INTERVIEW - Valentin Paret-Peintre: «Quand on gagne une étape du Tour de France...»
Souvenez-vous. Nous sommes le 22 juillet 2025, au matin de la 16e étape du Tour de France. Tout le monde s’attend à voir le maillot jaune Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG) inscrire son nom au mythique palmarès des vainqueurs au sommet du Mont Ventoux. Mais, à la surprise générale, l’échappée ira au bout et, sorti de nulle part, le Français Valentin Paret-Peintre offre à la France sa première victoire sur ce Tour de France. Ce mercredi 7 janvier, le Haut-Savoyard a officialisé la prolongation de son contrat avec la formation Soudal Quick-Step jusqu’en 2028. Le natif d’Annemasse était présent au media day de son équipe, ce jeudi 8 janvier à Calpe. Le grimpeur français s’est entretenu avec Cyclism’Actu pour évoquer ses ambitions pour la saison à venir, mais aussi pour revenir sur ses souvenirs de la saison 2025, forcément réussie.
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"Il y avait une volonté commune de prolonger le contrat"
Salut Valentin, bienvenue sur Cyclism’Actu. Déjà, comment ça va ? Comment se passe ton hiver ?
Plutôt bien pour le moment. On va dire assez relax, mais j’ai pu bien travailler comme je le voulais. Pour l’instant, tout se passe bien : pas de maladie, pas de chute, parfait.
Tu as eu une actualité importante récemment avec ta prolongation jusqu’en 2028 chez Soudal–Quick-Step. Pourquoi et comment cela s’est-il fait ?
Il y avait une volonté commune de prolonger le contrat dès le début de la saison 2025. Ça ne s’est pas fait après le Tour ou grâce au Tour, mais vraiment dès le départ. Je me sens très bien dans cette équipe, je suis content d’être avec eux, que ce soit en course ou en stage. Pour moi, c’est important de se sentir bien dans un groupe et de prendre du plaisir. J’aime aussi la direction que prend l’équipe, la recherche et le développement. Ils essaient toujours de s’améliorer, et dans le cyclisme actuel, c’est essentiel.
Peux-tu nous expliquer un peu les coulisses d’une prolongation, surtout quand on arrive récemment dans une équipe ?
Quand j’ai signé mon premier contrat avec l’équipe, on avait tout de suite dit que si ça se passait bien, on prolongerait sûrement. C’était un contrat de deux ans — aujourd’hui, les contrats sont de plus en plus longs. On avait laissé cette porte ouverte. Dès le début de saison, ça s’est très bien passé, donc on a recommencé à en parler, sans se presser. Ensuite, après le Tour et surtout en fin de saison, quand j’étais plus libéré après les courses, on a pu discuter plus sérieusement de cette prolongation.
"Il y avait beaucoup d’attentes autour de Remco"
Revenons sur ta saison 2025. Très bon début à Oman, puis un coup dur en Catalogne qui t’a privé du Giro, avant un Tour de France réussi avec une victoire. Comment juges-tu ta saison ?
Forcément très bonne. Quand on gagne une étape du Tour de France, on ne peut pas parler de mauvaise saison. Même en enlevant cette victoire, ma saison reste réussie : un très bon Tour d’Oman, de bonnes sensations sur Tirreno et en Catalogne avant la blessure qui m'a stoppée. Sur le Tour, la dernière semaine a été très bonne, avec la victoire bien sûr, mais aussi un top 10 à La Plagne, neuvième de l’étape avec les favoris. Ce n’est pas une victoire, mais c’est une grande satisfaction. Et puis la fin de saison avec l’équipe de France, c’était aussi un objectif et une vraie fierté de porter ce maillot. Donc oui, la saison est plus que réussie.
Six mois après ta victoire au Mont Ventoux, qu’est-ce qu’il t’en reste aujourd’hui ?
Les souvenirs sont gravés. Quand je revois les images, ça me fait toujours quelque chose. J’essaie de ne pas trop les regarder et de me projeter vers l’avant, mais c’est sûr que ça va me suivre toute ma carrière et toute ma vie. Ce sont des moments uniques.
On parle déjà de 2026. Quels seront tes grands objectifs ?
Ce sera surtout la deuxième partie de saison, à partir de juillet, avec le Tour de France et normalement la Vuelta derrière.
Un de mes grands objectifs de carrière est de gagner sur la Vuelta, pour avoir remporté une étape sur les trois Grands Tours. J’espère y parvenir dès cette année. Le Tour reste évidemment très important, pour les sponsors, pour l’équipe et pour moi. L’objectif est de me projeter à l’avant et de me mettre en position de gagner des étapes, comme l’an dernier.
Le départ de Remco, leader numéro un de l’équipe, change-t-il quelque chose pour toi ?
Avant, il y avait beaucoup d’attentes autour de Remco (Evenepoel), ce qui est normal. Quand on était dans le même groupe, il y avait forcément beaucoup de pression. Aujourd’hui, l’équipe a pris un virage plus orienté vers les classiques, avec l’arrivée de coureurs comme Stuyven et Van Baarle. Je dirais qu’il y a un peu moins de pression sur le pôle montagne. On est plus libres pour préparer nos objectifs et les cibler plus librement.
Peux-tu nous détailler ton programme jusqu’au Tour de France ?
Je vais débuter comme l’an passé avec la Muscat Classic et le Tour d’Oman. Ensuite, je me dirigerai vers Paris-Nice, avec un stage en altitude entre les deux. J’enchaînerai avec le Tour de Catalogne, une course que j’adore. Il y aura ensuite un stage avant le Dauphiné, puis le Dauphiné (désormais Tour Auvergne Rhone-Alpes, ndlr), le Tour de France et la Vuelta. Il y aura sûrement une course entre la Catalogne et le stage, probablement le Tour de Romandie, mais rien n’est encore totalement fixé.
Pour conclure, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour faire de 2026 une saison parfaite ?
Une victoire sur le Tour de France et une victoire sur la Vuelta.

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