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Naesen sur le dopage : «C'est humain de se poser des questions»

Tour de France
Mis à jour le par Nathan DELODDERE
Photo : Sirotti

Alors que les vitesses moyennes hallucinantes et les records de montée battus sur ce Tour de France 2026 raliment les éternels soupçons de dopage, le capitaine de route belge Oliver Naesen a abordé le sujet sans détour. Invité du podcast du quotidien flamand Het Laatste Nieuws HLN, le coureur de l'équipe Decathlon-CMA CGM s'est exprimé avec sa franchise habituelle sur ces performances hors normes qui font polémique. Une sortie médiatique cash, largement reprise par la presse belge et internationale, où il affronte les doutes du public face à l'incompréhension générale, principalement après les contrôles de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 juillet juste avant l'arrivée au Plateau de Solaison.

Vidéo: Tadej Pogacar après la 15e étape du Tour de France

 

Des performances qui interrogent et la hantise du dopage dans les têtes

Face aux moyennes hallucinantes enregistrées depuis le grand départ, la question du dopage revient inévitablement sur toutes les lèvres chez les suiveurs et les passionnés. Au micro de HLN, Oliver Naesen ne fait pas l'autruche et comprend parfaitement que de telles démonstrations de force puissent susciter le doute. "Je sais très bien ce que les gens pensent en regardant leur télévision quand ils voient les temps de montée exploser. C'est humain de se poser des questions et de repenser aux sombres heures du cyclisme quand le rythme devient aussi inhumain", reconnaît-il sans langue de bois. Le Flandrien avoue lui-même être parfois sidéré par les écarts creusés sur la route. "On développe des chiffres de watts que je n'avais jamais vus de toute ma carrière, on est tous affûtés au gramme près, et pourtant, quand les cadors attaquent dans les cols, on a l'impression d'être arrêtés. C'est une vitesse qui choque, et c'est logique que le mot dopage ressurgisse dans les débats".

Il revient alors sur le sujet qui hante le cyclisme depuis des années, il a entendu dire que les contrôleurs recherchent une hormone de croissance. "C’est pour détecter quelque chose qui n’est dans ton sang que pendant trois heures. Il existe de tels produits antidopage. Tu ne peux pas prendre ça sur le Plateau de Solaison, parce que pourquoi prendre ça pour un jour de repos ? Il faut vérifier à un moment important, pas à onze heures du soir ", a déclaré le coureur de 35 ans.

 

Évolution scientifique ou retour des vieux démons ? L'analyse de Naesen

S'il comprend la méfiance du grand public face à ces cadences diaboliques, le Belge tient néanmoins à expliquer les rouages de cette mutation physique impressionnante sans fermer la porte au débat. "La différence aujourd'hui, c'est que la préparation, la nutrition et le matériel sont poussés à un niveau de perfectionnement absolu. Il n'y a plus aucun amateurisme", avance-t-il auprès du média belge. Mais Oliver Naesen sait que dans l'inconscient collectif, la frontière entre gains marginaux et tricherie reste mince quand les limites humaines semblent repoussées chaque jour. "Qu'on le veuille ou non, le cyclisme traîne son passé comme un boulet. Dès que quelqu'un écrase la concurrence comme c'est le cas cette année, l'ombre du dopage plane au-dessus du maillot jaune. C'est à nous de vivre avec ces suspicions, mais je peux vous assurer que dans le peloton, la souffrance, elle, est 100 % réelle", conclut le routier belge avec un brin d'amertume.

Une amertume non dissimulée lorsqu'il parle de ces contrôles nocturne, sous accord d'un juge qui plus est : "J’ai entendu dire qu’ils cherchent de l’hormone de croissance. Qui a déjà été pris pour ça ? C’est la première fois que j’entends ça. Autrefois, cela était indétectable. Dans quelle mesure faut-il contrôler les passagers à toute heure de la journée ? S’il existe réellement des produits antidopage qui ne sont dans votre sang que pendant trois heures, cela pourrait être tentant", poursuivit Oliver Naesen. Cependant, il critique aussi le calendrier des contrôles. "Deux heures du matin, c’est extrême. Je pense qu’il faut trouver une limite à ce que l’on peut faire à un athlète. Les contrôles antidopage en font partie, bien sûr, mais je n’ai jamais expérimenté les contrôles au milieu de la nuit. Cela n’arrive dans aucun autre sport", a déclaré l’ancien champion belge. Nous apprenons également que d'autres équipes comme Decathlon-CMA CGM et Red Bull-BORA-Hansgrohe ont été contrôlées hier soir (ce lundi 20 juillet, ndlr).

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