4 Jours de Dunkerque - Eric Marchyllie : «Je pense que le bilan est extraordinaire»
Le directeur des 4 Jours de Dunkerque est heureux du déroulement de cette 70e édition ! La course nordiste s'est achevée ce dimanche par la victoire de Jordi Meeus (Red Bull-BORA-hansgrohe) au sprint, tandis que son coéquipier, Laurence Pithie, remportait le classement général après avoir porté le maillot de leader de bout en bout. Au micro de Cyclism'Actu, Eric Marchyllie, directeur de la course, est revenu sur cette édition au bilan "extraordinaire".
"Il faudra réfléchir à quelque chose de moins compliqué"
Quel bilan vous tirez de cette belle semaine ?
Ce n'est pas bien de dire que je pense que le bilan est extraordinaire, mais on a presque envie de le dire quand même. Je pense que c'était l'une des meilleurs éditions de ces dernières années. Cédric Vasseur a tout résumé quand il a dit qu'on était revenus aux 4 Jours de Dunkerque d'antan, quand on avait des grands coureurs, quand on avait des belles étapes. Moi avec les équipes, ça fait 4 ans que je suis arrivé, je me suis battu pour continuer à progresser. Apparemment, ça marche.
Pour moi le côté positif, au-delà de la course et des vainqueurs, c'est qu'on a eu énormément de contact avec les villes, on a eu beaucoup de contact avec des sponsors et que dans ma valise de représentant de commerce, il y a beaucoup de choses que je vais travailler durant le mois de juin.
Vous pensez qu'il y a un mouvement qui est en train de se créer, on pense qu'il y a pas mal de villes qui ont déjà fait des approches pour les années qui viennent... Vous sentez qu'il y a une dynamique qui se crée ?
Au regard de l'environnement économique et politique, je craignais un petit peu et je suis surpris parce qu'on aura jamais eu autant de villes qui faisaient leurs demandes à ce moment-ci. Donc c'est surprenant mais tant mieux, je ne vais certainement pas m'en plaindre.
Maintenant il faut parler des éditions à venir, qu'est-ce que vous pouvez en dire ? Révèlez-nous quelques petites choses.
C'est encore fort tôt, je sais que vous aimez bien les scoops mais je ne vous en donnerez pas beaucoup... Ce que j'ai entendu, c'est beaucoup sur le circuit des pavés. On a quand même gêné énormément de monde parce qu'on a quand même enclavé une ville en semaine et j'avoue que j'ai eu des appels, j'ai regardé pas mal de choses... Je pense qu'aujourd'hui on ne peux plus trop se permettre cela parce qu'on va se mettre des gens à dos. Donc il faudra peut-être que l'on réfléchisse pour que l'on soit dans quelque chose qui soit moins compliqué.
Laurence Pithie lauréat de la 70e édition des 4 Jours de Dunkerque
"Laurence Pithie est un grand champion"
Dans le nord on a une très grande course qui est Paris-Roubaix, on a des courses de monts... Est-ce que les 4 Jours de Dunkerque sont en train de faire une synthèse de tout cela ?
Bien sûr. Quand j'ai repris les 4 Jours de Dunkerque, la première chose que j'ai faite ça a été d'appeler les directeurs sportifs, leur demander ce qu'ils pensaient des 4 Jours, comment ils voyaient les choses. Ils m'ont répondu : "pour nous les 4 Jours de Dunkerque ce sont les pavés, pourquoi vous n'en faîtes pas ?" Mais à l'époque on disait que les pavés allaient abimer les vélos. Ça ne rentrait pas dans ma conception des choses donc j'ai changé les choses et que je crois que ça a réussi.
Est-ce que ces pavés pourraient servir de théêtre à la classique ?
Aujourd'hui ce n'est pas dans ma reflexion parce que ce serait peut-être nous priver d'une belle étape de pavé d'une part, et d'autre part, je pense que la classique doit être une belle course, très vallonnée, de costauds. Donc me priver d'une étape de pavés en semaine, je ne suis pas trop pour. Par contre, il faut qu'il se passe quelque chose sur cette classique et ce n'est pas une course qui doit se terminer au sprint.
Un dernier mot sur le vainqueur de cette année, Laurence Pithie, super coureur mais qui a gardé le rose en s'accrochant vraiment tous les jours
Oui hier (au soir de la 4e étape) je lui ai posé la question en disant : "demain, à l'aise ?", et il m'a dit "non parce qu'il y a 7 secondes, la course n'est pas faite". Quand on l'a vu se battre autant dans les zones pavées (3e étape), où il y a un moment il avait plus d'une minute de retard, on l'a vu revenir et il fait deuxième. Quand on l'a vu dans Cassel (4e étape) se battre aussi, il est tout seul à mener la chasse, les autres le laissent faire, ce qui est normal. C'est un grand champion et on aura l'occasion de le voir dans beaucoup d'autres courses et il en gagnera encore très certainement. Mais pour nous, c'est une certaine fierté, ça fait partie des grands noms qui ont gagné les 4 Jours de Dunkerque.
