Dauphiné
Dauphiné - Les enseignements du Col du Béal Photo : Sirotti

Dauphiné - Les enseignements du Col du Béal

 

Christopher Froome gagne la 2e étape - Critérium du Dauphiné

L’Auvergne avait prévenu ! Le col du Béal pouvait faire très mal. Et il a, en effet, livré une grande explication entre hommes forts… Entre champions même. Christopher Froome et Alberto Contador sont sur une autre planète sur ce Critérium du Dauphiné et derrière, il y a de bonnes surprises, des confirmations… et des déceptions. Petit tour d’horizon global.

 

Les tops

 

Le Top du top

 

Froome- Christopher Froome (Sky) a démontré qu’il était toujours le grand favori du Tour de France et de ce Dauphiné. Son début de saison, malgré la victoire à Oman, avait été entaché par des problèmes de dos qu’il affirmait, dimanche, après sa victoire dans le chrono’, appartenir au passé. Il nous en a fourni la preuve. Son équipe Sky autour de lui n’a pas démérité. Et pourtant, il y a bien quelques inquiétudes… A voir plus bas dans la rubrique « Que penser de ? ».
(Vainqueur et maillot jaune)

- Alberto Contador (Tinkoff – Saxo) Jamais quelqu’un n’avait su résister comme ça à une telle série d’attaque du leader de la Sky. Contador l’a fait ! Déjà victorieux à six reprises cette année, « El Pistolero » a brillamment remporté Tirreno – Adriatico et le Tour du Pays Basque, après avoir fini deuxième du Tour de Catalogne. Il est actuellement deuxième du classement World Tour. Sur la montée du Col de Béal, il a tenu tête à Chris’ Froome. Il l’a presque énervé. Indécramponnable ! Il a tenu à montrer que Chris’ Froome ne se déferrait pas de lui si facilement.
(Deuxième de l’étape dans le même temps que Chris’ Froome, et deuxième du général à 12’’ )

 

La suite du Top 10

 

On va les faire dans l’ordre d’arrivée ou presque.

 

- Wilco Kelderman (Belkin) : Le jeune Néerlandais impressionnait sur le Giro d’Italia, qu’il a terminé septième, après avoir un peu flanché dans la dernière semaine. Il surfe de manière impressionnante sur son état de forme. Doué en chrono’, il n’avait perdu que 11’’ dans celui de dimanche. En plus d’être doué, il est aussi un attaquant qui n’hésite pas à saisir les opportunités qui se présentent et assurer le spectacle. C’était même son principal défaut l’an passé, où il attaqué un peu à tout va, à n’importe quel moment. Plus mûre, plus fort aussi, il a désormais toutes les armes pour réussir. Reste à conserver la même forme pendant une semaine, avec un Giro dans les pattes.
(Troisième de l’étape à 4’’ et troisième du général à 21’’ )

VDB- Jurgen Van Den Broeck  (Lotto – Belisol): Le Critérium du Dauphiné lui tient à cœur ! C’est d’ailleurs sur cette épreuve qu’il a remporté sa seule victoire professionnelle à ce jour, c’était en 2011. Mais surtout, le Belge n’avait pas encore assuré sa place sur le Tour de France au départ de ce Dauphiné. Herman Frison, son directeur sportif révélait que sa performance sur le Dauphiné serait déterminante. Pour l’instant, c’est bien parti… Malgré sa victoire en solo en 2011, le Belge n’est pas un attaquant né. Sa bonne performance est en tout cas rassurante après une saison 2013 très maigre, où il était totalement transparent sur le Dauphiné et a dû abandonner tôt le Tour de France consécutivement à une chute.
(Quatrième de l’étape à 10’’ et cinquième du général à 35’’ )

- Andrew Talansky (Garmin – Sharp) : On ne savait pas vraiment où en était le dixième du dernier Tour de France. Gêné en début d’année par des problèmes d’estomac, il avait pris la septième place en Catalogne puis n’avait pas su accompagner les meilleurs sur le Tour de Romandie. Visiblement, ça va mieux ! Il signe une très belle montée du Col du Béal, en gérant parfaitement son effort. Finalement cinquième de l’étape, il termine quand même 15’’ devant Vincenzo Nibali.
(Cinquième de l’étape à 12’’ et quatrième du général à 33’’ )

- Igor Anton (Movistar) : L’Espagnol sort lui aussi du Giro, où il a travaillé pour le vainqueur Nairo Quintana. La recrue de Movistar est désormais souvent cantonné à un rôle d’équipier, mais sur le Critérium du Dauphiné, il peut jouer sa carte et surfer sur sa bonne forme du Giro pour montrer qu’il peut toujours scorer. Son retard au général après le chrono’ pourrait lui permettre de tirer profit des étapes montagneuses à venir, sans trop craindre d’être tenu au silence par les leaders au général.
(Septième de l’étape à 40’’ et dix-neuvième du général à 2’34’’ )

