INTERVIEW - Cédric Vasseur : «Si je suis manager, je mets Paul Seixas sur le Tour»

Par Paul-Antoine STEVENIN le 27/04/2026 à 20:00

INTERVIEW - Cédric Vasseur : «Si je suis manager, je mets Paul Seixas sur le Tour»
INTERVIEW
Photo : Sirotti / @Cyclismactu / CyclismActu.net

La victoire de Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) sur Liège-Bastogne-Liège ce dimanche 26 avril a sonné le glas des classiques de printemps. Des classiques qui, cette année, ont été le théâtre d'un nouveau numéro de Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG), vainqueur de trois des quatre premiers Monuments de l'année, et surtout de l'avènement d'une pépite made in france, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM). Le prodige français a ébloui les classiques ardennaises, en remportant la Flèche Wallonne et en étant le seul à pouvoir accompagner Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège. Un phénomène qui n'a évidemment pas échappé à l'oeil de Cédric Vasseur, ancien coureur, ancien consultant et ancien manager général de Cofidis et qui s'est entretenu avec Cyclism'Actu (et qui pourrait devenir aussi à terme notre autre chroniqueur sur Cyclism'Actu avec Cyrille Guimard et Daniel Mangeas notre parrain... qu'en pensez-vous ?) après un printemps riche en apprentissages.

Vidéo - Cédric Vasseur au micro de Cyclism'Actu

 

"Un Grand Tour à 19 ans... est-ce bien raisonnable ?"

Vous n'êtes pas en Belgique mais vous n'êtes pas très loin et ça tombe bien, on termine les classiques ardennaises. On va à l'essentiel, tout le monde en parle. Qu'en penses l'ancien coureur, l'ancien consultant, l'ancien manager, Paul Seixas doit-il faire le Tour de France, oui ou non ?

C'est difficile, comme vous j'ai observé ce qu'il se passe depuis le début de saison. Je pense qu'on ne pouvait pas imaginer voir un Paul Seixas rivaliser avec Tadej Pogacar sur les pentes de La Redoute, sur Liège-Bastogne-Liège. Je suis vraiment partagé parce que je pense qu'il faut profiter de la bonne forme quand elle est là, et on voit beaucoup d'exemples où les coureurs se préparent en altitude, reviennent et fracture de la clavicule pour Matteo Jorgenson sur l'Amstel Gold Race et puis tout tombe par terre. Quand vous avez la chance d'être en bonne condition, je pense qu'il faut en profiter un maximum.

Maintenant, se lancer dans un Grand Tour de trois semaines quand on a 19 ans, est-ce bien raisonnable ? Je pense que c'est l'équation que doit résoudre Dominique Serieys (manager général de Decathlon CMA CGM) et l'équipe Decathlon CMA CGM. Évidemment que la tentation est forte parce que quand on voit Seixas mettre un petit peu en difficulté Pogacar, on a envie de vibrer en juillet. Égoïstement on a envie de voir Paul Seixas sur le Tour de France mais si on réfléchit sur un plan de carrière, il faut faire attention de ne pas se brûler les ailes. Deux semaines de course, ça passe mais la troisième est vraiment difficile. Au final, c'est Paul Seixas et son entourage qui prendra la décision et nous on l'acceptera.

 

On a entendu ce qu'en pensent Bernard Hinault et Pierre Rolland : il a pris une minute sur la roche Faucon, donc ça fera un quart d'heure sur les trois semaines du Tour. Toi, tu es manager de Decathlon CMA CGM, tu fais quoi ?

Si je suis manager, je mets Paul Seixas au départ du Tour, évidemment. Je pense qu'en termes de visibilité, avoir Paul Seixas ou ne pas avoir Paul Seixas, ce n'est pas le même retour sur investissement pour les partenaires. Donc, en tant que manager, je le mets bien sûr au départ du Tour à Barcelone. Maintenant, si je suis l'entourage proche de Paul Seixas, je le freine un peu en disant, peut-être que ça serait mieux de commencer par La Vuelta en 2026. Tout dépend de quel côté on se situe. Dans tous les cas, c'est un phénomène. Je pense qu'à 19 ans, il a déjà prouvé qu'il était capable de choses extraordinaires. Donc il est aussi peut-être capable de nous surprendre sur trois semaines. 

