Interview
Interview - Aurélien Passeron : 'Je suis sans équipe' Photos : Facebook Aurélien Passeron

Interview - Aurélien Passeron : "Je suis sans équipe"

 

Cyclism'actu est allé à la rencontre d'un coureur au destin bien différent des standards cyclistes. Sur les hauteurs de l'arrière-pays niçois, nous avons retrouvé Aurélien Passeron. Coureur atypique qui n'a pas peur des mots, il s'est confié sur son vécu, ainsi que sur ses nouvelles attentes dans le monde du vélo. Entrevue sans langue de bois avec un coureur de caractère.

 

Aurélien., vous avez quelque peu disparu du circuit européen... Qu'avez-vous à dire à la planète vélo ?

Je suis sans équipe, un peu dans le flou en ce moment. Mon intention est d'aller au Costa Rica, courir en Amérique latine. 

 

Une situation que vous avez déjà vécue dans le passé... Est-ce plus facile à gérer maintenant ?

Oui, c'est évident. J'ai déjà couru chez Wonderful Pistachios et chez Predator puis chez Silber cette année...

 

Venons en au fait. Vous êtes un coureur au profil atypique dans le paysage cycliste français, engagé dans le durable. Mais que faites vous exactement ?

D'abord, il faut différencier l'écologique et le durable, il y a une nuance. Le durable comprend l'écologie mais d'autres valeurs aussi. C'est plus profond. Cette année je me suis rendu au Costa Rica pour commencer une formation avec la Charte de la Terre, un plan éducatif de développement durable.

 

 

D'où vous vient cette vision des choses ? Est-ce le fruit de vos voyages ?

A force de voyager, d'être confronté à la vie, on est amené à se poser des questions. En tant que cycliste on est parfois la tête dans le guidon et on ne se concentre que sur soi. J'ai eu des désillusions, des accidents, des chutes. En 2008 j'étais chez Saunier Duval, avec des personnes aux influences "mafieuses" on va dire. Puis alors que je tentais de créer une équipe les sponsors m'ont lâché, cela m'a amené à réfléchir, sur ce que c'était le cyclisme. Quand on n'a plus rien, on se pose des questions comme ça. Je suis passé d'un statut de coureur en recherche de performances et d'objectifs à un coureur hospitalisé proche de la paralysie avec deux vertèbres fracturées. Délicat. 

Tout s'accumule, la blessure, la médiatisation de Ricco, les managers que je qualifierais de...

 

Pas très regardants sur l'éthique ? 

En fait, manager n'est pas le terme approprié, il y a Mauro Gianetti dedans alors qu'il était une bonne personne. Il ne faut pas faire de généralité... Mon ancien mentor par contre lui, n'avait aucune éthique et quand je m'en suis aperçu, j'ai commencé à voyager à partir de là, vouloir changer de vélo.

 

Être ce coureur qui part aux quatre coins du monde, au début c'était une contrainte, mais maintenant, c'est peut-être ce qui vous plait le plus non ?

J'ai quand même envie de courir ici à domicile, sur Paris-Nice, sur le Tour, dans des équipes World Tour... Mais avec le temps, mes exigences se sont affinées et j'ai rencontré des gens avec une autre culture du cyclisme, avec la même vision des choses que moi. Ici en Europe on pense être le centre du monde, mais il y a bien d'autres cultures comme aux Etats-Unis avec les critériums, c'est cool de découvrir l'ambiance là-bas... Maintenant je veux découvrir le cyclisme en Amérique du Sud, il y a une belle ambiance, très populaire, plus authentique que ce que l'on peut voir ici où l'on voit des pièces de théâtre qui m'ont amené des désillusions. J'ai envie de voir autre chose.

 

Avant vous viviez grâce à votre passion et maintenant, vous vivez pour votre passion, explorant d'autres facettes du vélo...

Voilà, exactement. 

 

Vos choix ont très souvent été différents de ce que pouvaient faire les autres français, finalement.

