INTERVIEW - Adrien Petit : «Je vais être directeur sportif de Lotto-Intermarché...»
Adrien Petit n’a pas tardé à entamer sa reconversion. Fraîchement retraité du peloton, l’ancien coureur français a intégré le staff de la formation Lotto-Intermarché en tant que directeur sportif. Au micro de Cyclism'Actu, le Nordiste est revenu sur sa transition express, ses premières courses dans la voiture, sa vision du rôle de directeur sportif et son regard sur la possible rivalité entre Paul Seixas et Jarno Widar.
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"Je refléchissais forcément à une transition..."
Des nouvelles d’Adrien Petit, ça fait plaisir de vous voir. Nous sommes à la présentation de La Fusion, l'équipe Lotto-Intermarché. Il était normal de voir le néo-retraité, mais si j’ai tout compris, la retraite n’aura pas duré longtemps ?
Oui, c’est vrai, je n’ai pas tellement communiqué dessus depuis le mois d’octobre. J’ai eu mon diplôme de directeur sportif à l’UCI en octobre, et j’ai préparé ma première valise… sans cuissard et sans maillot ! Je pars avec l’équipe en tant que directeur sportif, donc ça va être un beau challenge, je suis motivé
Vous avez déjà tout en tête, parce que la retraite, c’est il n’y a pas longtemps… tout était préparé en amont ?
J’y réfléchissais forcément. Je voulais passer directement le diplôme à l’UCI, pour moi c’était hyper important. Je voulais garder le pied dans le groupe, même avec cette fusion qui introduit de nouvelles personnes. Je suis super heureux de partir en stage avec l’équipe et de commencer mes premières courses comme directeur sportif.
"Ma première course ? L'Étoile de Bessèges"
Quand on devient directeur sportif après avoir été coureur, il y a forcément une appréhension. C’est quoi le sentiment ?
Oui, c’est sûr, ça faisait 15 ans que j’étais sur le vélo. Maintenant, je serai dans la voiture derrière. C’est complètement différent. Je me dis que je redémarre sur une page blanche : j’ai tout à apprendre, même si mes 15 ans de carrière m’ont beaucoup appris. J’ai un bon staff qui va m’aider à gagner du temps dans ma progression. On va laisser le temps et faire nos premières journées cette année, et ça va bien se passer.
Alors, première course en tant que directeur sportif, où et quand ?
La première course sera en France, à l’Étoile de Bessèges. Après, j’aurai d’autres courses sympas, notamment des pavés, mais on en parlera plus tard dans la saison. Je vais faire pas mal de journées à soutenir les coureurs et aller chercher le plus de victoires possibles.
"Les coureurs et le staff sont super motivés"
Ce serait quoi la patte d’Adrien Petit directeur sportif ?
Je pense que ce sera l’humain : ne jamais avoir de regrets, donner 100 %, respecter les plans de A à Z, monter dans le bus, discuter ensemble et être satisfait de ce qu’on a fait. Les résultats viendront forcément après.
On parle de cette fusion, ça a été un peu compliqué, non ?
Oui, au départ, c’était un peu le fil rouge, tout le monde parlait. La direction ne pouvait pas trop communiquer, il y avait des délais. Maintenant, c’est annoncé, tout le monde est content. Les coureurs retrouvent de bonnes équipes et le staff est super motivé. Il y a de belles choses à faire devant nous.
Jean-François Bourlard au micro de Cyclism'Actu
Vous connaissez Lotto, vous connaissez Intermarché… ensemble, c’est plus fort ?
Oui, ça fait un très beau groupe. Il me reste du temps pour apprendre à connaître tout le monde dans les détails et essayer de faire quelque chose de bien. Ça peut être une très belle saison.
"Aujourd'hui, plus rien n'est laissé au hasard"
15 ans de carrière… le cyclisme a beaucoup évolué depuis vos débuts ?
Ah oui, il a évolué. J’ai connu l’ancienne décennie où c’était un peu moins sérieux, que ce soit sur la nutrition ou l’entraînement. Maintenant, tout est professionnel, rien n’est laissé au hasard, tout le monde est à la pointe. Les jeunes sont très forts et rapides, et il faut qu’on les encadre pour que la tête suive et que les résultats soient là toute l’année.
Beaucoup parlent de fatigue mentale dans le peloton. C’est vraiment fatiguant d’être coureur aujourd’hui ?
Oui, ça l’était déjà avant, et aujourd’hui, tout est encore plus professionnel. La nutrition, l’entraînement, tout est calculé. Pour ceux qui n’ont pas les résultats qu’ils espèrent, ça peut être compliqué.
Comment définir l’équipe Lotto-Intermarché aujourd’hui ?
C’est un gros groupe, avec des jeunes et quelques piliers qui font la force de l’équipe. Il y a des pépites et des coureurs qui ont déjà prouvé leur talent. On attend encore mieux d’eux, et ça va créer un beau groupe sur tous les fronts. Je suis excité de voir comment ça va se passer.
"Laissons Paul Seixas et Jarno Widar progresser tranquillement"
Vous êtes français dans une équipe belge, on parle de pépites comme Paul Seixas ou Jarno Widar. Qui est le plus fort ? Peut-on imaginer une rivalité à la Pogacar-Vingegaard ?
C’est une bonne question. Ils ont des qualités exceptionnelles tous les deux. Mon maître mot, c’est de leur laisser le temps d’évoluer, sans leur mettre trop de pression. Ils l’ont déjà. On va les laisser progresser tranquillement.
Qui serait le plus susceptible de gagner un Tour de France à l'avenir?
Qu’est-ce qu’on souhaite à Adrien Petit pour 2026 ?
Des victoires, du plaisir et réussir mes premières courses comme directeur sportif. La première victoire sera particulière, c’est sûr. Mais je ne veux pas griller les étapes avec les jeunes, je vais apprendre tranquillement.

Adrien Petit : "Je vais être directeur sportif de Lotto-Intermarché..."