Route - Paul Penhoët : «J'ai la chance de bien grimper donc...»

Par Jules STEPHO le 11/01/2026 à 10:40. Mis à jour le 13/01/2026 à 16:03.
Route - Paul Penhoët : «J'ai la chance de bien grimper donc...»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Présent lors de la cérémonie de présentation de son équipe, Paul Penhoët s’est confié au micro de Cyclism’Actu. Le sprinteur français est revenu sans détour sur une saison 2025 frustrante, marquée par un manque de puissance et plusieurs chutes. Il a évoqué le travail entrepris cet hiver pour franchir un cap en 2026, son rapport au risque et à la confiance, ainsi que l’évolution du sprint moderne. L’arrivée de Matteo Milan au sein de l’équipe et la concurrence interne ont également été abordées, entre émulation et ambition collective.

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"On va pas se mentir, la puissance manquait l'année dernière"

Paul, on a souvent évoqué ta frustration en 2025 après avoir levé les bras. Tu étais proche de la victoire, mais il manquait toujours un petit quelque chose. Qu’est-ce qui faisait défaut ? La puissance ?

Oui, je pense qu’il ne faut pas se mentir : la puissance manquait l’année dernière. C’est clairement quelque chose que j’essaie de gommer cet hiver pour pouvoir vraiment conclure en 2026, et de manière plus régulière.

 

Il y a aussi eu plusieurs chutes. Comment tu les expliques ? Comment tu les as vécues, et comment on fait pour repartir après ça ?

Ce n’est pas évident, c’est sûr. Il y a eu beaucoup de chutes, et des chutes assez lourdes, toujours sur le même genou. À chaque fois, ça met un coup d’arrêt dans la saison et dans la préparation qu’on se fixe pour les objectifs futurs. Je ne sais pas trop comment l’expliquer. Même les autres coureurs me disent souvent : « t’es malade, viens te replacer ». Dans les cinq derniers kilomètres, je n’y pense plus forcément. Mais quand tu es au sol après la chute, tu te dis : « putain, encore une… ». Quand ce n’est pas trop grave, le lendemain on repart, et si c’est un sprint, j’y retourne. Je pense que c’est une mentalité, un état d’esprit, mais je ne saurais pas vraiment l’expliquer.

 

 

On a parlé de ton travail avec la psychologue, Marie-Laure Brunet. Est-ce que c’est important pour un sprinteur ?

Ça dépend vraiment de la personnalité du sprinteur et de ce qu’on veut travailler. On est acteurs de ce travail-là. De mon côté, avec Marie-Laure, on ne travaille pas spécialement sur les chutes, parce que je n’ai pas de blocage par rapport à ça. C’est plutôt un travail sur la confiance, sur ce qu’on peut mettre en place en amont pour gagner : avec les coéquipiers, dans le décryptage de la course. Pour moi, tout se joue avant la course : comprendre ce qui va se passer et mettre en place les bonnes choses pour arriver le plus serein possible à l’arrivée.

 

Le profil des sprinters évolue, avec des coureurs capables de mieux passer les bosses. Est-ce quelque chose auquel tu penses, surtout avec des finales de plus en plus punchy ?

Oui, forcément. J’y pense. J’ai la chance d’être assez léger, donc de bien grimper, mais ça peut aussi m’handicaper un peu sur les sprints très purs. C’est à double tranchant. En revanche, je souffre moins en haute montagne, on l’a vu sur le Tour de France cette année. Sur les courses plus difficiles, je m’en sors mieux. Mais cette saison, j’ai quand même l’ambition d’aller plus vite au sprint. Ça passera peut-être par le fait de moins bien passer certaines bosses, au moins au début. Mentalement, ça ne me dérange pas de plus souffrir dans les bosses si, à l’arrivée, je vais plus vite et que je peux gagner des courses.

 

"Un seul sprinteur dans une équipe WorldTour, c'est trop peu"

Matteo Milan arrive dans l’équipe. Est-ce que tu vas chercher des conseils via son frère Jonathan Milan ?

Pas forcément. Matteo a son propre chemin en tête. Il est très focus. Il sait qu’il a un grand frère extrêmement talentueux, mais il trace sa route. Je pense qu’ils échangent entre eux, bien sûr, mais lui sait déjà où il veut aller, sans forcément se comparer à son frère.

 

L’équipe sprint a été renforcée. Concrètement, qu’est-ce que ça change dans ton travail ?

Déjà, l’arrivée de Mathéo est un gros plus. Un seul sprinteur dans une équipe WorldTour, c’est trop peu. Il y a largement assez de courses pour que tout le monde trouve sa place. Pouvoir jouer sur deux tableaux avec autant de sprints dans la saison, c’est vraiment positif. Lui aura aussi son train. On va échanger des coéquipiers, tester différentes configurations, selon les programmes de course. Le but, c’est que Matteo comme moi soyons satisfaits de nos calendriers et que les résultats suivent.

 

"Avec Matteo, on est tous les deux là pour gagner des courses"

Ça t’enlève de la pression ou ça te challenge ?

Les deux. Quand j’étais avec Arnaud Démare, ça se passait très bien. Ça me tirait vers le haut, et lui aussi, parce qu’il y avait une vraie émulation. Je pense que ce sera pareil avec Matteo. On s’entend très bien, c’est quelqu’un d’intelligent. On sait qu’on ne marchera pas sur les plates-bandes de l’autre. Tout est cadré : on est là tous les deux pour gagner des courses, individuellement et pour l’équipe.

 

Un mot sur Paul Magnier, même s’il n’est pas dans ton équipe. On regarde ce qu’il fait ?

On se détache, même si c’est forcément impressionnant. C’est un coureur d’une autre équipe, mais il a un énorme talent. Voir un jeune gagner autant de courses, c’est inspirant, on ne peut pas dire le contraire. Maintenant, à nous de tout mettre en place pour que ça nous arrive aussi, pour notre équipe.

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