Route - Climat de peur chez PicNic PostNL : Degenkolb et Barguil montent au créneau
Par Nathan DELODDERE le 19/10/2026 à 20:41
L'enquête choc publiée par la NOS et le podcast In de Waaier plonge l'équipe néerlandaise dans une tempête médiatique sans précédent. S'appuyant sur 71 témoignages anonymes, le rapport dénonce un climat de peur et une forte pression psychologique au sein de la structure PicNic PostNL. Face à ces accusations, deux figures d'expérience du peloton, John Degenkolb et Warren Barguil, ont publiquement pris la défense de leur formation. Les deux vétérans s'interrogent sur l'objectivité de l'enquête journalistique et mettent en avant leur propre vécu très positif. Une prise de parole forte alors que la direction de l'équipe a commandé une contre-expertise indépendante pour faire toute la lumière.
John Degenkolb interpelle les enquêteurs, Thijs Zonneveld lui répond
Après une semaine de recul, John Degenkolb a choisi de s'exprimer sur Instagram pour apporter une nuance appuyée à la polémique qui ébranle son équipe. Fort de dix saisons passées au sein de la structure néerlandaise sur ses seize années de carrière professionnelle, le vainqueur de Paris-Roubaix 2015 s'est dit profondément surpris par le tableau à charge dressé par les médias : "En dix ans sur seize au sein de l'équipe, je n'ai jamais connu de "culture de la peur", ni avant ni après mon retour volontaire en 2022. Pourquoi des voix comme la mienne — et celles de tant d’autres — ont-elles été exclues de la recherche ?". Tout en reconnaissant la légitimité des voix critiques, le coureur allemand de 37 ans regrette l'absence d'équilibre dans la démarche journalistique face à une organisation comptant plus de 160 employés. La réplique du journaliste Thijs Zonneveld ne s'est pas fait attendre. Ce dernier a rappelé le devoir absolu de protection des sources confidentielles, tout en confirmant l'ampleur des témoignages recueillis : "Nous ne pouvons pas vous révéler précisément l'identité de nos interlocuteurs, mais nous avons parlé à 71 coureurs et membres du personnel. Beaucoup de gens ont vécu une expérience différente de la vôtre."
Warren Barguil monte aussi au créneau pour défendre l'équipe
Le témoignage de John Degenkolb vient emboîter le pas à celui de Warren Barguil, lui aussi revenu au bercail en 2024 après un premier passage remarqué. Le Breton s'est remémoré la loyauté de la direction à son égard avant le Tour de France 2017, alors même que son départ était acté : "Si l'ambiance avec la direction avait été toxique, je ne serais jamais revenu." Tout en rappelant que le cyclisme de très haut niveau impose des exigences strictes et que "ce n'est pas des vacances au Club Med ", le Français s'est dit inquiet de l'impact dévastateur de cette tempête médiatique sur la recherche de sponsors et l'avenir WorldTour de la structure. Face à cette fracture nette entre les révélations de la presse et la défense de ses coureurs emblématiques, la direction de la formation néerlandaise a officiellement mandaté un cabinet indépendant. Les conclusions de cette expertise interne seront déterminantes pour démêler le vrai du faux et ramener la sérénité au sein du collectif.
