Afonso Eulálio : «Je ne m'attends pas à faire un bon chrono...»
Tour d'ItalieC'est une petite surprise après les neuf premières étapes de Tour d'Italie : Afonso Eulálio (Bahrain-Victorious) est toujours solide maillot rose. Le Portugais, leader du classement général depuis sa deuxième place sur la 5e étape, s'est accroché sur les deux premières étapes de montagne pour perdre le moins de temps possible sur les favoris de cette 109e édition. Ainsi, au moment de faire les comptes à l'occasion de la deuxième journée de repos, le grimpeur de 24 ans possède toujours 2'24 d'avance sur Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) et près de 3' sur Felix Gall (Decathlon CMA CGM). En conférence de presse à l'occasion de la journée de repos ce lundi, le Portugais a donné plus d'informations sur lui et surtout sur ces objectifs lors des douze étapes restantes de ce Tour d'Italie.
Afonso Eulalio en conférence de presse pour la journée de repos
"Il y a un mois, le chrono était une journée de repos"
Comment avez-vous passé la journée et comment vous préparez-vous pour le contre-la-montre [mardi] ?
Oui, le jour est assez occupée. Nous avons commencé à préparer toutes les choses avec le vélo de contre-la-montre, les vêtements... Dans mon plan, il y a un mois, le contre-la-montre était comme une journée de repos mais maintenant il faut tout donner.
Comment vous vous sentez sur votre vélo de contre-la-montre ? Combien de sessions d'entraînement avez-vous fait ? Comment vous vous sentez ?
Je ne suis pas très confortable avec l'exercice. Mais j'essaie d'améliorer ça, car je ne suis pas très bon. J'essaie d'améliorer, je travaille un peu sur ça. Mais pas trop, parce que je suis venu sur le Tour d'Italie comme un équipier avec des chances sur les étapes difficiles, en montagne. Maintenant, les choses ont changé et je dois tout faire à fond.
Pensez-vous pouvoir conserver le maillot rose après le contre-la-montre ?
Le maillot rose, je n'y crois pas. J'espère pouvoir me défendre et que je vais me battre pour ça. Jonas est super bon, c'est l'un des meilleurs coureurs du monde. Je vais donner tout ce que j'ai et me battre pour conserver le maillot.
Afonso Eulalio tenace sur la 9e étape
"Je me souviens d'un chrono d'Alaphilippe sur le Tour..."
Sur une échelle de 1 à 10, comment vous sentez-vous sur le contre-la-montre ?
Ça dépend aussi de quel contre-la-montre. Dans celui-là, c'est probablement un numéro super bas, 2 ou 3. Mais je me souviens d'Alaphilippe sur un Tour de France (2019) où il a gagné mais c'était un contre-la-montre vraiment différent. C'était un contre-la-montre technique avec des montées difficiles. Sur ce contre-la-montre, il n'y a pas de virages et c'est tout plat, ça ne se jour que sur la vitesse et c'est le pire pour les petits coureurs.
Quand vous avez commencé à courir, vous aviez des idoles, des réferences qui vous ont inspiré ?
Quand j'ai commencé à regarder, c'est quand Rui Costa a gagné les Championnats du Monde, en 2013. J'ai commencé à plus regarder mais je n'ai pas commencé le vélo. J'ai commencé à faire du vélo l'année avant le covid, j'appreciais juste mon vélo à la maison. J'ai juste essayé pour m'amuser avec des amis à l'école, pendant le week-end aussi, mais seulement pour m'amuser. Après, quelques amis m'ont dit qu'ils faisaient une course puis qu'ils faisaient une autre course... et j'ai commencé le VTT comme ça. Puis en 2019, il m'ont dit d'essayer le vélo de route.
Le jour où vous avez pris le maillot rose était une journée très délicate avec des conditions difficiles, votre talent est ressorti.
