ou qui engendrent de la perte d’énergie et de temps comme dans le col de la Loze. En fait, je ne sais pas faire exprès de perdre du temps pour viser une victoire d’étape plus tard. Au moins, j’ai été récompensé cet été. Parce que si je tente tout pour une victoire et que ma meilleure place est septième, mon bilan ne sera pas dingue.
Vous serez en fin de contrat avec TotalEnergies à la fin de la saison. Pensez-vous déjà à l’avenir ?
Oui, comme tout le monde dans l’équipe. Comme je l’ai dit à mon agent Alex Carera en fin de saison dernière, si je travaille avec lui, c’est pour que je ne me pose pas de question à ce sujet. Pour le moment, je pense plus à courir qu’à mon avenir. Et sans résultat, c’est compliqué de trouver un contrat. Il faut aussi attendre de voir l’évolution de TotalEnergies. Si Jean-René (Bernaudeau) a tendu la main à Stéphane (Heulot), c’est qu’ils ont une idée derrière la tête. Je pense que c’est déjà bien en place. Mon envie personnelle, c’est de voir si l’équipe a quelque chose à proposer avant d’aller voir ailleurs.
