INTERVIEW - Christophe Laporte : «On se demande si on va redevenir cycliste pro...»
À l’occasion du Media Day de la Visma | Lease a Bike, Christophe Laporte s’est confié à Cyclism’Actu sur sa saison 2026. Après une année 2025 quasiment blanche, marquée par la maladie et l’incertitude, le Français aborde ce nouvel exercice avec une envie décuplée. Classiques printanières, Monuments tant convoités, Paris-Roubaix et le Tour des Flandres en ligne de mire, sans oublier un retour attendu sur le Tour de France : le coureur de la formation néerlandaise avance déterminé, confiant et sans détour.
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"J’aborde 2026 avec beaucoup de confiance et de motivation"
On se retrouve en 2026, après une saison 2025 compliquée pour toi. Quels seront tes objectifs et avec quel état d’esprit abordes-tu cette nouvelle saison ?
Mes objectifs restent globalement les mêmes : les classiques. L’an dernier, je n’ai pas pu y participer, donc j’arrive sur cette saison 2026 avec énormément d’envie. 2025 a été une saison compliquée, tout le monde le sait, mais la fin de saison a été positive. J’ai retrouvé un bon niveau, et c’était essentiel pour moi, pour ne plus avoir de doute sur le fait que mon niveau était toujours là. J’aborde 2026 avec beaucoup de confiance et de motivation. J’ai passé un bon hiver jusqu’ici, donc je suis vraiment content.
Où vas-tu commencer ta saison et quel sera ton programme de courses ?
Je vais commencer sur la Ruta del Sol. Ensuite, j’enchaînerai avec l’Omloop, Kuurne-Bruxelles-Kuurne, puis toutes les classiques qui suivent, Milan-San Remo notamment.
Paris-Roubaix est l’un de tes grands objectifs de carrière. Avec la concurrence interne et la densité de l’équipe, quel sera ton rôle sur cette course ?
C’est clairement ma course rêvée. C’est celle où j’ai envie de performer, de donner le meilleur de moi-même et d’aller chercher le meilleur résultat possible. Avant Paris-Roubaix, il y a déjà beaucoup de très grandes courses, notamment le Tour des Flandres.
Depuis quatre ans, on n’a pas réussi à décrocher un Monument, que ce soit Paris-Roubaix, le Tour des Flandres ou Milan-San Remo, qui sont aussi des objectifs majeurs pour l’équipe. L’important, c’est qu’on arrive collectivement à en gagner un.
Dans quel état de forme te situes-tu aujourd’hui, par rapport aux saisons précédentes ?
Ce n’est pas vraiment comparable avec 2025, car à cette période-là j’allais bien, et c’est ensuite que j’ai attrapé ce virus.
Mais là, je me sens très bien. Tout est revenu à la normale depuis la fin de l’année dernière. J’ai fait une très bonne préparation et je me sens même peut-être encore plus motivé qu’en 2025.
L'interview de Wout Van Aert
"Ça faisait bizarre d’être à la maison en juillet"
Après plusieurs saisons au sein de l’équipe, comment vis-tu l’arrivée de nouveaux coureurs français ?
Je ne pense pas que l’équipe ait déjà eu autant de Français. C’est sympa. On partage les mêmes références, on a été dans des équipes françaises, donc c’est cool de voir des Français s’expatrier, découvrir une autre façon de travailler. Et puis, parler français entre nous, c’est toujours agréable.
Quels sont les grands objectifs collectifs pour Visma | Lease a Bike en 2026 ?
Gagner des Monuments et performer sur les Grands Tours. Sur les classiques, c’est clairement l’un des objectifs principaux de l’équipe, puis viennent les Grands Tours. J’espère que ce sera l’année.
Te verra-t-on sur le Tour de France cette saison ?
Normalement oui, si tout va bien.
Avec un rôle similaire aux années précédentes ?
Oui, avec mon rôle habituel : lancer Wout sur les sprints, aider dans les étapes difficiles, notamment pour Jonas. C’est le rôle que j’ai tenu sur les trois derniers Tours de France que j’ai disputés avec l’équipe.
L’an dernier, tu as manqué le Tour. As-tu ressenti une frustration particulière ?
Oui, ça faisait bizarre d’être à la maison en juillet. Sur les dix dernières années, je n’avais manqué qu’un seul Tour, celui de l’an dernier. C’était étrange d’être devant la télé, mais à ce moment-là, je pensais surtout à retrouver mon niveau. Retrouver le Tour cette année serait un vrai plaisir. Pour un Français, c’est encore plus spécial. Être performant sur le Tour de France reste un objectif majeur.
Louis Barré au micro de Cyclism'Actu
"On fait des recherches, on tombe sur des choses parfois inquiétantes..."
Mentalement, comment traverse-t-on une saison quasiment blanche comme celle de 2025 ?
C’est très difficile. Au début, on pense surtout aux courses qu’on manque, aux classiques. À chaque objectif manqué, on se projette sur le suivant. Puis, à un moment, on s’est arrêté. On s’est dit que le plus important, c’était de retrouver la santé et de se sentir bien au quotidien avant même de penser aux courses ou à la préparation. Quand tout est revenu à la normale, mentalement ça allait beaucoup mieux. Mais c’est certain que c’est éprouvant. On se lève tous les jours en espérant aller un peu mieux.
L’incertitude liée à la maladie a-t-elle été le plus dur à gérer ?
Oui, parce que ce n’est pas une blessure classique avec une date de retour. C’est un virus. On ne sait pas si ça va durer un mois, six mois ou plus. Pour moi, ça a duré longtemps. On fait des recherches, on tombe sur des choses parfois inquiétantes, on reçoit des messages de gens qui disent que ça dure depuis un an et demi sans amélioration. On n’a pas envie de lire ça. À un moment, on se demande si on va pouvoir retrouver son niveau, redevenir cycliste professionnel.
Aujourd’hui, où en es-tu mentalement et physiquement ?
Tout est revenu à la normale. J’ai retrouvé un très bon niveau en fin de saison, assez proche de mon niveau habituel.
Je reviens avec beaucoup de fraîcheur et encore plus de motivation que si je n’avais jamais traversé ça. Je suis vraiment confiant pour la saison 2026.

Christophe Laporte : "On se demande si on va redevenir cycliste pro..."