GP La Marseillaise - Jean-Luc Correard: «Le parcours va changer... la course aussi»
Par Titouan LABOURIE & Benoît GILLES le 16/01/2026 à 11:00
À l’occasion de la présentation officielle de la 48e édition du Grand Prix cycliste de Marseille – La Marseillaise, Jean-Luc Correard, nouveau directeur de course, s’est confié au micro de Cyclism’Actu. À quelques semaines du coup d’envoi de la première épreuve professionnelle du calendrier français, il détaille les choix forts opérés pour cette édition 2026, revient sur la suppression de la route des Crêtes et évoque les enjeux sportifs, médiatiques et symboliques de cette course d’ouverture.
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"Les deux dernières éditions ont été marquées par des chutes graves..."
Vous êtes le nouveau directeur de course du Grand Prix cycliste de Marseille – La Marseillaise. Comment se présente cette 48e édition, programmée le 1er février prochain ?
Elle se présente très bien. Nous avons un joli plateau au départ, un parcours magnifique qui relie, comme chaque année, le nord et le sud de Marseille. Tous les voyants sont au vert pour faire de cette 48e édition une grande réussite et une superbe ouverture de saison.
Le principal changement concerne la suppression de la route des Crêtes, notamment pour des raisons de sécurité. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Malheureusement, les deux dernières éditions ont été marquées par des chutes graves dans la descente de la route des Crêtes. Ces accidents ont amené la Ligue Nationale du Cyclisme et les équipes à s’interroger sur l’utilité et la nécessité d’emprunter cette portion de route, magnifique certes, mais dangereuse pour les coureurs. Après réflexion, et dans l’idée également de redonner du mouvement à l’épreuve, nous avons pris la décision d’innover. Nous avons étudié plusieurs options, notamment le sens de passage, avant de décider de ne plus emprunter la route des Crêtes. L’objectif est de proposer une course différente, avec une arrivée devant le stade Vélodrome. Si nous assistons à un sprint royal sur le boulevard Michelet, ce sera la meilleure preuve que notre pari est réussi et que, même sans la route des Crêtes, la course a tenu toutes ses promesses.
La route des Crêtes faisait souvent office de juge de paix. Son absence va donc modifier la physionomie de la course ?
Oui, totalement. C’était effectivement le juge de paix, le moment que tout le monde attendait. Mais juge de paix ne signifiait pas forcément vainqueur à l’arrivée. On s’est souvent rendu compte que le premier au sommet ou à la sortie de la route des Crêtes n’était pas celui qui levait les bras, que ce soit à Château-Gombert ou devant le stade Vélodrome. La philosophie de la course va donc évoluer. Elle pourra se jouer plus loin, peut-être dans le final, ou même avant, avec un grand groupe qui se détacherait dès l’Espigoulier. La composition du peloton, légèrement différente cette année, peut aussi favoriser un scénario totalement nouveau.
La présentation de ce 48e GP La Marseillaise
"Daniel Mangeas ? S’il y a quelqu’un d’excité à l’idée de revenir..."
C’est l’ouverture de la Coupe de France et, pour vous, une première dans ce rôle. Ressentez-vous une forme d’excitation, comme les coureurs ?
Je parlerais plutôt d’un formidable challenge. Cela fait près de 50 ans que je suis dans le monde du vélo. Quand j’étais gamin, à 15 ou 16 ans, j’allais voir le départ du Grand Prix de La Marseillaise à Gardanne. Me retrouver, près de 48 ans plus tard, aux manettes du côté sportif de l’une des premières épreuves de la saison, c’est quelque chose de très fort. Bien sûr, il y a un énorme travail réalisé par le comité d’organisation, mais pour moi c’est une immense fierté, une vraie excitation, et j’ai hâte d’être au 1er février.
Parmi les nouveautés, il y a aussi un nouveau diffuseur, la chaîne NOVO19. Savez-vous qui sera aux commentaires ?
Non, je ne le sais pas encore. Le Grand Prix de Marseille – La Marseillaise fait partie de ce qui était la Coupe de France FDJ, désormais rebaptisée FDJ United Series. La Ligue Nationale de Cyclisme a signé un partenariat de trois ans avec NOVO19, une chaîne du groupe Ouest-France. Ce que je peux dire, c’est que le direct sera de grande qualité. Et puis Ouest-France, c’est la Bretagne, la Bretagne c’est une terre de vélo. Que les Bretons découvrent ou redécouvrent le Grand Prix de Marseille – La Marseillaise, c’est quelque chose de formidable.
Cette 48e édition marquera aussi le retour de Daniel Mangeas en tant que speaker
Oui, et nous en sommes très heureux. Il y a un an, à 24 heures du départ, nous avions appris son accident, et cela nous avait tous profondément touchés. Je l’ai revu il y a un mois et je peux vous assurer que s’il y a quelqu’un d’excité à l’idée de revenir, c’est bien lui. Il m’a dit qu’il essayait de se calmer… mais je ne le crois pas une seconde.

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