Chronique - Marc Fayet : «Heureux organisateurs... et pourquoi pas moi ?»
Vous aimez les billets d'humeur de Marc Fayet, alors on remet ça pour cette saison 2026 ! Vous avez pu le découvrir et le lire sur Cyclism'Actu depuis quelques temps déjà avec sa chronique et/ou plutôt sa rubrique "Les carnets secrets". Pour rappel, Marc Fayet, né en 1961, est un homme du théâtre et de la scène. Acteur et metteur en scène, mais aussi passionné de vélo, Marc s'est toujours investi : il écrit, commente, agit autant qu'il le peut dans le cyclisme, notamment sur le Tour du Finistère dont il est aujourd'hui et depuis 2021, le président du comité d'organisation. Marc Fayet et "ses" carnets secrets, ça continue toute cette saison sur Cyclism'Actu. Bonne lecture.
Vidéo - Il a gagné sa 1ère en France, le jour de l'anniversaire de son père !
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"Il en va de la dure loi du cyclisme moderne... "
Lorsqu’on célèbre une victoire, on voit la joie du vainqueur, celle de ses coéquipiers, de son directeur sportif, de son manager, on peut s’imaginer celle du groupe ou du milliardaire propriétaire de l’équipe ( Il est parfois les deux) on peut découvrir le bonheur des parents, des amis, des proches, de son institutrice, de la presse de son pays, du journal de sa région, du canard de son quartier, mais il y en a un qu’on peut oublier parfois alors qu’il est celui qui a permis d’orchestrer ce moment de liesse totale et offert le théâtre d’un exploit qui restera inoubliable, il s’agit de l’organisateur de l’épreuve.
On est d’autant plus touché quand on découvre qu’il ne fait pas partie de la plus grande entreprise mondiale d’événements cyclistes (A.S.O) qu’il n’est qu’un organisateur indépendant ayant années après années réussi à s’imposer dans le tableau international pour en gravir les échelons. Chaque organisateur espère toujours accueillir chez lui les plus grands champions au monde, mais tant de choses entrent en ligne de compte, sa situation dans le calendrier, ses concurrents à travers la planète, la catégorie à laquelle il appartient (World Tour, Pro séries ou Classe 1), tant de choses qui permettent d’un coup d’œil de déceler les bien lotis et les mal barrés.
Il en va de la dure loi du cyclisme moderne quand délaissant le côté traditionnel et patrimonial elle laisse la place à la logique du mieux offrant et où les intérêts dépassent ceux des coureurs pour privilégier ceux des sponsors et de l’UCI. Mais dans cette logique contemporaine en train de bouleverser le cyclisme mondial qui s’apprête à réformer totalement son sport, tant d’organisateurs regardent avec envie ces moments de grâce vécus par un des leurs. Savez-vous seulement qu’entre un organisateur de Classe 1 et un organisateur de Pro séries le nombre d’équipe World Tour inscrites peut varier de 2 à 12 ?
#CyclismActu : Première course de l’année en France et première victoire sur le sol français pour Paul Seixas, sous les yeux de sa famille !
— Cyclism'Actu (@cyclismactu) February 28, 2026
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"Ce jour et cet événement ont eu lieu ce samedi 28 février..."
Quelle immense disparité pour une division d’écart ! Signe de la difficulté des uns et des moyens des autres. Au moment précis où jamais les organisateurs français n’avaient été aussi menacés, il est bon de voir certains d’entre eux bénéficier d’un ensemble de facteurs favorables. Il y a de quoi en être jaloux mais notre amour pour ce sport ne fait que susciter en nous une immense fierté, celle de constater que l’un des nôtres est parvenu à cocher toutes les cases, qui bien souvent ne sont remplies que grâce au hasard, à l’opportunité du moment.
Il faut de plus bénéficier de cette concordance de temps providentielle où après avoir accédé à la pro séries (quand tant d’autres se font recaler année après année) se réunissent en même temps : le jour, le champion, le terrain, le moment, l’heure… Pour que puisse se produire le miracle, ou plutôt pour assister à la réalisation de l’oracle, celui de l’avènement qu’on attendait, celui qui provoque la presque hystérie des spectateurs et laisse bouche bée les commentateurs.
Ce jour et cet événement ont eu lieu ce samedi 28 février et lorsque l’organisateur revisitera le grand cahier de son histoire, il pourra avoir l’immense satisfaction d’avoir offert le premier acte de la fabuleuse histoire que la France va commencer à écrire derrière un garçon de 19 ans. Inutile de le nommer car son nom va devenir le plus cité dans les années à venir, inutile de dire de quelle épreuve il s’agit, puisqu’il représentera désormais le rêve absolu de tous les organisateurs qui seront en droit de se dire en dépit des difficultés qui s’annoncent… Pourquoi pas moi ?
