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Guillaume Martin-Guyonnet : «Mon dixième Tour de France... »

Tour de France
Mis à jour le par Titouan LABOURIE
Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Pour son dixième Tour de France, Guillaume Martin-Guyonnet ne cache pas ses ambitions. Désormais sous les couleurs de Groupama-FDJ United, le Normand veut briller après plusieurs mois difficiles. Entre ses souvenirs contrastés du Tour, son regard sur la nouvelle génération incarnée par Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) et son analyse de la domination de Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG), il s'est confié au micro de Cyclism'Actu avant le Grand Départ.

Vidéo: Guillaume Martin-Guyonnet en interview avant le Tour

 

"Quoi qu'il arrive, je serai satisfait du parcours accompli"

Vous l'avez dit avec humour : "L'important, c'est de participer." Mais on imagine que vos ambitions vont bien au-delà ?

Oui, bien sûr. Participer à un dixième Tour de France, c'est déjà quelque chose de particulier, mais ce n'est pas un aboutissement. Je viens avec des ambitions personnelles, mais aussi des ambitions pour l'équipe. La première d'entre elles, c'est d'aller chercher une victoire d'étape. Je pense que nous avons un effectif très complet, capable d'exister sur presque tous les terrains. Les sprints seront peut-être un peu plus compliqués, même si Clément Russo peut aller chercher de belles places. En dehors de ça, nous pouvons être présents quasiment tous les jours. Il n'y aura pas une étape où nous nous dirons que nous n'avons rien à jouer.

 

Ce dixième Tour sera-t-il enfin celui qui vous sourira ? Vous avez connu beaucoup de hauts, mais aussi quelques coups du sort sur la Grande Boucle...

J'ai quand même de très bons souvenirs du Tour. C'est une course où l'on passe très vite des plus hauts aux plus bas. Je me souviens notamment de l'édition 2020, où j'étais remonté à la deuxième place du classement général avant de me faire lâcher dans une descente le lendemain, à une semaine de l'arrivée. J'ai aussi terminé plusieurs fois sur le podium d'étapes, mais c'est vrai que j'ai connu des chutes importantes et que j'ai également dû quitter le Tour une année à cause du Covid. Ce sont des sentiments mêlés, mais c'est aussi ce qui fait la particularité du Tour de France.

 

Vous avez tout connu sur le Tour. Il ne vous manque finalement qu'une victoire d'étape ?

Je ne sais pas s'il me manque quelque chose. Quoi qu'il arrive, je serai satisfait du parcours accompli. C'est vrai que je suis passé tout près de très belles choses. En 2020, par exemple, j'étais à quelques secondes seulement de porter le maillot jaune. Ce n'est déjà pas si mal. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

 

"Paul Seixas ? A son âge, il ne faut justement pas trop écouter les conseils"

En France, tout le monde ne parle que de Paul Seixas. Avec votre expérience, a-t-il vraiment ce petit quelque chose en plus dont tout le monde parle ?

Je croyais que vous alliez me parler de la Coupe du monde de football ! Aujourd'hui, les deux grands sujets, c'est Paul Seixas et l'équipe de France. Je ne connais pas personnellement Paul, donc je ne peux pas en dire beaucoup plus que ce que tout le monde voit à la télévision ou sur les courses auxquelles je ne participe pas. Ce qui est certain, c'est qu'il est extrêmement fort et qu'il semble déjà posséder une forme d'imperméabilité à la pression. À son âge, c'est particulièrement impressionnant.

 

Si vous aviez un conseil à lui donner avant son premier Tour de France ?

Je pense qu'il y a déjà beaucoup de monde qui essaie de lui donner des conseils en ce moment. Et je crois qu'à son âge, il ne faut justement pas trop écouter les conseils. (sourire)

 

Vous vous souvenez de votre premier Tour de France ?

Oui, très bien. Il y avait énormément d'excitation. C'était en 2017, à Düsseldorf, avec Wanty-Groupe Gobert. C'était la première participation de l'équipe au Tour de France et, presque, une surprise d'être invités. Nous étions neuf coureurs qui découvraient à la fois le Tour et les Grands Tours. Il y avait donc beaucoup de fraîcheur au départ. J'avais été très impressionné par la présentation des équipes, la foule au bord des routes et toute cette immense machine qu'est le Tour de France.

 

Notre chroniqueur Cyril Guimard estime qu'il y aura "Pogacar et les autres". Partagez-vous cette analyse ?

Il suffit de suivre le cyclisme depuis quelques années pour constater que Tadej Pogacar évolue dans un monde où il semble parfois être le seul habitant. Pour l'intérêt sportif, j'espère que le Tour ne sera pas déjà joué à Gavarnie (6e étape, ndlr), par exemple. Mais c'est effectivement une possibilité.

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