Je pense que le cyclisme a quand même beaucoup évolué par rapport aux années 80 et aux années 2000. Avant, c'est vrai qu'il y avait un schéma type, il fallait passer par la Vuelta avant de faire le Tour de France et peut-être le Giro. En tout cas, il ne fallait surtout pas faire le Tour de France en premier. Je pense que tout ça, il faut le balayer. On le voit hier, la moyenne est de 44,4 km/h, c'est-à-dire une moyenne qu'on n'a jamais réussi à atteindre sur un Liège-Bastogne-Liège. Donc, le vélo a complètement changé. Je pense qu'il ne faut pas raisonner sur la participation de Paul Seixas en se plaçant en 1980, en 2000 ou en 2010. On est en 2026 et Paul Seixas est quasiment le deuxième meilleur coureur mondial depuis le début de saison.

 

"Celui qui se positionne en successeur de Bernard Hinault, c'est Paul Seixas"

Quelque chose de frappant sur les dernières classiques, c'est la présence des Français dans les finals. Qu'est-ce que vous pensez de l'avènement de certaines pépites françaises, notamment Paul Seixas, évidemment, mais aussi des coureurs tels que Romain Grégoire, Kévin Vauquelin... Est-ce que vous vous attendiez à quelque chose d'aussi important aussi tôt au niveau de ces jeunes coureurs français ?

Je crois que la France a toujours été, de toute façon, une locomotive dans le cyclisme. On a connu des années plus compliquées. Mais c'est vrai que là, on a, depuis quelques années, la chance d'avoir des pépites. Alors, la numéro une cette année, c'est Paul Seixas, c'est la sensation, mais vous l'avez cité, on a derrière lui tout un groupe de jeunes français : Romain Grégoire, Lenny Martinez, Kévin Vauquelin, aussi Dorian Godon qui m'a séduit sur le Tour de Catalogne et Mathys Rondel qui est extraordinaire. Donc, on a vraiment un réservoir qui est très riche. Maintenant, on attend évidemment le Français qui va succéder à Bernard Hinault, ça fait depuis 1985, c'est long.

Mais je pense qu'on a vraiment une richesse de groupes que beaucoup de pays peuvent nous envier. Donc aujourd'hui, le cyclisme a plutôt le vent en poupe en France. Mais il y a une telle domination du Tour de France que vous pouvez gagner toutes les courses avant ou après. Si vous ne brillez pas sur le Tour de France, on dira que les Français sont encore passés à travers.

 

Vous parlez du successeur de Bernard Hinault sur le Tour de France, est-ce que c'est forcément Paul Seixas ? Est-ce que ça ne peut pas être, par exemple, Lenny Martinez ou Kévin Vauquelin ?

Non, je ne pense pas. Je crois qu'aujourd'hui, sur ce qu'on a vu, celui qui se positionne clairement en successeur de Bernard Hinault, et je ne veux pas lui mettre de pression, c'est vraiment Paul Seixas. Ce qu'il a réalisé en 4-5 mois de saison, aucun autre coureur français n'a été capable de le faire. Peut-être Julian Alaphilippe, il y a quelques années, quand il portait le maillot jaune, il a failli aussi réaliser l'exploit. Julian traverse une période difficile, mais il a fait vibrer les Français aussi. Mais je crois que depuis, il n'y a aucun coureur français qui a montré le potentiel que Paul Seixas vient de montrer sur ses dernières courses.  Comme je l'ai écrit sur les réseaux sociaux, je pense que chaque test se transforme en triomphe pour Paul Seixas. C'est quand même incroyable.

Alors, quand on est sur les Strade Bianche, on se dit,  c'est encourageant, mais il va peut-être avoir des moments difficiles. Et puis non, il se prépare, il revient, et il regagne encore au Tour du Pays Basque, il regagne à la Flèche Wallonne. Donc là, ça fait quand même un bon moment qu'on n'a pas vu un Français capable de faire ça.

