Route - Pierre Rolland : «Trois ultras majeurs au programme de 2027»
Ce samedi 31 octobre , une social ride était organisée à Paris par le café-atelier vélo Le Dahu, en collaboration avec la Bonneville Cycling Federation (BCF). Ambassadeur de cette dernière qui ouvre deux antennes en France (Paris et Lyon), Pierre Rolland, double vainqueur d'étape sur le Tour de France, a répondu à nos questions. L'ancien coureur professionnel est notamment revenu sur sa nouvelle vie à travers l'ultra-distance, ses aventures à vélo et ses ambitions pour 2027.
Vidéo - Pierre Rolland au micro de Cyclism'Actu
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"En ultra, les sensations sont décuplées"
Quatre ans après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle et après assuré sa reconversion (il est notamment consultat pour La Chaîne L'Equipe), Pierre Rolland a progressivement a concrétisé une envie de longue date : se lancer dans l'ultra-distance. Il a enchaîné six ou sept épreuves au cours de l'année 2026, au Maroc, au Brésil, au Pérou ou encore en Corse, sur route comme en gravel.
L'expérience la plus marquante reste le BikingMan au Pérou, une épreuve de 1 200 kilomètres et 24 000 mètres de dénivelé positif, avec des passages à 4 000 et 5 000 mètres d'altitude. Pierre Rolland a terminé l'épreuve en trois jours et demi. "Beaucoup de plaisir, beaucoup d'émotions, beaucoup de sensations traversées sur 1 200 kilomètres, sur un terrain pas adapté au cycliste", raconte-t-il.
L'ancien vainqueur d'étapes sur le Giro explique que l'ultra-distance lui a permis de découvrir des sensations différentes de celles vécues dans le peloton. La durée et la difficulté décuplent les expériences ressenties sur le vélo. "Ce n'est pas forcément plus intense ou moins intense, plus dur ou moins dur. Mais les sensations que tu as avec ta machine, avec ton vélo et les éléments extérieurs sont multipliées par le fait que ce soit beaucoup plus long et beaucoup plus difficile", détaille-t-il.
"Il ne faut pas banaliser les longues distances"
L'ultra-distance sera encore au programme de Pierre Rolland en 2027. Son calendrier est en construction, mais il prévoit déjà au minimum trois épreuves majeures, sur route et en gravel. Il attend toutefois de finaliser les accords avec les organisateurs, notamment pour pouvoir documenter et partager ses aventures sur sa chaîne YouTube. Pas question, en revanche, de se lancer dans des formats aussi longs que la Transcontinental Race, qui peut représenter près de 1 500 kilomètres. Son activité de consultant sportif et ses nouvelles responsabilités ne lui permettent plus de consacrer plusieurs semaines à une seule épreuve. Il souhaite également rester raisonnable dans les distances et préserver sa santé. "Moi, 1 000, 1 200 ou 1 300 kilomètres, ça me va. Au-delà, je considère que c'est un peu la course à lutter contre le sommeil", explique-t-il.
L'ancien coureur met d'ailleurs en garde contre la banalisation des longues distances. Selon lui, les performances des athlètes très entraînés ne doivent pas pousser chacun à repousser ses limites sans préparation. "Il ne faut pas banaliser le fait de faire 300 ou 500 kilomètres à vélo ou de faire un marathon. Il faut prendre le temps de le préparer correctement", insiste-t-il. Pierre Rolland veut ainsi conserver un rôle pédagogique dans ses contenus. Il rappelle que les aventures en haute montagne, notamment à 4 000 ou 5 000 mètres d'altitude, nécessitent une préparation et des connaissances spécifiques. "Je n'invite pas à faire ce que je fais", prévient-il. Au-delà de la performance, il souhaite surtout raconter des histoires et faire voyager son public à travers ses vidéos. "J'ai vraiment envie de faire voyager les gens à travers mes aventures, mes vidéos, et de les embarquer avec moi", conclut-il.
Paul Seixas, une saison 2026 enthousiasmante
Toujours proche du cyclisme professionnel, Pierre Rolland a également livré son regard sur la saison écoulée. Et pour l'ancien coureur, c'est l'ensemble de l'exercice 2026 qui a été particulièrement réussi. Il retient évidemment l'éclosion de Paul Seixas, mais aussi la progression de Paul Magnier, qui s'installe progressivement parmi les sprinteurs du peloton. Il souligne également les grandes confrontations qui ont rythmé la saison, notamment la domination de Tadej Pogacar, qui a régulièrement trouvé des adversaires à sa hauteur sur les grandes classiques : Mathieu van der Poel sur le Tour des Flandres, Wout van Aert sur Paris-Roubaix ou encore Filippo Ganna sur Milan-San Remo. "On a eu une saison incroyable, avec de grands moments de cyclisme, mais souvent les plus beaux moments, c'était quand Pogacar se confrontait avec d'autres coureurs. Ce n'était quasiment jamais les mêmes adversaires", estime-t-il.
Concernant l'engouement médiatique autour de Paul Seixas, l'ancien coureur Europcar estime que le jeune Français semble bien gérer cette exposition. "Il va falloir qu'il apprenne à vivre avec. Autant s'en accommoder le plus rapidement possible", considère-t-il. Il souligne également la manière dont son entourage organise ses prises de parole médiatiques, notamment pendant les périodes de coupure. Pour Rolland, le jeune coureur est très bien accompagné et gère cette pression avec maturité. Parole d'un ancien maillot blanc du Tour.
