INTERVIEW - Mathieu Heijboer, il prépare Vingegaard et les coureurs de la Visma
Par Titouan LABOURIE le 14/01/2026 à 14:16
À l’occasion du Media Day de la Visma | Lease a Bike, Mathieu Heijboer, manager de la performance de la formation néerlandaise, a levé le voile auprès de Cyclism’Actu sur les méthodes et les choix stratégiques de l’équipe. De la place centrale de la nutrition aux innovations à venir, en passant par la gestion du calendrier de Jonas Vingegaard et l’ambition d’atteindre de nouveaux sommets en montagne, le cerveau de la performance de la Visma | Lease a Bike détaille sans détour les leviers qui façonnent les succès de l’équipe.
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"L'évolution la plus marquante ? Sans hésitation, la nutrition"
Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Je suis Mathieu Heijboer, manager de la performance chez Visma | Lease a Bike. J’occupe ce poste depuis 2016. Avant cela, j’étais coureur professionnel chez Cofidis, puis j’ai commencé à travailler comme entraîneur au sein de Rabobank. Depuis 2016, je suis pleinement investi dans ce rôle.
En quoi consiste précisément ton rôle de manager de la performance ?
Je suis responsable de tous les aspects liés à la préparation des grands objectifs de l’équipe. Cela concerne principalement l’entraînement, la nutrition et le matériel. Mon rôle est aussi de coordonner l’équipe performance, de guider les entraîneurs et les experts pour identifier les innovations, améliorer nos méthodes d’entraînement, optimiser les programmes de nutrition et faire en sorte que nos coureurs soient dans la meilleure condition possible au moment des grandes échéances.
Ces dernières années, le cyclisme a énormément évolué. Selon toi, quelle a été la plus grande révolution récente ?
Sans hésitation, la nutrition. C’est là que la différence est la plus marquante entre le cyclisme d’il y a quelques années et celui d’aujourd’hui. Bien sûr, le matériel a évolué, les méthodes d’entraînement aussi, mais la plus grande transformation reste la nutrition. Les vitesses ont augmenté, tout le monde roule plus vite, et l’alimentation joue un rôle central dans cette progression.
Si l’on se projette, quelle pourrait être la prochaine grande innovation ?
C’est difficile à dire précisément. Le matériel continuera évidemment à évoluer, mais je pense que les gains les plus significatifs continueront de venir de l’optimisation des processus existants, notamment autour de la nutrition et de la gestion de la charge d’entraînement.
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"Jonas Vingegaard peut encore améliorer son niveau"
Jonas a récemment expliqué que disputer le Giro avant le Tour pouvait l’aider à être encore meilleur sur le Tour de France. Cela peut surprendre. Peux-tu nous expliquer cette logique ?
Jonas a déjà l’expérience d’un enchaînement Tour de France–Vuelta, qu’il a très bien réussi. À chaque fois, il était extrêmement fort sur le deuxième Grand Tour. Cette expérience lui donne de la confiance, mais elle nous en donne aussi à nous, au sein du staff. Les données que nous avons, combinées à son vécu, montrent qu’il peut être très performant sur le Tour après le Giro, voire encore meilleur.
La gestion du calendrier est donc primordiale dans cette optique de doublé Giro–Tour ?
Exactement. Il faut faire très attention à ne pas accumuler trop de jours de course avant le Giro. L’idée est de limiter le stress mental et physique en début de saison. Nous voulons qu’il arrive frais mentalement et physiquement pour les moments clés de l’année. C’est pour cela que nous privilégions de longues périodes d’entraînement, avec des stages en altitude, afin qu’il soit pleinement concentré et performant sur l’ensemble du Giro et du Tour.
Ces dernières années, certaines performances en watts estimés de Tadej Pogacar on battu tous les records. Penses-tu que Jonas peut encore franchir un cap et atteindre ce niveau en montagne ?
Oui, clairement. Il ne faut pas oublier que la saison 2024 a été compliquée pour Jonas, avec une lourde chute et une longue période de récupération. La saison 2025 lui a permis de retrouver une continuité, avec deux Grands Tours disputés, une reprise rapide de l’entraînement et une préparation beaucoup plus stable. Tout cela nous donne beaucoup de confiance. Nous pensons qu’il peut encore améliorer son niveau et atteindre, voire dépasser, les références actuelles en montagne.

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