L'annonce de la disparition de l’équipe St Michel sème le trouble...
RouteNous l'avons appris il y a quelques jours : la formation masculine St Michel-Preference Home-Auber93 n'existera plus en 2027. Un crève-cœur pour tout le collectif de l'équipe française qui ne s'attendait absolument pas à cette bien triste nouvelle. Des coureurs comme Simon Gugliemi ou encore Axel Bouquet ont toujours l'épisode Arkéa-B&B Hotels dans la tête et doivent maintenant faire face à la disparition de St Michel-Preference Home-Auber93. Présente et offensive sur le Tour du Finistère, remportée par Jon Barrenetxea (Movistar Team), la formation française continue de peser sur les courses auxquelles elle participe, c'est le cas de Thomas Champion, membre de l'échappée matinale sur le Tour du Finistère. Certains coureurs se sont exprimés chez nos confrères de L'Équipe, pour parler d'une situation qui les touche de plein fouet.
Axel Bouquet, coureur de St Michel-Preference Home-Auber93
Une disparition d'équipe apprise en visioconférence...
Passé par la formation Europcar, devenue par la suite Direct Énergie, l'ancien coureur professionnel, devenu responsable du pôle de l'équipe masculine, Tony Hurel, a été le premier informé de la disparition de l'équipe : "Stéphane Gaudry, le manager, tenait à m'informer en premier car je suis responsable de l'équipe masculine. Honnêtement, j'étais sur le cul, je ne m'attendais pas à ça. Je voyais bien depuis l'an dernier que l'équipe féminine avait plus d'importance pour eux, mais jamais de la vie je n'aurais imaginé qu'ils allaient arrêter comme ça. Ce projet, ils le préparent depuis au moins un an. Qu'ils fassent des choix stratégiques, je peux le comprendre, mais il y avait d'autres façons de nous informer", indique visiblement en colère, Tony Hurel.
Dans le stress de retrouver une équipe pour la saison 2026 après l'arrêt de l'équipe Arkéa-B&B Hotels, le Français Simon Gugliemi est de nouveau confronté à la disparition d'une équipe française. Il a déclaré, toujours pour L'Équipe : "Cela fait bizarre, c'est arrivé d'un coup. Personne ne parlait à part le manager et son bras droit, on n'avait rien à dire. Oui, cela rappelle l'année dernière, j'avais eu une période compliquée mais j'avais travaillé dessus. Mon objectif était de rebondir en venant chez Saint-Michel. Je n'ai plus le choix : c'était un objectif, c'est devenu une obligation. Je suis triste pour l'équipe, qu'une formation disparaisse. Si cela continue comme ça, dans dix ans, il va rester quinze équipes World Tour dont deux en France", explique Simon Gugliemi.
Offensif sur le Tour du Finistère, Thomas Champion ajoute : "Je ressens plus de l'incompréhension que de la déprime. Le pourquoi (de cette décision) n'y est pas, je ne l'ai pas trouvé et je pense qu'on ne l'aura pas. On sent bien que le public est plus derrière nous. D'habitude quand on se gare le matin, les spectateurs sont chez Decathlon ou Cofidis, là il y avait du monde à notre bus. Sur le circuit, j'entendais des "Allez Thomas" un peu partout. Je n'ai pas de famille ici, je devine que c'était pour l'équipe (rires)." Avant que Romain Cardis n'ajoute : "On est une petite équipe qui a fait le Tour il y a longtemps mais on est restés dans le milieu, avec nos moyens, un esprit familial. Les gens se retrouvaient en nous, cela faisait notre force. Je suis déçu du comportement de la direction, surtout vis-à-vis de Jaja (Stéphane Javalet, ancien manager général de l'équipe, parti à la retraite en 2024). Je suis triste pour lui avant de l'être pour moi. Pendant 32 ans, il s'est battu pour l'équipe, il a aussi monté l'équipe féminine, il a laissé des sponsors en place et, même pas deux ans après sa retraite, l'équipe est lâchée... Il doit vraiment avoir les boules. J'ai l'impression qu'il a été trahi", déclare Romain Cardis pour L'Équipe.