 

"Aller titiller Pogacar sur une troisième semaine de Grand Tour semble irréaliste"

La question qu'on se pose, est-ce qu'il est si loin ou tout près de Tadej Pogacar ?  Parce que quand on le voit craquer physiquement dans la roue de Tadej Pogacar, dans la côte de la Roche aux Faucons, comme dit Pierre Roland, pour le citer, pour le paraphraser, sur trois semaines de course sur le Tour de France, ça ferait 15 minutes à l'arrivée. Vous êtes d'accord avec ça ?

Oui, je pense que oui, si on fait cette analyse, c'est logique. Maintenant, il faut voir aussi comment Paul Seixas va encaisser tous les efforts consentits depuis le début de saison. Il faut quand même regarder la réalité. La réalité, c'est qu'un coureur comme Pogacar n'a que 5 jours de course aujourd'hui. C'est-à-dire que lui va se présenter au Tour de France bien plus frais que Paul Seixas. Il a l'expérience de ses victoires passées, il a l'expérience de ses saisons passées, donc évidemment que si Paul Seixas se lance dans le Tour de France, on n'attend pas une victoire à Paris, à moins de circonstances de course exceptionnelles. Mais si on a un déroulement de Tour de France normal, je pense que ça va être plus un Tour de France de découverte, d'enrichissement, pour aller faire un beau classement général et puis surtout gagner des étapes.

Parce que je pense qu'aller titiller Pogacar en troisième semaine de Tour de France, ça paraît surréaliste aujourd'hui. Je pense que si Seixas est capable de mettre en difficulté Pogacar sur une troisième semaine de Tour de France, il y a quand même beaucoup de personnes qui ne comprendraient plus rien au cyclisme.

 

Alors, on parle physiquement, est-ce qu'il serait capable de tenir une troisième semaine face à Tadej Pogacar maisil y a aussi médiatiquement, est-ce qu'il serait capable, est-ce qu'il est prêt à faire un Tour de France ? On sait que médiatiquement, le Tour de France est quelque chose de vraiment à part, et vous l'avez vécu à de nombreuses reprises, notamment avec le maillot jaune. Il serait peut-être amené à porter le maillot jaune dès une première participation. Est-ce que vous pensez qu'il est prêt pour tout ça ?

Alors, il donne l'impression d'être prêt. Je pense que quand on le voit aux interviews, il se comporte parfaitement, il n'y a pas de soucis par rapport à ça. Je pense qu'il gère vraiment bien la pression. Maintenant, la pression du Tour de France, c'est quand même vraiment autre chose, et je pense que vous avez raison sur le fait que toute la tension médiatique serait sur ses épaules. Et je pense que quand on a 19 ans, on le prend bien sur une première partie de Tour de France, mais ça peut devenir pesant aussi.

Là, par exemple, sur une Flèche Wallonne, il y a une grosse pression médiatique la veille, le jour de la course, et puis c'est terminé. Sur le Tour de France, le lendemain, on recommence, on en remet une couche, et puis rebelote pendant trois semaines. Je pense que ça aussi, c'est une composante qu'il faut prendre en compte. Mais encore une fois, je pense que si Decathlon CMA CGM, prend la décision de mettre Paul Seixas au départ du Tour de France, c'est plus pour une découverte, un apprentissage, et puis tout ce qui va se passer sur le Tour de France sera du bonus.

Quand on était au mois d'octobre et que Christian Prudhomme présentait le parcours du Tour de France 2026, on n'imaginait pas un seul instant qu'on allait parler aujourd'hui sur une hypothétique participation de Paul Seixas pour, pourquoi pas, aller faire un top 5, ou même un podium. C'est exceptionnel, c'est du jamais vu, on l'a déjà beaucoup écrit, et je crois que maintenant, il faut prendre un peu de recul, il faut réfléchir, et encore une fois, pas forcément pour se dire, si on le met au Tour de France, on va lui griller les ailes, parce que si on le met à la Vuelta, il va y aller avec la même volonté. Maintenant, il est clair que si Paul Seixas dispute le Tour de France, sa saison risque d'être terminée au soir de l'arrivée à Paris, parce qu'on ne va pas insister à le faire courir encore au mois d'août, au mois de septembre, mais je pense que c'est envisageable.

