Un pari gagnant pour l'économie locale en Isère... grâce au Tour
Tour de FranceAlors que le tracé du Tour de France sera officiellement dévoilé ce jeudi 22 octobre, SEGAT Impact présente une étude inédite consacrée aux retombées socio-économiques et médiatiques de la Grande Boucle, à l'initiative du Département de l'Isère et Isère Attractivité. Entre fréquentation touristique, dépenses générées, emplois soutenus et rayonnement médiatique, cette étude révèle le poids économique d'un événement sportif d'envergure internationale à l'échelle d'un département. Elle s’appuie sur les données recueillies en Isère, théâtre des étapes les plus suivies du Tour de France 2026.
Vidéo: Bernard Thévenet, à l'Alpe d'Huez lors du Tour de France 2026 !
Trois premières pour une étude d’impact du Tour de France
Du 19 au 25 juillet 2026, l'Isère a accueilli quatre étapes du Tour de France, dont deux arrivées à l'Alpe d'Huez, et l'Étape du Tour pour près de 15 000 cyclistes amateurs. Pour la première fois, Segat IMPACT analyse trois dimensions majeures de l’accueil de la Grande Boucle dans le département :
- Le retour sur investissement public. L’étude lève le voile sur le coût réel de l'accueil du Tour de France et le met en regard des retombées supplémentaires. Six collectivités ont transmis leurs dépenses, ticket d'entrée versé à A.S.O. compris.
- L'effet cumulé du Tour de France et de l'Étape du Tour. Les deux événements sont évalués ensemble. En 2026 en Isère, leur proximité a incité les cyclistes amateurs à prolonger leur séjour pour voir passer le Tour de France. Ce seul effet a ajouté 0,9 M€ de retombées, soit près de 40 % de plus que l'Étape du Tour seule.
- La diffusion des retombées au-delà des villes-étapes et des seuls hôteliers/restaurateurs. L'étude mesure également l'impact commune par commune. Elle identifie qui profite du Tour du France, et qui n'en profite pas.
Un bilan isérois très positif
En 2026, le passage du Tour de France en Isère a généré 38,4 M€ d'impact économiquedirect en une semaine, dont 16,2 M€ lors de la première arrivée à l'Alpe d'Huez, pour unedépense publique locale de 1,74 M€. A l’échelle du département, la Grande Bouclereprésente 2 % des nuitées touristiques annuelles du département et 3 % de la consommation touristique. À moyen terme, 84 % des participants français et 87 % des participants étrangers à l'Étape du Tour de France déclarent vouloir revenir en Isère. Par ailleurs, l’Isère a envoyé une carte postale au reste du monde, en témoigne les audiences télévisées record qu’elle a enregistrées. L’étape 20 a été l’étape la plus suivie en France avec +50% de part d'audience, et la deuxième étape la plus suivie au monde avec 64 millions de téléspectateurs.
Retour sur investissement public : la raison d’être de cette étude d’impact
L'organisation des grands événements est de plus en plus contestée. Leur coût est régulièrement interrogé, en témoigne le conseil municipal de Saint-James, dans la Manche, qui a refusé en septembre 2027 à une large majorité d'accueillir une étape du Tour de France 2027, invoquant des travaux d'assainissement et un coût trop élevé. Les chaleurs extrêmes et les risques d'incendie rendent également l'été plus incertain que jamais. Dans ce contexte, Segat IMPACT, pour le compte du Département de l'Isère et d’Isère Attractivité, a objectivé l'intérêt d'accueillir le Tour de France. Deux raisons guident cette démarche :
- La transparence due aux citoyens sur l'usage de l'argent public
- La volonté de maximiser à l'avenir les retombées positives de chaque édition accueillie.
"Quatre étapes du Tour de France 2026 en Isère ont généré un impact économique supérieur par exemple aux cinq matchs de la Coupe du monde de rugby 2023 à Bordeaux. Cet impact remarquable est lié à des choix politiques et des spécificités iséroises qu'il ne faut pas extrapoler à tous les territoires hôtes. L'Alpe d'Huez est devenue un stade à ciel ouvert de rang mondial qui dépasse aujourd'hui une enceinte comme le Stade de France" dixit Yannick Cabrol, Directeur général de SEGAT Impact, auteur de l'étude
La Grande Boucle doit rester un moteur de développement territorial, inclusif, rentable et durable
Le Tour de France, s'il reste une fête populaire et peu coûteuse pour le contribuable, constitue un levier stratégique pour les collectivités locales. Gratuit et sans billetterie, il touche un public plus large que d’autres grands événements sportifs. Parmi les spectateurs étrangers, on compte deux fois moins de cadres que lors de la Coupe du monde de rugby 2023. Sept Isérois sur dix se disent fiers du passage du Tour de France.
Un investissement rentable pour les territoires. En Isère, chaque euro public a généré 22 euros d'activité directe pour les entreprises locales, en particulier dans le secteur de l'hôtellerie-restauration qui concentre les deux tiers de l'impact. Les villes-étapes ont capté 88 % des retombées. Pour autant, il reste nécessaire de transformer le tourisme sportif en tourisme culturel, afin d’allonger les durées de séjour. Les jours d'étape, la Grande Boucle concentre la majorité de l’attraction et de l’attention. 67 % des musées et sites touristiques déclarent un impact négatif pendant la semaine du Tour de France. L’enjeu consiste donc à mieux informer les visiteurs et à les inciter à découvrir la diversité des activités touristiques proposées au sein des territoires.
Le vélo, un levier de diversification pour la montagne. L'Isère, à l’instar de nombreux autres territoires de montagne français, possède de nombreux atouts pour le tourisme à vélo. L'Alpe d'Huez est classée première montée cycliste la plus célèbre du monde par PJAMM Cycling. Avec Les 2 Alpes et Bourg-d'Oisans, l'Oisans offre plus de 100 000 lits touristiques. Le touriste étranger y dépense 147 € par jour, contre 92 € pour un touriste français. Si l’effet d'entraînement immédiat sur le tourisme à vélo est important (passages vélo sur la montée de l’AH x 6 par rapport à 2025 sur la même semaine), il reste à évaluer à moyen terme sur la période de mai à octobre. Le potentiel est toutefois réel, à condition d'avoir une stratégie adaptée (offre et marketing) qui embarque l’ensemble des pouvoirs publics (ministères, Atout France, collectivités territoriales, offices de tourisme) et des socio-professionnels du tourisme.
* Méthodologie : L'étude suit la méthodologie de la Direction générale des entreprises (DGE). Seul le supplément d'activité lié au Tour de France est compté, subventions des collectivités hôtes déduites. Elle croise plus de 5 800 réponses à quatre enquêtes, menées auprès de 1 059 spectateurs, 4 293 participants à l'Étape du Tour, avec A.S.O., 196 commerçants et professionnels et 262 Isérois. Elle s'appuie aussi sur les données de téléphonie mobile Flux Vision et sur les dépenses réelles transmises par les collectivités.