Route - Adam Hansen : «Le système ADAMS est défavorable pour les coureurs honnêtes»
Le président de la CPA (Cyclistes Professionnels Associés), Adam Hansen, a évoqué chez nos confrères de Domestique la possibilité d’utiliser un traceur GPS pour localiser les cyclistes. Aujourd'hui, avec le système ADAMS (Anti-Doping Administration and Management System) ce sont les cyclistes qui informent les autorités compétentes sur leur localisation et la plage horaire où effectuer le contrôle. En cas de manquement (3 tests ratés ou données de localisation non transmises sur 12 mois glissants) les coureurs encourent une suspension.
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"La réforme de 2025 favorise les défaillances"
Pour l'ancien acolyte de Mark Cavendish, les dernières mesures prises favorisent les loupés : "Depuis 2025 l’agent de contrôle antidopage ne peut plus appeler l’athlète en dehors de la plage horaire indiquée par le cycliste. Donc s'il ne donne aucune indication sur ses activités quotidiennes, ledit agent suppose que le coureur est chez lui toute la journée. Or, si ce dernier n'est pas chez lui, pour une raison anodine ou un imprévu, il reçoit automatiquement une lettre pour manquement aux règles antidpogages". Les faits ont donné raison à Hansen : "La réforme a compliqué beaucoup de choses, les coureurs n’étaient pas conscients de tout ce que cela impliquait et beaucoup ont été pris au dépourvu par négligence. La CPA et moi sommes insatisfaits, on a le sentiment qu'ils se trompent de cibles. Les tricheurs sont favorisés et les honnêtes laisés."
"Les coureurs que j'ai sondé préfèrent un système avec des traceurs GPS"
Adam Hansen ne se contente pas de parler en son nom mais bien au nom du peloton. Il a profité de la période estivale et des camps d'entraînement des équipes pour demander l'avis des principaux concernés. Les retours sont en faveur de l'instauration des traceurs GPS : "Les coureurs d'une équipe que je ne citerai pas, se sont montrés unaniment favorables à l'instauration de ce nouveau système. Les contrôles manqués sont fréquents, parce qu'il y a un problème administratif ou parce que le coureur à un contretemps. Par conséquent, la géolocalisation est une réponse adaptée à ces aléas et permet à l'athlète de ne plus se prendre la tête avec tout cela. A l'ère du numérique c'est tellement plus confortable que tout se fasse par téléphone".
"Le retour d'expérience m'a donné l'idée"
Hansen admet humblement que ça lui est déjà arrivé de faillir aux règles antidopages : "Des agents sont venus chez moi lorsque j'étais encore pro, ils ont sonné mais je ne les ai pas entendu, et quatre semaines plus tard, j’ai reçu deux lettres disant que j’avais manqué un contrôle. Vous imaginez ma surprise comme j'étais chez moi... Après avoir retourné le problème dans ma tête, j'en suis arrivé à la conclusion que je n’entendais pas la sonnette quand j’étais dans ma salle d’altitude. Le problème aurait pu être réglé s'ils m'avaient appelé mais ils préfèrent te faire passer pour un mauvais élève ou un tricheur. Pour ne plus revivre ce fâcheux incident, dès l’année suivante j’ai changé mon créneau d’une heure de 6-7h à 7h-8h, et je restais assis devant la porte pour ne plus être pris à défaut".

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