 

On sait que le cyclisme français cherche son champion depuis Bernard Hinault et 1985, on connaît un petit peu le chauvinisme à la française du côté médiatique, est-ce qu'on n'en fait pas trop, quand même ?

On en fait beaucoup, mais je pense que n'importe quel pays en ferait autant avec un champion de la trempe de Paul Seixas .Ce qu'on vit depuis le début de saison, c'est exceptionnel, c'est inattendu. Je l'ai observé sur les Strade Bianche, je me suis dit, mince, il marche quand même bien le gamin. Et puis, à chaque apparition, il confirme et il enfonce un petit peu plus le clou. Forcément, la presse, elle s'emballe. On voit maintenant un potentiel rival de Pogacar pendant le mois de juillet. Attention, il y a quand même d'autres clients, mais je pense qu'il rentre dans le cyclisme par la grande porte, chapeau.

Il est dans une phase de découverte. Il y a forcément dans une carrière des moments qui sont toujours plus ou moins difficiles. Ce n'est pas toujours linéaire. On ne fait pas que progresser chaque année. On verra sur les prochaines saisons. Je pense que pour Paul Seixas, il faut vraiment profiter de la condition qu'il a en ce moment parce que ça peut aussi, de temps en temps, ne pas durer. On a vu, j'étais triste de voir Marc Hirschi encore chuter mercredi à la Flèche Wallonne parce qu'on le voit chuter à l'Amstel, on le voit rechuter à la Flèche et on se dit que, par exemple, un coureur comme Paul Seixas, tout lui sourit. Pour l'instant, tout va bien.

Il n'a pas de problème mécanique, il n'est pas pris dans des chutes, rien du tout. Donc, qu'il en profite un maximum parce que dans le cyclisme, de temps en temps, sans le vouloir, on traverse des périodes plus compliquées, plus difficiles avec des pépins de santé, des douleurs aux genoux, etc. Donc, qu'il en profite.

 

"On ne pouvait pas imaginer rivaliser avec Museeuw quand je suis arrivé dans le peloton"

Il a 19 ans et on le met déjà parmi les principaux protagonistes du prochain Tour de France. Vous, vous avez commencé votre carrière à 23 ans. Où est-ce qu'elle se trouve cette différence ? Pourquoi les carrières commencent quasiment 5 ans plus tôt maintenant ?  Parce qu'on parle de Paul Seixas, mais il y a aussi Isaac Del Toro qui sera sur le prochain Tour de France et qui n'est pas beaucoup plus vieux que Paul Seixas.

J'ai passé quelques années à faire des études d'ingénieur, donc je ne pouvais pas passer professionnel à 18 ans. C'est l'année du bac, on ne peut pas passer pro. Je crois que le cyclisme, il a complètement changé. Les sommes aujourd'hui qui sont en jeu dans le cyclisme, elles poussent quand même les jeunes à se sacrifier au maximum. Donc on voit, comme dans le foot, on voit des jeunes de 15-16 ans déjà être repérés par des agents, être vraiment pris en main par des entraîneurs, se présenter sur des courses, et puis dès que l'opportunité se présente de passer professionnel, ils la saisissent.

Voilà, je pense que c'est la raison pour laquelle aujourd'hui on voit toutes ces pépites qui ont 19, 20, 21 ans, et on ne les voyait peut-être pas par le passé, parce que les sommes qui étaient en jeu dans le cyclisme, elles étaient beaucoup moins importantes, et les parents, comme les miens, disaient « il vaut mieux que tu fasses des études, essaie de t'assurer un métier à côté ». Sauf qu'aujourd'hui pour trouver un métier qui paie autant qu'un champion cycliste, il faut déjà bien s'accrocher quand même. Et puis, après, il y a aussi des structures françaises qui ont beaucoup travaillé ces derniers temps, des équipes continentales qui mettent la main sur ces jeunes, qui leur offrent aussi une infrastructure pour leur permettre de progresser.

