Interview - Loïc Chetout : «Je n'aime pas me comparer»

Par Alexis ROSE le 21/01/2015 à 19:07

Interview - Loïc Chetout : «Je n'aime pas me comparer»
Photos : Mathilde L'Azou - Cofidis

 

Au cours de la saison 2014, Loïc Chetout n'est pas passé inaperçu au sein du peloton. Que ce soit avec le maillot du GSC Blagnac Vélo Sport 31, de la tunique de l'équipe de France ou celle de la CofidisChetout s'est montré entreprenant et surtout convaincant. De toute manière, le "barbu" ne s'était pas laissé le choix : son mot d’ordre à l'entame de l'année 2014 était de "passer pro". Il nous a même avoué qu'en cas d'échec, il n'aurait "pas prolongé chez les amateurs"... "Très exigeant", il a donc mis toutes les chances de son côté pour franchir le rubicon en 2015. Et, il a réussi son pari, grâce, notamment, à ses victoires sur le Grand Prix d'Ouverture Pierre Pinel, la 3e étape de la Ronde de l'Isard et l'Essor Basque. À la fin de la saison dernière, après avoir été le capitaine de route de la France Espoirs, sur les plus grandes courses du calendrier, il avait déjà touché du bout des doigts son "objectif de vie", avec sa place de stagiaire dans l'équipe Cofidis. Après cette première découverte du monde pro, il a finalement été engagé pour de bon dans l'équipe rouge et blanche, avec un contrat de néo-pro à la clé. Avant d'attaquer sa saison, il s'est confié à Cyclism'Actu en n'éludant aucun sujet. Entretien !

 

Loïc, quel bilan général tirez-vous de votre saison 2014 ?

J'en tire un très bon bilan ! Avec peu de baisse de régime. Ça a été une très bonne année en compagnie du GSC Blagnac, qui m'a permis d’évoluer sereinement, ainsi qu'avec l’équipe de France, qui m'a fait confiance sur la quasi-totalité de son calandrier, et enfin, la cerise sur le gâteau, avec mon contrat de stagiaire avec l’équipe Cofidis.

 

imageEn début de saison, vous aviez eu de bons résultats : 10e de La Côte Picarde et du ZLM Tour et une bonne Ronde de l'Isard avec une victoire d'étape. Ces courses-là vous ont mis en confiance pour le reste de la saison ? 

C’est avant tout, l’Essor Basque qui m'a mis en confiance. Je ne savais pas trop me situer par rapport au peloton français. Donc j’avais fait un bon hiver pour arriver en forme sur le début de saison. Puis tout s'est enchaîné rapidement, avec la Coupe des Nations, la Vuelta Bidasoa et la Ronde de l’Izard.

 

Cette période d'avril à mai a-t-elle été le moment fort de votre année 2014 ?

Je n’ai pas vraiment de meilleur moment durant ma saison. Car la quasi-totalité a été un réel plaisir pour moi que se soit en tant que leader avec le GSC Blagnac ou que chef de fil en équipe de France, de l’essor Basque au Grand prix de Wallonie avec Cofidis en passant par les championnats d’Europe.

 

"Le pire moment, c’est les championnats du Monde..."

 

Et avez-vous en tête votre pire moment ?

Le pire moment, c’est les championnats du Monde... L'incompréhension totale ! Beaucoup de travail qui part en fumée à cause d’un coup de chaud, ou je ne sais quelle panne de jambes... J’étais très bien durant toute la course, j’attendais juste le moment pour faire mon job et replacer Thomas (Boudat, ndlr) en l’amenant au sprint. Mais, à 1 tour de l’arrivée, plus rien dans les socquettes, les étoiles, le mal de tête... Vous connaissez la suite.

 

imageVous avez aussi réalisé un bon Tour de l'Avenir. Cette course a-t-elle confirmé votre envie de franchir le rubicon ?

De part les manches de la Coupe des Nations, en début de saison, je savais quel était mon niveau par rapport aux espoirs internationaux. Cependant sur un tour avec des étapes aussi accidentées, j’ai appréhendé un peu, mais j’ai relativisé. Je me suis dit que si Pierre Yves Chatelon avait confiance en moi, c'est qu'il n’y avait pas de raison que cela se passe mal. Alors, j’ai fait mon job et ça a fonctionné de nouveau ! Malheureusement, en perdant le général de la Coupe de Nations, nous ne sommes pas récompensés à la juste valeur de nos efforts... Mais, nous avions un grand leader, en la personne de Pierre-Roger Latour, qui a su nous remercier et nous faire relativiser.

 

En 2014, pensez-vous avoir franchi un cap physique et mental ?

C’est clair que j’ai encore passé un palier cette saison. Et j’espère en passer un autre la saison qui arrive ! Cependant, je ne me mets aucunement la pression. Je suis néo-pro, donc je suis là pour apprendre. Je compte faire ce que mes directeurs sportifs me demanderont. Et je vais observer le professionnalisme, qui est définitivement dans un autre monde que l'amateurisme.

