Transfert - Alex Carera décrypte les départs anticipés des stars du World Tour
Par Nathan DELODDERE le 23/10/2026 à 10:45
Le marché des transferts du cyclisme professionnel connaît une mutation sans précédent, marquée par l'explosion des ruptures de contrat anticipées. De Filippo Ganna à Juan Ayuso en passant par Remco Evenepoel ou Richard Carapaz, les vedettes quittent leurs équipes avant le terme de leur bail. Interrogé par La Gazzetta dello Sport, l'agent influent Alex Carera analyse ce changement de paradigme qui bouscule les règles du peloton. Entre l'allongement de la durée des contrats et la montée en puissance de grands groupes internationaux, le marché s'est professionnalisé. Seule exception à cette frénésie selon l'agent italien : Tadej Pogacar, désormais inaccessible financièrement pour la concurrence.
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Une explosion des résiliations de contrat portée par les géants du peloton
Ce qui relevait autrefois de l'exception est devenu une pratique presque courante. Alex Carera, qui représente notamment Tadej Pogacar et Giulio Ciccone, évalue à désormais une dizaine par an le nombre de départs prématurés, contre un tous les trois ans auparavant. Si l'affaire Cian Uijtdebroeks fin 2023 avait servi de détonateur, les départs anticipés de Remco Evenepoel chez Red Bull-Bora-Hansgrohe, de Juan Ayuso vers Lidl-Trek ou d'Oscar Onley vers Netcompany Ineos ont confirmé la tendance. Pour Alex Carera, la cause première réside dans la structure même des propriétaires d'équipes : "Aujourd'hui, les propriétaires des équipes sont de plus en plus les sponsors eux-mêmes : UAE, Decathlon, Lidl ou Red Bull. Ils ont une approche d'entreprise et une vision à long terme. Une équipe cycliste est désormais un actif économique fondamental pour la société ou le fonds d'investissement qui la soutient." Avec des budgets de référence passés en six ans de 25 millions d'euros à plus de 60 millions pour les plus aisés, racheter les dernières années de contrat d'un coureur est devenu un levier stratégique assumé.
Tadej Pogacar, l'unique exception hors d'atteinte sur le marché
Dans cet échiquier financier où les contrats à long terme (cinq ans et plus) incitent les coureurs insatisfaits à forcer leur bon de sortie moyennant indemnités compensatoires, un seul coureur semble totalement hermétique à ces mouvements : Tadej Pogacar. Interrogé sur la possibilité de voir le champion slovène faire un jour l'objet d'un transfert payant avant la fin de son engagement avec UAE Team Emirates, Alex Carera s'est montré catégorique quant à la situation de son client phare : " Oui, Tadej reste l'exception, tout simplement parce que sa valeur est trop élevée. Sa clause de libération est presque symbolique tant le montant est exorbitant. Tadej a dépassé les frontières du simple cyclisme." Une analyse lucide qui montre que si les géants économiques peuvent s'offrir les plus grands talents du peloton, le roi incontesté de la discipline demeure, quant à lui, au-dessus des lois du marché, les cas des deux prodiges Paul Seixas et Benjamin Noval seront-ils eux aussi vérouillés de la même manière ?
