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Alex Baudin : «Je n'ai plus d'oreilles... c'était ouf »

Tour de France
Mis à jour le par Nathan DELODDERE
Photo : Cyclism'Actu
Au terme d'une 19e étape dantesque achevée au sommet mythique de l'Alpe d'Huez ce vendredi, Alex Baudin jeune coureur de EF Education - Easypost affichait un mélange d'épuisement total et d'exaltation pure à l'arrivée. Essoré après avoir roulé à bloc toute la journée au service de son leader Richard Carapaz récompensé par la prise du maillot à pois de meilleur grimpeur, le Savoyard est revenu au micro des journalistes sur l'ambiance incandescente des 21 lacets et la folle détermination de son coéquipier équatorien en cette fin de Tour de France.

"On ne pédalait même pas tellement les gens nous poussaient"

Pour sa première ascension de l'Alpe d'Huez en condition de course sur la Grande Boucle, Alex Baudin a pris une véritable claque sensorielle au milieu de la marée humaine. Submergé par le bruit assourdissant et la ferveur des spectateurs massés sur le bord des routes, le Français est apparu presque étourdi au moment d'analyser sa montée : "C'était fou, je n'avais jamais expérimenté quelque chose comme ça et j'ai vraiment apprécié ! Je n'ai plus d'oreilles, c'était ouf. Je n'avais plus trop d'énergie, mais ça m'a beaucoup aidé. Il y a des moments, pendant quelques centaines de mètres, on ne pédale même pas tellement les gens nous poussent ! C'est vraiment impressionnant, un truc de ouf." Ravi d'avoir pu apercevoir un ami dans la cohue, Alex Baudin a même tenté de communier avec la foule, tout en restant vigilant : "J'ai essayé de faire des olas avec le public, mais c'était un peu dangereux, il fallait garder les mains sur le cintre. Mais il faut le prendre du bon côté et profiter quand on est derrière, sinon c'est que de la souffrance pour rien."

Vidéo: Alex Baudin à l'arrivée de la 19e étape

 

Le sacrifice pour Richard Carapaz, "monstrueux en troisième semaine"

Au-delà du spectacle en bord de route, la mission du jour était claire pour Alex Baudin : s'imposer un rythme d'enfer en tête de course pour offrir un maximum de champ à Richard Carapaz. Si le bouquet d'étape a finalement échappé au clan américain, l'Équatorien s'empare de la précieuse tunique blanche à pois rouges. "On a pu prendre le plus d'écart possible, on a roulé à bloc toute la journée pour lui. Au final, il n'y a pas la victoire d'étape mais il y a le maillot à pois, donc c'est quand même cool", apprécie le Savoyard, forcé d'admirer la capacité de résilience de son leader. "Comme d'habitude, chaque fois qu'il fait le Tour, en troisième semaine, il est monstrueux. C'est cool d'avoir un mec comme ça dans l'équipe pour se donner à fond. Sa détermination est juste impressionnante." Un don de soi précieux alors qu'un dernier gros morceau alpin attend encore le peloton ce samedi : "Malheureusement, ce n'est pas fini ! On va remettre ça demain et on verra bien", conclut-il avec le sourire. Et lorsqu'on lui demande ce qu'il peut apprendre de son leader, il répond impréssionné : "Rien, il est juste super fort. C'est sa détermination qui est impressionnante. Apprendre de lui, je ne sais pas. Il ne va pas me dire comment appuyer plus fort sur les pédales."

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