 

"Je suis très exigent avec moi-même"

 

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Au début de l'année 2014, aviez-vous déjà comme souhait de passer chez les pros dès 2015 ?

C’était mon mot d’ordre : je voulais passer pro. Je n’aurai pas prolongé mon aventure chez les amateurs si ça ne l’avait pas fait. Car je suis très exigeant avec moi-même et si je ne parvenais pas à franchir le cap, je me serai fait une raison et j’aurai changé de voie !

 

À partir de quand avez-vous été en contact avec l'équipe Cofidis ?

Depuis les championnats de France amateurs, où j'avais rencontré Yvon Sanquer. Il m'avait proposé de venir finir la saison avec eux en tant que stagiaire.

 

"Je me suis retourné pour mesurer le chemin parcouru"

 

Ce stage, c'était déjà quelque chose d'important pour vous ?

Bien sûr que ça l’était ! C'est à ce moment-là que je me suis retourné pour mesurer le chemin parcouru depuis toutes ces années. J'avais enfin une chance de mettre un pied dedans.

 

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Comment s'est passé votre découverte du monde professionnel ?

Très bien. J’ai pu observer. Je me suis rendu compte ce qu’était la vie d’une équipe pro et de ses coureurs. Et ceci m'a conforté dans mon idée : je voulais faire partie de ce monde-là.

 

"Un rêve non, mais plutôt un objectif de vie"

 

Après ce stage, vous avez signé votre premier contrat pro. C'était un rêve ?

Un rêve non, mais plutôt un objectif de vie. Depuis mon entrée au CREPS de Toulouse, en sport-étude, j’ai pris conscience qu’il y avait quelque chose à faire dans cette voie. Alors, je me suis fixé une ligne de conduite. Je me suis juré de tout faire pour y arriver ! Cofidis m'a donné ma chance 6 ans après. Et me voilà dans la cour des grands. En fin de saison, j’étais désireux d’intégrer 3 équipes : 1. Cofidis, 2. Bretagne Séché, 3. Caja Rural.  

 

Vous considérez-vous comme un personnage "atypique" ?

Je suis un coureur simple et polyvalent comme beaucoup. Avec, certes, un parcours atypique de part mon exil du côté de l'Espagne durant mes 3 premières années d'espoirs.  

 

"Je n’ai pas changé grand-chose"

 

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Quels changements avez-vous opéré dans votre préparation hivernale 2015 ?

J’ai fait une bonne préparation. Comme j’ai l’habitude de faire chaque hiver. Mais, avec un peu plus de foncier. Je n’ai pas changé grand-chose, car jusqu’à présent j'ai suivi une méthode qui m'a permis de passer un palier chaque année. Donc je suis les conseils de mon entraîneur, Aritz Arberas, avec les yeux fermés.

 

Comment se sont passés les premiers stages avec votre nouvelle équipe ?

Très bien. Avec un premier contact à Lyon, puis 8 jours de stage à Lloret-de-Mar, plus axés sur l’intégration et la reprise. Et puis nous avons fait un autre stage en janvier pendant 8 jours, avec un gros travail de foncier avant d’entamer la saison.   

 

Quel sera votre rôle au sein de cette nouvelle équipe ?  

J'ai le rôle d’un néo-pro tout simplement : aller dans les échappées, porter les bidons, aider au mieux mes leaders...

 

"Je ne me fixe pas d'objectifs"

 

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Quels seront vos priorités pour 2015 ?

Je ne me fixe pas d'objectifs. Mis à part de progresser. Car pour moi cette année sera basée sur l'observation et l’apprentissage. Dans ma tête, je ne pense pas à la réussite personnelle, pour le moment. Je vais simplement faire ce que l’on me dit de faire.

 

Quel sera votre programme de courses ?

Je commencerai à Mallorque. Je serai ensuite sur le Tour du Haut Var. J’irai en Belgique pour les 3 Jours des Flandres, mais aussi au Corse sur le Criterium international. Ce sont les grosses lignes de mon programme.

 

"Je ne rêve pas d’une course en particulier, car pour moi elles sont toutes belles..."

 

Dans le futur, vous voulez devenir quel type de coureur ? Et de quelle course rêvez-vous ? 

Un puncheur-sprinteur. Le temps me dira pour quelle spécialité je suis fait. Je ne rêve pas d’une course en particulier, car pour moi elles sont toutes belles...

 

Voir les jeunes Français dans les meilleurs mondiaux, est-ce que ça vous aide à débuter votre carrière sans complexes ?

Je n’aime pas me comparer. Et encore moins être comparé. Ce que ces coureurs ont fait est formidable pour le cyclisme français. Et cela nous tire tous vers le haut. Cela ne fait aucun doute. Je pense que le complexe est une affaire de tempérament. Il est clair que quand dans la tête ça va, tout le reste va ! Mais, les performances de nos jeunes coureurs français de talent n’ont aucun rapport avec ma motivation et ma persévérance !

 

Propos recueillis par Alexis ROSE.

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