+
A LA UNE

Miguel Martinez : «Lenny fait partie des grands du Tour»

Tour de France
Mis à jour le par Jules STEPHO
Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Au micro de Cyclism'Actu, Miguel Martinez livre ses impressions après la 5e place exceptionnelle de son fils Lenny sur ce Tour de France 2026. Entre fierté paternelle, analyse tactique de l'étape de l'Alpe d'Huez face à Richard Carapaz et perspectives d'avenir face à la nouvelle génération portée par Paul Seixas et Isaac Del Toro, l'ancien champion olympique se confie sans détour.

Vidéo: La réaction de Miguel Martinez après la 5e place au général de Lenny !

 

"C'est vrai que pour Lenny, c'est une super belle surprise"

Lenny n'était pas venu pour le classement général, il finit 5e... Ce ne serait pas la plus belle surprise quand même ?

Oui, c'est vrai que pour Lenny, c'est une super belle surprise. Mais depuis tout jeune, il a l'ambition de faire un jour un podium et, comme tous les champions sur les Champs-Élysées, il rêve de gagner un jour le Tour. Après, c'est vrai que ce sera très difficile, mais il veut y croire. Je pense que cette année, il avait envie de se prouver à lui-même qu'il était capable de réaliser de grandes choses et qu'il n'était pas seulement qu'un grimpeur.

 

C'est quoi le cap qu'il vient de franchir du coup ? Ça fait un petit moment qu'on le suit et régulièrement on nous dit qu'il franchit un cap, qu'il apprend... L'apprentissage est fini là ?

Oui ! Là, il arrive à une maturité où l'on voit très bien qu'il fait désormais partie des cinq meilleurs mondiaux, en tous les cas sur le Tour de France. Et il va encore nous faire de belles choses. Il est en progression constante : ça s'est très bien vu cette année avec ses places au classement général sur les différentes courses. À chaque fois, il prouve à lui-même qu'il est capable d'être parmi les grands du Tour.

 

"C'est vrai qu'il rêve de faire un podium un jour..."

Quand on finit 5e du Tour de France 2026, c'est quoi le prochain objectif ?

C'est toujours de faire mieux ! C'est vrai qu'il rêve de faire un podium un jour. Après, on ne sait pas ce que l'avenir réserve parce qu'il y a Paul Seixas qui est très fort, Isaac Del Toro a montré aussi qu'il était capable de gagner un Grand Tour... Il y a une très belle génération qui arrive, sans compter ceux qu'on ne connaît pas encore. Plus ça va, plus les jeunes arrivent tôt. Ce qu'il faut, c'est profiter de l'instant présent : pour l'instant Lenny est 5e et on est vraiment fiers de lui.

 

 

"Si Monsieur Carapaz avait eu la bonne idée de rouler avec Lenny..."

Trois Français dans le top 10, mais par contre pas de victoire d'étape... C'est peut-être ça le plus frustrant, non ?

C'est vrai qu'on veut toujours une victoire d'étape en plus, mais Lenny a tout donné pour l'étape de l'Alpe d'Huez et c'est le principal. J'ai revu des images avec Richard Carapaz : on peut le critiquer, mais à un moment donné, après une attaque de Carapaz, Lenny va se mettre à ses côtés, lui tape sur l'épaule et lui demande de rouler gentiment avec lui. Il lui a dit qu'il valait mieux qu'ils roulent ensemble, et Carapaz a dit non. À partir de ce moment-là, c'était la guerre jusqu'en haut. Si Monsieur Carapaz avait eu la bonne idée de rouler avec Lenny... C'est vrai que Lenny ne l'a pas fait au début parce que ça montait à un rythme très élevé, mais je pense qu'il aurait pu y avoir une très belle entente et ils auraient pu faire 1 et 2. Après, c'est la loi de la tactique. Je trouve que Lenny l'a très bien courue, parce que si Carapaz n'avait pas sauté de la roue de Tadej Pogačar, Lenny aurait presque pu les battre au sprint. La tactique est toujours jugée mauvaise quand on perd, mais s'il avait gagné, elle aurait été excellente. D'ailleurs Steve Chainel l'a très bien dit à la télévision sur Eurosport, ils ont fait de très bons commentaires. On peut être fiers de Lenny en tous les cas.

 

C'est quoi le sentiment du papa ce soir à la fin de ce Tour de France 2026 ? Qu'est-ce qu'il y a dans la tête de Miguel ?

C'est beaucoup de fierté. Je suis très fier de lui, forcément. Là, on rentre dans la cour des grands : il a 23 ans, il finit à une minute de Paul Seixas. Il y a une génération de Français qui est en train de jouer, un jour ou l'autre, la gagne pour le Tour. Et si ça ne marche pas sur le général, Lenny a largement la capacité d'aller chercher le maillot à pois pendant pas mal d'années. Il faut être patient, mais on ne peut attendre que du beau pour la suite.

 

Tu disais avant la Flèche Wallonne que tu ne savais pas si Lenny était plus fort que toi à ton époque. Et du coup, maintenant ?

Il est différent ! Je ne pense pas qu'il puisse être champion olympique de VTT (rires), mais maintenant il fait partie des grands du Tour et j'en suis très fier. Je préfère même qu'il soit au-dessus de moi, c'est tout ce que je lui souhaite

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

A LIRE AUSSI

TOUR DE FRANCE

Yvon Ledanois : "Seuls les grands champions gagnent sur le Tour"

TOUR DE FRANCE

Jordan Jegat: "L'année dernière, j'avais beaucoup plus d'émotions"

 

A la Une