Et je pense qu'aujourd'hui, on a du coup beaucoup de jeunes qui sont dans le peloton international, qui s'imposent. Avant, il fallait attendre deux, trois ans, faire ses gammes. On ne pouvait pas imaginer arriver dans le peloton et rivaliser tout de suite avec Yoann Museeuw.  il fallait apprendre, il fallait découvrir.Aujourd'hui, les jeunes sont décomplexés, ils foncent. Maintenant, je pense que ça va avoir aussi un effet sur les longueurs de carrière. Il ne faut pas se leurrer. Quand on passe professionnel à 19 ans, on ne peut pas, à 43 ans, comme Domenico Pozzovivo, encore être dans le peloton professionnel. C'est-à-dire que quand on fait des sacrifices au plus haut niveau, 10 ans, c'est quand même un laps de temps qui est assez long. Donc, faites-le compte, quelqu'un qui passe à 19 ans, si pendant 10 ans, il a le pied au plancher, à 29 ans, ça devient compliqué pour lui.

 

Vous parlez des équipes françaises. On a l'impression qu'il n'y a qu'une seule équipe française actuellement, c'est Decathlon CMA CGM. On n'entend plus trop parler des autres, malheureusement.

Je pense que ce n'est pas simplement le problème des équipes françaises, c'est le problème de toutes les équipes. Aujourd'hui, on parle de 4-5 équipes : Celle de Pogacar, celle de Seixas, celle d'Evenepoel, celle de Van Der Poel et peut-être celle de Van Aert. Et puis après, les autres, elles sont quand même en difficulté. Ça peut leur poser aussi un problème vis-à-vis de leurs sponsors parce qu'un sponsor veut de la visibilité.Dans le cyclisme, on le sait, on sponsorise une équipe avant tout pour avoir de la visibilité. Il n'y a pas de business model comme dans le football où on peut vendre un joueur, on en rachète, on vend des billets au stade, on vend du merchandising, etc. 

Le sponsor, aujourd'hui, il décide d'investir dans une équipe parce qu'il veut de la visibilité à la télévision. Et quand on fait un petit flashback sur ce qui s'est passé depuis le début de saison, on a quand même souvent vu les mêmes maillots à la télévision. Donc, ça peut poser un problème. Et comme vous le dites bien, pour les autres équipes françaises aussi, c'est difficile de se faire une place parce qu'aujourd'hui, tout est monopolisé par Paul Seixas et Decathlon CMA CGM. Mais voilà, j'espère simplement qu'à un moment donné, Romain Grégoire ou Kevin Vauquelin vont réussir à passer un cap et puis vont peut-être dépasser Seixas et on va parler un petit peu plus de ces équipes.

 

"Sa participation au Tour de France dépendra du devenir de Paul Seixas"

Si Cédric Vasseur lit dans sa boule de cristal, que va annoncer la semaine prochaine, puisque on devrait savoir normalement la décision de Decathlon CMA CGM concernant Paul Sexas sur le Tour de France en juillet prochain ? 

C'est difficile. Je ne suis pas dans le secret des discussions. Je pense que ça va dépendre aussi du devenir de Paul Seixas. Il faut savoir qu'il est fin de contrat fin 2027. J'imagine que dans les discussions de participation ou de non-participation, on parle aussi de prolongation de contrat. C'est normal. On a envie de s'engager avec des champions comme Seixas, comme Pogacar. On le voit, les équipes s'engagent au minimum sur 5 ans. Je pense qu'aujourd'hui, ça doit beaucoup discuter.

Mais si je dois me prononcer, si c'est la semaine prochaine, je vais essayer de me lancer. Je pense que l'équipe Decathlon CMA CGM annoncera la participation de Paul Seixas au Tour de France 2026.

