Alexy Faure Prost : «Je m'estime chanceux d'avoir trouvé une équipe...»
INTERVIEWAnnoncé comme l’un des plus grands espoirs du cyclisme français grâce à ses performances à l’échelon Espoirs, Alexy Faure Prost a vu sa progression quelque peu freinée à son arrivée dans le WorldTour. Victime de la fusion entre les formations Lotto et Intermarché-Wanty, au sein de laquelle il était sous contrat, le jeune coureur de 21 ans a su rebondir en rejoignant l’équipe Team Picnic PostNL pour la saison 2026. Présent à Calpe, en Espagne, avec sa nouvelle formation à l’occasion du camp d’entraînement annuel, Alexy Faure Prost s’est confié au micro de Cyclism’Actu.
"La fusion ? On l’a tous découvert dans la presse, comme tout le monde"
Salut Alexis, bienvenue sur Cyclism'Actu. Déjà, qu’est-ce que ça fait de porter ce nouveau maillot, ces nouvelles couleurs ? Comment se passent tes premiers jours ?
Ça fait bizarre de changer de maillot. J’ai porté le même pendant trois ans, donc c’est particulier. Je suis vraiment content de porter ces nouvelles couleurs, dans une bonne ambiance, et ici à Calpe c’est toujours agréable.
Pour revenir un peu sur tes dernières semaines, tes derniers mois : tu étais chez Intermarché-Wanty, maintenant tu es passé chez Picnic PostNL. Comment se sont passés ces derniers temps et comment s’est déroulé ton transfert ?
Le transfert s’est fait plutôt tard, avec la fusion que tout le monde connaît. Du coup, ça s’est concrétisé sur le tard, mais maintenant tout est en ordre. Je me concentre sur la saison à venir avec une nouvelle équipe et beaucoup d’ambition, dans le bon sens du terme.
Avant de parler du futur, juste pour revenir un peu sur le passé et mettre du contexte : les équipes Intermarché-Wanty et Lotto ont fusionné. Sur les 30 coureurs de la nouvelle équipe, seuls 10 venaient d’Intermarché-Wanty. Tu faisais partie de ceux qui ont été laissés de côté. Comment ça s’est passé mentalement, chronologiquement ? Comment as-tu appris que c’était fini et qu’il fallait chercher une autre équipe ?
On l’a tous découvert dans la presse, comme tout le monde. Tous les coureurs ont vu ça dans les médias, donc ça a été un choc pour tout le monde. C’est pour ça que la fin de saison a été compliquée pour certains. Dans un premier temps, on a tous essayé de retrouver une équipe. Malheureusement, pour certains ça n’a pas pu se faire. Je m’estime déjà chanceux d’avoir retrouvé une équipe, surtout en World Tour, donc je suis vraiment content de mon côté.
Tu as eu de très belles années chez les jeunes, notamment ta première année en U23, avec de beaux résultats. En revanche, ces deux dernières années en World Tour avec Intermarché-Wanty ont été plus difficiles. Est-ce que tu peux expliquer pourquoi tu as eu du mal à passer ce petit cap au-dessus ?
Déjà, le niveau est très différent par rapport aux jeunes. Le World Tour a encore franchi un cap. Même si je n’étais pas là il y a cinq ou dix ans, d’après ce que disent les plus anciens, le niveau a vraiment augmenté ces dernières années. Il y a aussi eu quelques problèmes de santé sur ces deux dernières saisons, qui m’ont un peu freiné dans ma progression et dans mes performances. Ça a forcément joué un rôle. Maintenant, tout est rentré dans l’ordre, donc on va voir ce que ça donne.
L'interview de Warren Barguil
"Les plans ont aussi un peu changé avec le départ d’Oscar Onley"
On voit de plus en plus de coureurs passer professionnels très jeunes, dès 19 ou 20 ans, et performer rapidement en World Tour. Toi, tu es passé par cet âge-là. Quel regard portes-tu sur ce « jeunisme », sur le fait qu’à 22 ou 23 ans on considère parfois qu’il est déjà trop tard ?
Je pense que ça a beaucoup changé ces dernières années. Après, je ne sais pas trop quoi dire de plus : c’est aussi assez naturel. Tout le monde cherche à recruter les talents le plus jeune possible pour éviter qu’ils partent dans les grosses équipes. Chaque structure essaie de dénicher ses coureurs tôt et de les garder le plus longtemps possible. Là-dessus, on ne peut pas faire grand-chose. S’il faut changer quelque chose, ce serait plutôt au niveau de la structure globale, peut-être via l’UCI et des règles à mettre en place. Mais du point de vue des équipes, c’est assez logique.
Maintenant que tu es arrivé dans l’équipe, quelle sera ta place dans l’effectif ? Est-ce que tu sais déjà si tu auras plutôt un rôle d’équipier ou de leader sur certaines courses ?
Je peux avoir un peu de tout. Je sais que je vais souvent être en soutien. Les plans ont aussi un peu changé avec le départ d’Oscar (Onley, ndlr) sur certaines courses où je devais être en soutien total pour lui. Globalement, je serai surtout équipier, mais j’aurai aussi ma chance sur certaines courses. Et ça, ça me fait plaisir.
Quels sont tes principaux objectifs pour la saison 2026 ?
Déjà, retrouver une bonne forme et mon meilleur niveau. J’ai bien progressé ces dernières semaines depuis la reprise de l’entraînement, je me sens mieux que les autres années à la même période. Maintenant, il faudra voir ce que ça donne en course. Je vais reprendre en France avec mes quatre premières courses : les Classiques du Var, le Tour des Alpes-Maritimes, puis le week-end suivant les Classiques de la Drôme et de l’Ardèche.
Tu vas faire un stage en altitude avant ?
Non, pas d’altitude pour moi. On préfère rester plus tranquille.
Quel sera ton programme ensuite ? Un grand tour peut-être ?
On espère, et j’espère aussi, faire un grand tour. On verra ça un peu plus tard. J’aimerais vraiment découvrir un grand tour cette année. Il y aura aussi normalement la découverte de mon premier monument, après les Strade Bianche. Je suis vraiment excité par cette partie de saison au mois de mars, avec un très beau programme.
Pour finir, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette année 2026 ? Qu’est-ce qui ferait de 2026 une saison réussie pour toi ?
Une année réussie, ce serait d’être heureux à la fin de la saison, d’avoir bien performé et d’avoir trouvé ma place dans le peloton.
Publié le par Esteban DA COSTA