Le maillot jaune du Tour de Romandie aura-t-il un sponsor ?
Tour de RomandieÇa commence à devenir un sacré casse-tête pour les organisateurs du Tour de Romandie : le maillot jaune de leader du classement général n'a toujours pas de sponsor, alors même que la course se déroulera du 29 avril au 3 mai prochains. Cette épreuve de 6 étapes (en incluant le prologue), réputée pour la beauté de ses paysages et la difficulté de son parcours montagneux, devrait accueillir cette année le Slovène Tadej Pogačar (UAE Team Emirates-XRG) pour sa première participation à la course en Suisse francophone. Pendant 9 années (2008-2017), le sponsor principal du Tour de Romandie fut Vaudoise Assurances, puis le fromage Le Maréchal depuis 2018. Mais l'entreprise se retire cette année. Cette décision a, selon le média 20 Minutes, d'importantes conséquences économiques par rapport à l'organisation de la course. Le directeur de l'épreuve, Richard Chassot, s'est exprimé dans le média et alerte sur le risque qui pèse sur l'avenir de la compétition.
Le résumé de la dernière étape du Tour de Romandie 2025
"Pour cette édition, c'est presque mission impossible..."
Le Tour de Romandie n'a donc pour le moment pas de sponsor pour son maillot jaune. Richard Chassot détaille le problème : "Ça sera très dur à rattraper parce que ce sont des budgets importants… Pour cette année, tout ce qui peut l'être a déjà été imprimé. Les banderoles, les arches d'arrivée, partout où tu peux mettre de la publicité. Si quelqu'un souhaite devenir sponsor principal pour cette édition, c'est presque mission impossible. Ou alors on trouve un mécène qui est heureux de se retrouver sur notre maillot jaune, qui est content de cette visibilité et qui se dit qu'il veut contribuer à sauver le Tour de Romandie."
"La Fondation du Tour de Romandie n'a pas les réserves nécessaires pour tenir trois ou quatre éditions en attendant de trouver un éventuel sponsor", poursuit-il. "On a de quoi tenir une édition sans soutien pour le maillot jaune. Mais comme moi je ne veux pas baisser nos standards de sécurité ou d'hébergement et qu'on souhaite rester dans le World Tour, chaque jour nous coûte beaucoup d'argent. Le Covid a mangé une partie de nos réserves et on a l'obligation de trouver un sponsor principal. Notre édition 2026 peut être une plateforme pour la suivante. Car sans mécène ou sponsor titre pour 2027, on ne pourra pas tenir l'équilibre. Dans le vélo, il est fragile, parce que, contrairement à quasiment tous les autres sports, on ne peut pas vendre de billets."
"Pogačar... ça offre une sacrée exposition"
Lundi 30 mars, l'organisation annonçait tout de même l'arrivée de Lidl comme "partenaire et parrain des vainqueurs d'étape." Mais, malgré cette aide précieuse, Richard Chassot explique : "Ceux qui ont de l'argent chez nous ne s'intéressent généralement pas au cyclisme et les entreprises qui ont besoin de se promouvoir préfèrent actuellement stabiliser leur boîte et c'est bien normal. Le monde de l'assurance ou des grandes banques chez nous a tendance à investir à l'étranger. Nous sommes pourtant l'unique événement sportif à porter le nom de "Romandie" – qui n'existe pas politiquement – et à le mettre en lumière au niveau international. Et si Pogačar porte son maillot jaune, ça offre une sacrée exposition."
La venue du double champion du Monde en titre devrait offrir une exposition médiatique inédite à la course Romande. Celle-ci accueille chaque année une startlist homogène, mêlant cadors du peloton mondial et équipes moins connues. L'an passé, c'est le Portugais Joao Almeida (UAE Team Emirates-XRG) qui avait enlevé le général grâce à une bonne performance sur le contre-la-montre final remporté par Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-hansgrohe). Mais le départ du sponsor principal représente une perte estimée à près de 10% d'un budget de 4,5 millions de francs annuels. Le défi à relever s'annonce difficile pour l'organisation.