Oui, c'est sûr. Je me suis toujours écouté. C'est prendre des risques que de sortir des sentiers battus, c'est s'exposer aux critiques. Parfois on dérange, mais pas parce que l'on fait quelque chose de mal, simplement parce qu'on ne fait pas comme les autres. On a beaucoup d'a priori quand on entend mon nom mais au fond... Les gens ne savent pas qui je suis. J'assume mes choix, j'assume le choix d'être Aurélien Passeron.

 

Après Saunier Duval, vous êtes un peu tombé dans l'oubli entre la chute et le flop de Teltek-H2O, c'est dur de s'en remettre ?

Cela m'a pris du temps pour cicatriser. Il y avait des personnes sans morale qui ont fait du tort au cyclisme et à moi-même. Aujourd'hui l'épisode est clos. J'étais dans le projet de mon ancien mentor puisque j'aimais son projet. J'étais bien avec Mauro Gianetti puisqu'il avait l'ambition chez Saunier Duval de faire quelque chose de nouveau avec son association qui avait pour objectif re réaliser des actions humanitaires et environnementales, et c'est à partir de là que j'ai commencé à réfléchir autrement. C'est lui qui a fait ce que je suis aujourd'hui. Je sais que Gianetti a eu des problèmes en France, je ne dis pas qu'il est victime ou responsable, chacun peut avoir son point de vue. Moi, je sais qu'il avait une autre vision. Le phénomène Ricco a fait exploser ce projet là et mon ancien mentor est arrivé avec ses mensonges et ses manipulations. Cela a causé du tort aux bonnes intentions de Gianetti. Suite à ça j'ai voulu continuer un projet avec les mêmes valeurs. J'ai toujours eu ce projet en tête, ne voulant pas retourner dans une équipe conventionnelle, préférant gagner des courses et attirer des sponsors au même état d'esprit que moi, dans un projet de cyclisme durable.

 

Vous avez l'air impliqué, votre vision des choses... La suite logique serait de créer une équipe.

Justement, j'ai posé quelques bases ici à Nice, avec un bureau de travail avec la même vision des choses pour bosser là-dessus. Il est moment pour moi de penser davantage à ce projet, cette structure, pourquoi pas avec une école de cyclisme pour inculquer de bonnes valeurs.

 

Des valeurs "durables" on imagine... Mais pour vous, qu'est-ce que le durable ?

Décrire comme ça, c'est long, avec plein de perspectives. La pratique durable, c'est sans dopage. C'est une première dynamique à avoir. C'est-à-dire être authentique avec une vision et une recherche de la performance par des moyens naturels, avec du bio, des produits sains. Ensuite, c'est inculquer un esprit de groupe, avec davantage de transparence, d'échange, de sociabilité. Et d'un point de vue environnemental, c'est mettre en place du recyclage, des actions pour l'environnement. Il y a tellement d'actions à mener. 

Ce serait avoir des sponsors avec le même état d'esprit, pas comme certains grands groupes industriels... Être dans l'innovation. On a des problèmes économiques en général. On recherche toujours plus, alors qu'il faudrait simplement être dans l'équilibre des choses...

 

En fait, manager n'est pas le terme approprié, il y a Mauro Gianetti dedans alors qu'il était une bonne personne. Il ne faut pas faire de généralité... Max Radoni par contre lui, n'avait aucune éthique et quand je m'en suis aperçu, j'ai commencé à voyager à partir de là, vouloir changer de vélo.

 

Être ce coureur qui part aux quatre coins du monde, au début c'était une contrainte, mais maintenant, c'est peut-être ce qui vous plait le plus non ?

J'ai quand même envie de courir ici à domicile, sur Paris-Nice, sur le Tour, dans des équipes World Tour... Mais avec le temps, mes exigeances se sont affinées et j'ai rencontré des gens avec une aultre culture du cyclisme, avec la même vision des choses que moi. Ici en Europe on pense être le centre du monde, mais il y a bien d'autres cultures comme aux Etats-Unis avec les critériums, c'est cool de découvrir l'ambiance là-bas... Maintenant je veux découvrir le cyclisme en Amérique du Sud, il y a une belle ambiance, très populaire, plus authentique que ce que l'on peut voir ici où l'on voit des pièces de théâtre qui m'ont amené des désillusions. J'ai envie de voir autre chose.

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Publié le par Benoit LAURENTI

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