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Tony Gallopin et Stéphane Heulot: «Tout s'est fait naturellement…»

Tour de France
Mis à jour le par Titouan LABOURIE
Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

À quelques jours du Grand Départ du Tour de France, la TotalEnergies a officialisé l'arrivée de Tony Gallopin dans un rôle de consultant expert aux côtés du manager général Stéphane Heulot. Un renfort de poids pour accompagner le staff sportif pendant les trois semaines de course. Les deux hommes ont détaillé à Cyclism'Actu les contours de cette nouvelle collaboration, les ambitions de l'équipe et les défis qui attendent le collectif emmené par Jordan Jegat.

Vidéo: Tony Gallopin et Stéphane Heulot au micro de Cyclism'Actu

 

"J'espère que cette collaboration sera fructueuse"

On est un peu surpris de vous voir former ce duo juste avant le Tour de France. Tony, comment cette arrivée s'est-elle faite ?

Tony Gallopin : Tout s'est fait très rapidement. Stéphane m'a appelé il y a environ une semaine pour m'expliquer la situation et me proposer de rejoindre l'aventure juste avant le Tour de France afin d'apporter mon soutien. L'hésitation n'a pas été très longue. On a beaucoup échangé et j'ai tout de suite sauté dans le wagon. Me voilà aujourd'hui à Barcelone.


Quel sera concrètement votre rôle de consultant expert ?

Tony Gallopin : C'est un rôle que nous avons défini ensemble pour soutenir la direction ainsi que les directeurs sportifs, Romain Sicard et Cyril Lemoine. Je partagerai la première voiture avec Romain. L'idée est de construire ensemble, d'apporter mon expérience d'ancien coureur mais aussi de directeur sportif ces dernières années. J'espère pouvoir offrir un regard différent et contribuer à la réussite du groupe.


Stéphane, on dit souvent qu'un binôme fonctionne avant tout grâce aux hommes. Qu'est-ce qui vous plaît chez Tony Gallopin ?

Stéphane Heulot : Nous avons déjà un passé commun chez Lotto, donc je connais très bien Tony. Je connais sa connaissance de la course et tout ce que représente le Tour de France. Il était important d'apporter un regard nouveau, de l'expérience et du soutien à Romain Sicard et Cyril Lemoine. Je savais que Tony s'intégrerait très rapidement au groupe, et j'espère que cette collaboration sera fructueuse.


Tony, arriver quelques jours avant le départ du Tour, ce n'est pas un défi un peu particulier ?

Tony Gallopin : Bien sûr que c'est du travail. Le Tour de France est une course exigeante. Ces derniers jours, je me suis complètement plongé dans le projet. J'ai beaucoup échangé avec l'équipe et tout s'est fait très vite. Stéphane, je le connais bien puisque nous avons travaillé ensemble ces deux dernières années. Je connais ses qualités de manager. Quand il m'a appelé, tout s'est fait naturellement.

 

"L'avenir de l'équipe ? J'espère que nous pourrons bientôt rassurer tout le monde"

Stéphane, cela fait désormais plusieurs mois que vous êtes à la tête de TotalEnergies. En découvrant votre sélection, on a le sentiment de voir avant tout une bande de copains. C'est une impression juste ?

Stéphane Heulot : Chez TotalEnergies, l'humain est au cœur du projet. Les relations sont très importantes et très fortes. Nous avons construit cette équipe dans cet esprit, avec une obsession : le collectif. C'est ce qui devra nous porter pendant ces trois semaines. Nous avons des objectifs communs, que ce soit sur les victoires d'étapes, autour de Jordan Jegat pour le classement général ou encore au classement par équipes. La composition n'a pas été simple à établir, mais je pense qu'elle sera à la hauteur des enjeux.


Jordan Jegat nous a confié que porter le maillot jaune dès la première semaine lui plairait beaucoup. Tony, vous qui avez connu cette expérience, quels conseils pouvez-vous lui donner ?

Tony Gallopin : Le parcours peut effectivement offrir ce type d'opportunité. C'est toujours un peu particulier selon le profil de la première semaine. Souvent, c'est plus favorable lorsqu'il y a de la moyenne montagne, comme dans le Massif central, les Vosges ou le Jura. Là, il y aura malgré tout des occasions. Il faudra aussi en discuter avec Jordan pour savoir si c'est une véritable priorité ou si cela doit simplement se présenter naturellement. Le Tour dure trois semaines. Ce serait une belle opportunité, mais je ne pense pas qu'il faille se focaliser uniquement là-dessus. En revanche, Jordan a les qualités pour aller chercher ce type d'objectif.


Stéphane, c'est aussi un Tour particulier : pour la première fois depuis 27 ans, aucun coureur vendéen ne sera au départ sous les couleurs de TotalEnergies. Était-ce un choix assumé ?

Stéphane Heulot : Bien sûr que nous aurions préféré mettre une nouvelle fois la Vendée à l'honneur avec l'un de ses coureurs. Mais aujourd'hui, nous construisons avant tout la meilleure équipe possible pour le Tour de France. Cette sélection conduit effectivement à leur absence. Cela ne remet pas en cause notre identité. Nous sommes Vendéens de cœur, pas uniquement parce que nous y sommes nés ou que nous y habitons. Jean-René Bernaudeau partage totalement cette vision. Son objectif est de présenter la meilleure équipe possible, avec ou sans coureur vendéen. Nous ne sélectionnons pas les coureurs en fonction de leur lieu de naissance, mais de leur niveau sportif.


Tony, selon vous, qu'est-ce qui définirait un Tour de France réussi pour TotalEnergies ?

Tony Gallopin : Ce n'est pas moi seul qui vais le décider. C'est quelque chose que nous devons partager avec la direction. Bien sûr, on pense immédiatement à une victoire d'étape, à un maillot jaune ou à un maillot distinctif. Mais ce n'est pas uniquement cela. Il y a aussi l'attitude, l'engagement et la manière de courir. Aujourd'hui, le niveau est extrêmement élevé. Des coureurs comme Tadej Pogacar ou Jonas Vingegaard veulent tout gagner et laissent très peu d'ouvertures. Malgré cela, il existe toujours des opportunités. Une victoire d'étape serait déjà un très beau Tour.


Stéphane, au-delà du sportif, TotalEnergies joue aussi une partie importante pour son avenir. Où en êtes-vous aujourd'hui ?

Stéphane Heulot : C'est un travail permanent. Les discussions avancent bien et l'accueil réservé à notre projet est positif. Nous espérons pouvoir rapidement concrétiser ce projet global, qui est très important pour l'équipe. J'espère que nous pourrons bientôt rassurer tout le monde afin de nous concentrer pleinement sur le sportif, ce qui n'a pas toujours été possible ces derniers mois, notamment en ce qui me concerne.

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