Adam Yates- Adam Yates (Orica – GreenEDGE) : Il fait plaisir à voir ! 21 ans, première année professionnelle et déjà victorieux de l’étape reine et du classement général du Tour de Turquie et cinquième du Tour de Californie. Impressionnant !  Le voir à un tel niveau est extrêmement prometteur. On ne connaît pas ses limites, et probablement lui non plus, mais comme il l’a démontré en Turquie, il ne manque pas d’audace. On a hâte de voir ce que cela va donner.
(Huitième de l’étape à 42’’ et neuvième du général à 1’31’’ )

- Sébastien Reichenbach (IAM Cycling) : Onzième de Paris – Nice et quinzième du Tour de Romandie, en ayant à chaque fois travaillé pour un leader. Le jeune Suisse, qui vient de fêter ses 25 ans, est visiblement en pleine progression. Sa bonne prestation sur les pentes du Béal confirme sa progression en montagne. Le chrono’ n’est en revanche pas sa tasse de thé. Sur 10,4 kilomètres dimanche, il a perdu 46’’. Mais ce retard accumulé au général pourra aussi lui permettre d’avoir de la liberté pour s’exprimer dès lors que la route s’élèvera.
(Neuvième de l’étape à 44’’ et onzième du général à 1’40’’ )

- Daniel Navarro (Cofidis) : L’an passé, le Dauphiné lui avait souri. Cinquième du général dans une épreuve World Tour… Celui qui avait aussi apporté un succès à son équipe Continentale Cofidis, le Tour de Murcie, avait, dans la foulée, terminé neuvième du Tour de France.
(Dixième de l’étape à 45’’ et douzième du général à 1’43’’ )

 

Les autres satisfactions

 

Cycling- Jakob Fuglsang et Tanel Kangert (Astana) : On n’a volontairement pas parler de Vincenzo Nibali jusqu’ici, on en parlera plus bas dans la rubrique « Que penser de ? ». Si on est dans l’expectative pour Nibali, en revanche, l’équipe Astana affiche toujours un beau collectif. On se souvient que lors de la victoire du Requin de Messine sur le Giro l’an passé, il avait pu s’appuyer sur un fort collectif. Avec Fabio Aru, héros Italien du dernier Giro et Tanel Kangert notamment. Si Aru ne sera bien évidemment pas sur le Tour de France, Kangert sera un allié précieux de Nibali. Quant à Fuglsang, le septième du dernier Tour de France sera le principal lieutenant du vainqueur du dernier Giro. Kangert et Fuglsang ont montré qu’ils étaient prêts à épauler leur leader… s’il est à la hauteur.
(Jakob Fuglsang : treizième de l’étape à 53’’ ; Tanel Kangert : quatorzième de l’étape à 55’’ )

- Haimar Zubeldia (Trek) : Il a eu 37 ans il y a deux mois. Le coureur Basque a déjà à son actif deux tops 5 sur le Tour de France et une sixième place en 2012. Depuis, il manque un peu de résultats mais sa performance sur les pentes du Béal prouve qu’il peut encore faire de belles choses.
(Onzième de l’étape à 45’’ )

- Kenny Elissonde (FDJ.fr) : Il fêtera ses 23 ans au mois de juillet. Sur le Tour de France ? Le jeune Français avait créé la surprise en s’imposant au sommet du mythique et terrible Alto de l’Angliru sur la dernière Vuelta. Certes, c’était au terme d’une échappée, mais il fallait quand même affronter les terribles pourcentages de l’une des ascensions les plus dures au Monde. Maintenant il faut confirmer. Sa performance dans le Col du Béal rappelle qu’il est un grimpeur prometteur. A voir pour la suite…
(Douzième de l’étape à 51’’ )

- Tony Gallopin (Lotto – Belisol) : Passé à l’intersaison chez Lotto – Belisol, le Français vient de fêter ses 26 ans. Victorieux de la Clasica San Sebastian l’an passé, il doit encore démontrer qu’il est un leader. Dixième de Paris – Nice, il a su prendre la sixième place de l’E3 Harelbeke et troisième de la Flèche Brabançonne. Il sait briller sur différents terrains et il est rapide. Sur la montagne, il signe une quinzième place à Béal. Avec toutes ces qualités, pourquoi ne pas le voir sur une étape comme celle de Gap, mercredi ?
(Quinzième de l’étape à 1’04’’ )

- Leopold König (NetApp) : Qu’est devenu le vainqueur de la première étape de montagne de la dernière Vuelta ? Difficile à dire. Transparent en ce début d’année, il a récemment pris la quatrième place du Bayern Rundfahrt. Ce sera le leader de l’équipe NetApp sur le prochain Tour de France. Pour la première participation de l’équipe Allemande à la Grande Boucle. L’arrivée au sommet du Béal l’aura peut-être rassurer. Il est en tout cas le seul coureur de NetApp semblant en mesure de montrer le maillot en montagne.
(Seizième de l’étape à 1’17’’ )

 

Les moins tops...

