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Patrick Lefevre : «Julian Alaphilippe… j'ai été comme un second père

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Mis à jour le par Titouan LABOURIE
Photo : Instagram Patrick Lefevere

Quelques jours après l'annonce de la retraite de Julian Alaphilippe, Patrick Lefevere a pris la parole pour revenir sur les années passées aux côtés du Français. Dans les colonnes du Nieuwsblad, l'ancien patron de la Quick-Step a notamment évoqué la relation singulière qu'il entretenait avec le double champion du monde, qu'il considère presque comme un membre de sa famille. L'histoire entre Patrick Lefevere et Julian Alaphilippe a débuté lorsque le Français n'avait que 17 ans. Repéré par l'un des recruteurs de la structure belge, "Loulou" a d'abord intégré la réserve en 2013 avant de rejoindre l'équipe WorldTour l'année suivante. Il y restera jusqu'en 2024 et y construira l'essentiel de son impressionnant palmarès.

Vidéo: Julian Alaphilippe avait parlé de sa retraite en fin du Tour 2026

 

"Il occupe une place particulière dans mon cœur"

Désormais retraité à 34 ans après avoir décidé de ne pas aller au terme de son contrat avec Tudor, Julian Alaphilippe laisse derrière lui une carrière qui aurait toutefois pu prendre une autre dimension selon Lefevere. Le Belge estime notamment que le Tour de France 2019, lors duquel le Français a remporté deux étapes et conservé le maillot jaune pendant 14 jours avant de terminer 5e, lui a laissé des traces importantes. "Chez Tudor – et il faut bien l’avouer, aussi lors de ses dernières années au sein de notre équipe – il se battait contre lui-même", a déclaré Lefevere. "Contre les attentes et le palmarès de ses meilleures années: Milan-San Remo, trois fois la Flèche Wallonne, deux fois champion du monde. En 2019, il a même failli remporter le Tour de France." Pour l'ancien manager de la Quick-Step, cette édition 2019 de la "Grande Boucle" constitue probablement l'un des moments clés de la trajectoire d'Alaphilippe. "Je persiste à croire que son moteur a été mis à rude épreuve à cette époque, malgré toutes les victoires qui ont suivi", a-t-il expliqué. "Physiquement et mentalement, ce Tour a été trop éprouvant."

La relation entre les deux hommes n'a pourtant pas toujours été simple. Durant les dernières années d'Alaphilippe chez Quick-Step, Lefevere n'avait pas hésité à le critiquer publiquement, notamment au sujet de son comportement en dehors des courses. Avec le recul, le Belge assure néanmoins que ces tensions étaient aussi liées à l'affection qu'il portait au coureur. "Mais il occupe une place particulière dans mon cœur, et je crois que c'est réciproque", a estimé l'homme de 71 ans, qui s'était retiré à l'issue de la saison 2024. "Il savait que je lui disais la vérité. Je lui ai parlé sans arrière-pensée (...) C'est peut-être un peu cliché, mais pendant toutes ces années, Julian est le coureur pour lequel j'ai été le plus comme un second père." Une proximité que Lefevere assume pleinement lorsqu'il évoque le Français. "Il était comme un demi-fils pour moi", a-t-il ajouté. Le dirigeant belge explique également pourquoi leur relation était parfois aussi électrique. "C'était le genre de lien qui nous unissait: j'étais souvent en colère contre lui, même si je n'avais pas le droit de l'être. Plus qu'avec n'importe quel autre coureur, j'ai le sentiment d'avoir compté dans la vie de Julian."

Alaphilippe n'était d'ailleurs pas le seul coureur proche de Lefevere à avoir récemment tiré sa révérence. Bob Jungels, autre ancien de la Quick-Step et ami du Français, a annoncé sa retraite quelques jours avant lui. Les deux hommes partageaient notamment un goût prononcé pour les moments festifs, comme le raconte Lefevere avec amusement. "Ils avaient beaucoup en commun: deux beaux garçons qui aimaient profiter de la vie. Comme on disait à l'époque: trop beaux pour être coureurs. Disons simplement qu'on faisait souvent exprès de ne pas leur donner le même emploi du temps. Ce sont tous les deux des fêtards, et moi aussi, bien sûr. C'était souvent une stratégie délibérée: si Bob ou Julian gagnait, j'organisais la fête. Au moins, je savais ce qui se passait et quand c'était fini."

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