INTERVIEW - Jürgen Foré : «Magnier ? Son nombre de victoires montre son potentiel»
Présent lors du Média Day de son équipe, Jürgen Foré, patron de la formation Soudal Quick-Step, s'est confié au micro de Cyclism'Actu sur les objectifs qu'il a fixé à ses coureurs pour 2026. Il explique que l’équipe a su se réinventer après le départ de Remco Evenepoel en misant sur un collectif solide, ambitieux et capable de gagner aussi bien sur les classiques que sur les Grands Tours. Il affiche une grande confiance dans le potentiel de Paul Magnier, qu’il voit évoluer progressivement vers des victoires plus prestigieuses, avec l’objectif à terme de briller sur les Monuments.
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"On a beaucoup gagné en 2025, mais on peut toujours faire mieux"
Bonjour Jürgen, vous avez abordé la saison sans Remco Evenepoel, mais avec un effectif très complet. Vous avez plus d'options qu'avant ?
Oui, c’est vrai. On a bien recruté sur le marché l’année passée. Je suis heureux parce que tous les coureurs qu’on a engagés sont ici par choix. De notre côté, on a bien travaillé pour renforcer l’équipe, lui donner plus d’énergie et mieux entourer les coureurs déjà présents. J’ai beaucoup de confiance en l’équipe pour l’année à venir.
Est-ce possible de faire mieux en 2025 ?
En sport, c’est toujours possible de faire mieux. On a gagné beaucoup en 2025, 54 victoires, et ce n’est pas simple de gérer un tel total. Mais il faut rester ambitieux. Si je peux échanger quelques victoires contre un peu plus de qualité, je le ferai volontiers. On n’a pas gagné sur le Giro ni sur certaines grandes courses d’un jour, et j’aimerais ajouter une victoire d’étape sur un Grand Tour, ainsi que des succès sur des classiques importantes.
"L’objectif est d’avoir une équipe capable de gagner partout"
L’ADN de l’équipe a changé : vous n’êtes plus construits autour d’un seul grand leader, mais autour de plusieurs bons coureurs. Ça change votre approche ?
Oui, on a perdu une superstar, un coureur exceptionnel, et on le remercie pour ce qu’on a vécu ensemble. Mais cela ouvre aussi des opportunités : élargir l’effectif, investir différemment, recruter des coureurs solides, expérimentés ou plus jeunes. On a aussi prolongé des coureurs comme Paul Magnier et Valentin Paret-Peintre, une génération française en laquelle on croit beaucoup. L’enjeu, c’est de les entourer le mieux possible.
Est-ce que l’ADN “classiques” de l’équipe est toujours là ?
Oui, totalement. Je ne suis pas nostalgique. On a analysé la situation avec nos sponsors, et gagner sur les Grands Tours est très important pour eux. Mais une équipe capable de gagner sur les Grands Tours peut aussi gagner dans les sprints et sur les courses d’un jour. On a beaucoup de courses importantes en Belgique, mais aussi en France, en Italie, au Canada. L’objectif est d’avoir une équipe capable de gagner partout.
"Mon rêve ? Qu'on gagne sur un monument"
Les flandriennes restent donc centrales dans votre culture ?
Oui. C’est notre ADN : des courses dures, exigeantes, pour les flandriens. L’an dernier, on a été touchés par les blessures et on n’a pas été aussi performants qu’on le souhaitait. On a donc renforcé le staff avec des personnalités fortes et expérimentées. L’équipe, ce n’est pas seulement les coureurs, ce sont aussi les gens qui les entourent.
Quel est votre rêve personnel en tant que manager ?
Gagner un monument. Si tu ne vises pas très haut, tu ne gagnes rien d’exceptionnel. L’objectif est d’être compétitif sur les monuments, cette année et dans les années à venir.
Face à des coureurs comme Van der Poel ou Pogacar, est-ce vraiment possible de gagner ?
En sport, tout est possible. Ils n’ont que deux jambes et un cœur. Si une équipe est bien préparée, prête à se battre, alors tout peut arriver. C’est la beauté de notre sport. On a 286 jours de course par an, il faut toujours y croire.
"Paul est un super athlète, un vrai leader"
Pensez-vous qu’un coureur comme Paul Magnier peut briller un jour sur le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix ?
J’en suis convaincu. Il faut avancer étape par étape avec Paul. Il a 21 ans, c’est déjà un super athlète et un vrai leader. C’est un plaisir de travailler avec lui, mais il faut aussi se rappeler son âge. Il va encore progresser.
Après une saison à 19 victoires, est-ce que la suite peut être plus compliquée pour lui ?
19 victoires, c’est fantastique. Beaucoup de coureurs ne gagnent jamais une seule course. Et il ne gagne pas n’importe lesquelles : il s’impose sur des courses de très haut niveau. de nombreusent victoires montrent son potentiel : des échappées, des finish en solo, de l’intelligence de course, ... C’est très révélateur.
Quel sera l’objectif pour la suite de sa carrière ?
Peut-être un peu moins de courses, mais à un niveau plus élevé. On veut lui donner des opportunités de gagner, parce qu’il aime gagner. Naturellement, il évoluera vers des victoires plus prestigieuses. C’est une progression logique, et je pense qu’il a clairement le potentiel pour ça.

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