 

Que penser de ?

 

Peraud- Vincenzo Nibali (Astana) : Sixième de l’étape à 27’’, il est désormais sixième au général à 50’’. On le voit mal reprendre autant de temps à Chris’ Froome (et 38’’ sur Contador). On en a déjà beaucoup dit sur lui (lire ici et ses déclarations après l’arrivée ici). Chacun aura son opinion mais une chose est sûre, il l’admet lui même, son début de saison ne s’est pas passé comme il l’espérait.

- L’équipe Sky : On ne peut pas dire que Chris’ Froome ait manqué de soutien lors de cette première étape difficile. Comme d’ailleurs il n’avait pas manqué de soutien lors de l’étape reine du Tour de Romandie. Oui, mais ce sont deux fois où on résume la course à une étape. Geraint Thomas et Mikel Nieve (transfuge à l’intersaison) ont donné pleine satisfaction. Quid de Richie Porte ? Totalement à côté de la plaque depuis sa deuxième place au Tour d’Andalousie. Lâché très tôt dans l’ascension, Porte donne d’inquiétants signes de faiblesse. Même si Froome affirme vouloir continuer à croire en l’Australien, et si ses entraînements sont apparemment très bons, en compétition, il n’y a plus personne… L’autre maillon faible de la chaîne noire est normalement David Lopez Garcia. Il fait parti, avec Richie Porte, des deux coureurs qui s’entraînent avec Chris’ Froome. Si Nieve a mené un train impressionnant, Lopez Garcia devait normalement prendre le relai mais il a disparu du groupe de tête avant de pouvoir aider son leader…

 

Les flops

 

- L’équipe AG2R – La Mondiale : Rien de catastrophique pour Romain Bardet, qui arrive à 1’33’’ de Chris’ Froome (dix-neuvième de l’étape), mais l’Auvergnat confie lui même que c’est une grande déception. Incontestablement il avait à cœur de briller sur ses terres, sur ce Dauphiné, et en vue du Tour de France. Il dit avoir souffert de la chaleur. La première grosse chaleur de l’année. Désormais seizième du général, il est à 44’’ du Top 10 pour l’instant. Pour Jean-Christophe Péraud, ce n’est pas la même chose. Arrivé à près de 7’, c’est clairement inquiétant en vue du Tour de France. Hors de forme ? Un jour sans ? On connaît la détermination du coureur. Mais pour le général, il n’y a plus d’espoir. Il va falloir maintenant vite se remettre en selle et tenter de se rassurer autrement.

Kiatkwoski- Michal Kwiatkowski (Omega Pharma – Quick Step) : Après son incroyable début de saison, ses sept victoires, sa deuxième place au Pays Basque, son top 5 sur l’Amstel et ses deux top 3 sur la Flèche Wallonne et Liège – Bastogne – Liège, on s’est dit qu’on tenait peut-être la petite pépite du cyclisme de demain. On ne va pas remettre tout ça en question pour une journée difficile. Il y a perdu plus de 2’. En même temps, le onzième du dernier Tour de France n’avait pas non plus crevé l’écran l’an passé sur les routes du Dauphiné, dont il avait d’ailleurs abandonné la dernière étape. Et ça ne lui avait pas empêché de terminer onzième de son premier Tour de France après avoir notamment travailler pour emmener les sprints de Mark Cavendish.

- Tejay Van Garderen (Team BMC) : Deuxième du Tour d’Oman, il avait dû abandonner Paris – Nice avant même l’arrivée de la première étape… malade ! Mais sa troisième place en Catalogne et la sixième au Tour du Pays Basque avait donné des signes rassurants. Pourtant, il y a un mois, sur le Tour de Romandie, il se retire le quatrième jour lors de l’étape reine. Il faut dire aussi qu’il avait chuté lors du prologue et qu’il s’en ressentait toujours beaucoup. Sur la montée du Béal, il perd 2’38’’. Le cinquième du Tour de France 2012 sort d’une année 2013 compliquée. Pour l’instant 2014 n’est pas très rassurant.

Mais ce Critérium du Dauphiné a encore beaucoup à offrir en terme de spectacle et d’indication des états de forme respectifs en vue du Tour de France.


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Publié le par Antoine PLOUVIN


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