Jacob Fuglsang :«Van der Poel n'aurait pas gagné l'E3 sans moto devant lui»
RouteUn an après avoir mis un terme à sa carrière, Jakob Fuglsang s'invite dans le débat brûlant sur l'impact aéro des motos en cyclisme. Dans un entretien accordé au média danois Feltet, l'ancien vainqueur de Liège-Bastogne-Liège affirme que les véhicules suiveurs faussent la dynamique des épreuves en offrant un avantage de sillage crucial aux attaquants. Selon lui, cette assistance involontaire dicte désormais les stratégies de course, rendant les efforts solitaires parfois impossibles à contrer pour un peloton organisé, et pointe du doigt l'incohérence de l'UCI sur les questions de sécurité et de vitesse.
La victoire de Mathieu van der Poel sur l'E3 Saxo Classic
"Les motos décident des courses plus que n'importe quoi d'autre"
"Je suis d'avis depuis plusieurs années que les motos décident des courses plus que n'importe quoi d'autre. Elles déterminent si celui qui attaque va tenir ou non, selon leur proximité. Il s'agit d'attaquer en premier : si vous le faites, vous "attrapez" la moto et ensuite, ils ne peuvent plus vous rattraper, même s'ils sont quatre à collaborer derrière.
Mathieu van der Poel n'aurait probablement pas gagné l'E3 Saxo Classic s'il n'avait pas eu de moto devant lui. C'était un homme seul contre quatre. Je sais que chez Quick-Step, ils avaient cette tactique lors des classiques belges : attaquer en premier pour attraper la moto, car il est difficile pour elles de s'éloigner sur ces routes sinueuses", a-t-il déclaré.
"On devrait faire en sorte que les motos s'éloignent davantage"
"Quand l'UCI parle de limiter les braquets pour réduire la vitesse, je pense : ce n'est pas le braquet qui fait la différence, ce sont les motos. Il y a eu des moments sur le Tour où nous avons été lâchés à l'arrière parce qu'on ne pouvait physiquement pas rouler plus vite. Quand, avec une cadence de 120 tours/minute, vous ne pouvez pas boucher un trou, c'est parce que ceux devant profitent d'une moto. On devrait faire en sorte que les motos s'éloignent davantage, et il faudrait un "gentleman-agreement" dans le peloton pour que les coureurs ne cherchent plus à suivre l'aspiration des motos", a-t-il ajouté.