 

Et donc ça voudrait dire pas de Championnats du Monde et pas de Tour de Lombardie derrière, puisque vous aviez parlé d'une potentielle fin de saison après le Tour de France ?

Je crois que ce qu'il faut, c'est regarder aussi les retombées médiatiques d'une participation au Tour de France. C'est vraiment important et je crois qu'aujourd'hui, l'équipe Decathlon CMA CGM, et peut-être plus Decathlon que CMA CGM, a envie d'avoir de la visibilité sur le Tour de France. Imaginez un seul instant, pour les partenaires de cette équipe, le retour en visibilité si Paul Seixas est au départ du Tour de France par rapport à une situation où il n'y est pas. Je pense qu'aujourd'hui, on doit vraiment peser le pour et le contre. On peut aussi imaginer que Paul Seixas se lance dans le Tour et qu'à mi-Tour de France, l'équipe prend la décision de se dire que ce n'est pas raisonnable de continuer.

Il abandonne le Tour et ce ne serait pas un drame d'abandonner le premier Tour de France. J'ai entendu Marc Madiot, j'ai entendu Cyril Guimard, dire que si Paul Seixas devait participer, il faut qu'il soit en mesure de gagner sur sa première participation. Je pense que c'était vrai il y a quelques années, notamment par exemple Bernard Hinault, il avait un beau maillot bleu-blanc-rouge. Je vois bien aussi Paul Seixas devenir champion de France cette année, parce que le Championnat de France est à La-Tour-du-Pin, ce n'est pas très loin de chez lui, c'est un circuit sélectif, difficile, et quand on voit la facilité avec laquelle il s'est débrouillé sur les premières courses de l'année, il ne serait pas surprenant de voir Paul Sexas endosser le maillot bleu-blanc-rouge fin juin. Donc imaginez la pépite française, celle qui porte le maillot bleu-blanc-rouge, c'est difficile de se dire qu'on ne le met pas au Tour de France. Honnêtement, je pense que la décision de le mettre doit être logique. 

On peut décider aujourd'hui de le mettre, et si on voit qu'au Critérium du Dauphiné en juin, ça ne va pas très bien, on peut aussi faire marche arrière, et ce ne sera pas le premier coureur à changer d'avis une semaine ou deux semaines avant le Tour de France. Mais je pense qu'aujourd'hui on doit quand même lui tendre la main, lui dire, vas-y, il se fait plaisir. Je pense vraiment que pour la France entière, ça serait bien de le voir au départ du Tour.

 

"Ce n'est pas la retraite... "

Pour conclure, Cédric, on parle un peu de vous ? Ce n'est pas la retraite, rassurez-nous.

Non, ce n'est pas encore la retraite. Évidemment, comme j'ai quitté mes fonctions fin 2025, la saison 2026 est plus une saison d'observation. Comme vous pouvez l'imaginer, je suis quasiment toutes les courses du calendrier, je regarde ce qui se passe. Je n'hésite pas à donner mon avis. Ce qui me fait souvent aussi marrer, c'est de voir des gens commenter, alors qu'ils n'ont jamais fait les courses. Je pense que quand on a fait Liège-Bastogne-Liège, quand on a fait la Flèche Wallonne, quand on a fait Paris-Roubaix, quand on a fait le Tour de France... on a quand même un avantage par rapport à ceux qui n'ont jamais participé. 

Comme hier, par exemple, je suis quand même surpris de la moyenne qui est écrasante, 44 km/h de moyenne sur Liège. J'ai dû disputer, je pense, 6 ou 7 Lièges-Bastogne-Liège dans ma carrière et jamais je n'aurais imaginé qu'on puisse disputer cette course à plus de 44 km/h de moyenne. Je crois qu'aujourd'hui, le cyclisme a complètement changé. C'est pour ça que je l'observe, je regarde un peu les choses évoluer dans ce milieu et puis quand une opportunité se présentera, je n'hésiterai pas à enclencher la marche avant et puis à revenir dans le milieu.

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