Tour d'Espagne - Guillaume Martin : «La Vuelta en Italie, c'est un peu bizarre...»

Par Arthur DE SMEDT le 22/08/2025 à 20:06. Mis à jour le 23/08/2025 à 09:07.
Tour d'Espagne - Guillaume Martin : «La Vuelta en Italie, c'est un peu bizarre...»
Photo : @Cyclism'Actu / CyclismActu.net

Marqué par un Tour de France frustrant et sans réponses à ses difficultés, Guillaume Martin-Guyonnet retrouve La Vuelta avec l’envie d’aborder les choses différemment. Le grimpeur de la Groupama-FDJ veut courir libéré, offensif, et pourquoi pas viser le général si l’occasion se présente. Aux côtés de David Gaudu, pour la première fois réunis sur un même Grand Tour, il espère redonner de l’élan à sa saison et préparer au mieux la fin d’année, avec en ligne de mire les Mondiaux au Rwanda.

Vidéo - Guillaume Martin-Guyonnet en conf de presse avant La Vuelta

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"J'ai fait une prise de sang et..."

On t’avait quitté à la fin du Tour marqué, déçu, presque dans l’incompréhension face à tes difficultés. Avec du recul, as-tu compris ce qui n’avait pas fonctionné ?

Guillaume Martin-Guyonnet : Oui, dès le mardi qui a suivi le Tour, j’ai fait une prise de sang. Elle a révélé que certaines valeurs biologiques étaient assez basses – rien de catastrophique, mais sur un Tour comme celui-ci, je n’avais pas besoin de ça. Ça peut expliquer en bonne partie pourquoi mes sensations n’étaient pas du tout au niveau de mes attentes. Depuis, j’ai fait une prise de sang de contrôle, et les choses sont revenues dans l’ordre. Donc j’ai l’espoir de retrouver des sensations différentes sur la Vuelta.

 

Quels sont tes objectifs ? Joueras-tu le classement général ?

Je ne me fixe pas le général comme un objectif absolu. Si ça se présente, pourquoi pas. Mais ce que je veux, c’est courir relâché. Ce n’est pas incompatible avec de l’ambition, mais je veux vivre une Vuelta offensive, à l’image de celle de 2020 où j’avais pris beaucoup de plaisir avec le maillot de meilleur grimpeur et de nombreuses échappées.

 

Tu vas enfin courir ta première course en duo avec David Gaudu : une association prometteuse ?

On a beaucoup parlé durant l’hiver de notre association avec David. Finalement, ce sera la première course qu’on fera ensemble cette saison. On aurait dû courir ensemble avant, mais il a été freiné par des chutes en début d’année. Avoir deux grimpeurs dans le final des étapes de montagne, c’est forcément intéressant. Il y a plusieurs options tactiques qui peuvent s’ouvrir à nous. Mais le préalable, c’est qu’on soit tous les deux à notre niveau. On arrive chacun avec des interrogations sur notre forme, mais sur le papier, on peut faire de belles choses.

Je n’oublie pas le reste de l’équipe : on a un collectif très complet. La Vuelta est toujours très montagneuse, mais on a aussi Thibaud Gruel qui peut performer sur les sprints ou les arrivées punchy. Et on a plusieurs coureurs capables d’aller chercher des étapes via les échappées. On est bien armé pour cette Vuelta.

 

"Un peu étrange de démarrer La Vuelta en Italie"

Il y a comme un parfum de Giro pour ce Grand Départ de Turin… c'est un sentiment spécial de partir d'Italie en ce mois d'août pour la Vuelta ?

C’est un peu étrange, oui. Pour moi, la Vuelta rime avec Espagne. J’ai hâte d’être sur la péninsule. Je ne suis pas fan des longs déplacements en avion en plein Grand Tour, mais dans quelques jours, on sera en Espagne pour la vraie Vuelta.

 

Le chrono par équipe : ton avis ?

Ce n’est pas ma tasse de thé, mais je préfère un chrono par équipes à un chrono individuel. C’est un exercice très technique, très stressant car tout va très vite. On l’a travaillé dans l’hiver, et on l’a retravaillé récemment avec l’équipe. Il y a un vrai savoir-faire chez nous. Je trouve ça bien de garder ce type d’épreuve ponctuellement, ça apporte de la variété et du spectacle.

 

Et les Championnats du monde au Rwanda fin septembre, tu y penses ?

C’est un objectif. Ce sera un Mondial historique, sur le continent africain, avec un profil très difficile : 5500 m de dénivelé, altitude, chaleur… Sur le papier, ça peut me convenir. Mais pour y être, il faut réussir sa Vuelta. Donc je me concentre sur ça d’abord.

 

"Ne pas subir la course comme sur le Tour de France"

Quel a été ta préparation entre le Tour et La Vuelta ?

J’ai passé quatre semaines en Normandie, à part un week-end dans l’Est pour des critériums. L’idée était surtout de bien récupérer. Je n’ai pas voulu me surcharger en entraînement, ni repartir en montagne. J’ai profité de mes terres. Il faisait chaud, même si on était la seule région pas en alerte. C’était plus agréable et propice à une vraie récupération.


Question un peu hors-sujet : que t’inspire l’arrêt du CC Étupes en N1 ?

J’ai vu passer l’info, oui. C’est une page qui se tourne, mais ça suit l’évolution logique de la formation dans le cyclisme, avec les équipes continentales de réserve. Étupes va continuer à se concentrer sur les juniors. Je me sens très redevable envers ce club et les gens qui m’ont accompagné dans mes deux années avant le monde pro. D’ailleurs, j’ai eu l’occasion de retourner au critérium d’après-Tour là-bas il y a trois semaines. C’était très nostalgique : revoir les routes d’entraînement, les anciens appartements, les personnes du club… un vrai retour aux sources.

 

Une Vuelta réussie, ce serait quoi pour toi ?

Pour moi, c’est d’abord dans l’attitude, pas uniquement dans le résultat. Être acteur de la course, me faire plaisir, ne pas la subir comme sur le Tour de France… Je pense que les résultats viennent avec une bonne attitude. Donc une Vuelta offensive, où je prends du plaisir, ce serait une Vuelta réussie.

 

Et la concurrence sur cette Vuelta ?

Il y a deux équipes que je n'ai pas besoin de citer, voire trois avec Lidl-Trek, qui dominent le plateau. Mais contrairement au Tour, la Vuelta est souvent plus ouverte. Ces équipes peuvent se livrer davantage selon la physionomie de course. Il y aura une grosse densité de grimpeurs. Tous ne joueront pas le général, donc certaines étapes devraient voir des échappées très relevées. Chaque étape sera disputée. C’est le cyclisme moderne : il n’y a plus vraiment de moments de relâche.

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