Quelles «grosses cuisses» verront Montmartre et Paris ?
Tour de FranceLe Belge Arnaud De Lie est donc le premier sprinteur à avoir abandonné le Tour de France 2026 (jusqu'au 26 juillet). On savait que la 113e édition de la Grande Boucle promettait d'être une galère pour "les grosses cuisses". Trois semaines de course, 21 étapes, 3 333 kilomètres et 54 450 mètres de dénivelé positif.. pas facile quand on est spécialiste du sprint. Autant dire que ces coureurs du peloton n'ont aucun répit, avec un parcours guère taillé pour eux mais pour les grimpeurs, les puncheurs et les prétendants au maillot jaune de ce Tour de France 2026, et beaucoup moins pour les hommes les plus rapides du peloton qu'on a décidé de vous appeler "les grosses cuisses."
Vidéo: Baptiste Veistroffer n'a pu sauver Arnaud De Lie de l'abandon !
Un menu trop copieux pour les sprinteurs ?
Huit étapes de Montagnes, cinq arrivées au sommet, quatre étapes accidentées, deux contre-la-montre et seulement sept véritables opportunités pour les sprinteurs. Une répartition qui pose inévitablement une question : les grosses cuisses auront-elles encore suffisament de forces pour rejoindre Paris ? Pour ne pas leur simplifier la tâche, ce plateau leur est servi brûlant, depuis le Grand Départ de Barcelone ce samedi 4 juillet, les températures sont caniculaires et aucune baisse des températures n'est annoncée pour l'instant. Dans un tel contexte, les spécialistes des arrivées massives risquent de vivre trois semaines particuièrement compliquées.
Les occasions de lever les bras ne seront donc pas nombreuses, un problème technique ou un jour sans jambes ne sera pas possible. Une bordure, une cassure, une échapée solide qui se joue la victoire pourraient priver les prétendants au maillot vert d'une précieuse opportunité. Le plateau est pourtant exceptionnel : Mads Pedersen, Tim Merlier, Arnaud De Lie, Jasper Philipsen, Olav Kooij, Biniam Girmay feront tout pour s'accaparer la tunique verte. Il faudra aussi composer avec des garçons comme Dorian Godon, Milan Fretin, Pavel Bittner qui pourront aussi lever les bras et surprendre les purs sprinteurs tout comme le champion olympique Belge, Remco Evenepoel qui pourrait aussi réaliser une belle performance. Et bien évidement l'ogre Slovène Tadej Pogacar ne peut pas être écarté de ce classement, lui qui est capable de tout, pourrait très bien régler un sprint massif en plus de prendre des points lors de certaines arrivées au sommet.
Arnaud De Lie n'a pu terminer la 3e étape de ce Tour de France
Arnaud De Lie (Lotto-Intermarché) a été contraint d'abandonner le Tour de France lors de la 3e étape, toujours diminué par la maladie. Dès les premiers kilomètres, alors que la bataille faisait rage pour intégrer l'échappée, le Belge s'est rapidement retrouvé décroché du peloton. Une nouvelle fois accompagné par Baptiste Veistroffer, il a finalement dû mettre pied à terre avant l'arrivée. Le Belge avait déjà manqué la présentation des équipes à Barcelone en raison de problèmes gastriques, comme l'avait annoncé sa formation Lotto-Intermarché. Il n'avait également pas pu reconnaître le contre-la-montre par équipes précédant le Grand Départ. Déjà en grande difficulté lors de la 2e étape, qu'il avait bouclée à la 183e place, juste devant la voiture-balai et épaulé par son coéquipier Baptiste Veistroffer, De Lie n'a pas réussi à se remettre.
Arnaud De Lie devient ainsi le deuxième coureur à quitter ce Tour de France après Clément Berthet (Groupama-FDJ United), qui n'avait pas pris le départ de la 2e étape. Il s'agit d'un nouveau coup dur pour le coureur de 24 ans, déjà contraint à l'abandon lors du Giro d'Italia en mai dernier, où il avait quitté la course dès la 4e étape, là aussi en raison de la maladie. Arvid De Kleijn (Tudor) a lui été le dernier coureur à rallier l'arrivée dans les délais, juste devant la voiture-balai.
"C'est évidemment une énorme déception", a déclaré De Lie dans un communiqué publié par son équipe. "J'avais travaillé pendant des mois pour être prêt pour ce Tour de France et je rêvais de pouvoir me battre dans les sprints. Malheureusement, cette infection m'a beaucoup affaibli. J'ai tout fait pour me battre sur les deux premières étapes, Mais aujourd'hui, je n'avais tout simplement plus les jambes pour continuer d'autant plus que la chaleur était vraiment accablante. Je me suis accroché avec un petit groupe dans la roue de Baptiste, mais l'enchaînement des cols dans le final était trop usant. J'ai préféré laisser partir Baptiste afin qu'il puisse rentrer dans les délais. La seule chose à faire maintenant est de récupérer complètement et de revenir plus fort pour la fin de saison."
Qui pour finalement lever les bras à Paris ?
L'histoire du Tour est remplie de sprinteurs contraints à l'abandon avant Paris, usés par la montagne, les délais ou simplement par l'accumulation des efforts. Sur une édition aussi exigeante que celle qui nous est livrée cette année, terminer le Tour pourrait déjà constituer une performance. Alors qui lèvera les bras à Paris sur les Champs-Elysées ? Un sprinteur encore suffisamment frais pour parler sa pointe de vitesse ? Un coureur plus complet, capable de profiter d'un final taillé pour les puncheurs rapides ? Une chose est sûre : cette année, avant de rêver de victoire à Paris, les grosses cuisses devront d'abord prouver qu'elles sont capables d'y arriver.