Je pense que je n'ai pas l'expérience des autres. Quand ce n'est pas si dur, les autres savent comment faire la course. Je ne sais pas. Quand c'est dur, vous devez avoir les jambes et la forme. Ce jour-là, dans l'échappée, il y avait probablement des coureurs plus forts que moi. Mais le final de cette journée était si dur... Je suis super bien ces jours-là. J'ai souffert, mais j'ai vraiment apprécié cette journée. Quand il pleut, que c'est mouillé, long et avec beaucoup de montées et de descentes, j'apprécie beaucoup ces journées.
Le Portugais est sous la menace de Jonas Vingegaard
"Rui Costa m'a appelé... C'est incroyable"
Et comment était votre expérience lors des Championnats du Monde au Rwanda l'an dernier ?
C'est une expérience assez drôle. Ce n'est pas la meilleure pour nous, parce qu'on voyage tout l'année, et c'est un autre long voyage. C'est assez dur pour nous, mais j'apprécie les mondes différents. C'était aussi assez dur avec la météo, c'est en altitude et il fait chaud.
Vous avez gagné en notoriété au Portugal, est-ce que vous avez reçu des messages de personnalités ?
Oui, le président (António José Seguro) a essayé de m'appeler et m'a laissé un message. Je pense faire quelque chose de bien. Rui Costa aussi m'a appelé et m'a envoyé un message, c'est incroyable. C'est le coureur que je regardais quand j'ai commencé et maintenant il m'envoie un message.
Quels sont vos objectifs pour ce Giro désormais ? Vous voulez rester placé au classement général ?
On verra après le contre-la-montre parce que je ne m'attends pas à faire un bon contre-la-montre. Je ne sais pas ce que je peux faire pendant ces deux semaines et la dernière semaines est également très difficile mais on a une bonne équipe, on travaille super bien.
Comment votre corps répond après presque deux semaines de course ?
Je pense que je réponds plutôt bien. Je pense que mon corps a bien récupéré de cette journée dans l'échappée. Évidemment je fatigue, mais [dimanche] j'avais de bonnes jambes. Sur le Blockhaus (étape 7), je me sentais vraiment fatigué mais on verra. L'année dernière, pendant la dernière semaine, sur le Giro, c'est quand je suis passé au sommet du Mortirolo, je ne passe pas loin de jouer la victoire avec Romain Bardet mais les favoris sont revenus dans les derniers kilomètres. Mais je pense que je m'en sors assez bien en dernière semaine.
"Il reste deux semaines, beaucoup de choses peuvent arriver"
Après ces jours en rose et quelques jours en montagne, quelles sont tes attentes pour cette deuxième semaine ?
Il faut voir ce que je peux faire sur le contre-la-montre. Après, quand la montagne arrivera, si ce n'est pas trop dur, j'espère que je pourrais bien figurer.
Quels sont les moments les plus durs que tu a vécu en rose ?
Le plus difficile pour le moment, je pense que c'est la journée dans l'échappée. Quand j'ai porté le maillot rose, c'est probablement le Blockhaus, pas seulement pour la montée mais aussi pour le vent.
Qu'est-ce que vous voulez atteindre dans votre carrière après cette grande aventure ici ?
On verra aussi après le Giro. Les dernières années, je me suis beaucoup amélioré, sauf en contre-la-montre. Mais j'ai beaucoup progressé sur les courses d'un jour, les courses d'une semaine. Mais sur le Giro, nous sommes venus avec de très bons objectifs mais aussi sur le Tour de Catalogne, j'ai bien marché, j'ai aidé Buitrago et Martinez. L'équipe et moi nous savons que je suis fort dans ces moments-là donc je vais juste continuer à travailler et voir ce qu'on peut faire.
Pensez-vous que vous pourriez finir dans le top 10 à Rome ?
Quand j'ai porté le maillot rose, ça m'a donné de la force. Mais je ne sais pas ce qu'il va se passer quand je vais le perdre. Il reste deux semaines de course, beaucoup de choses peuvent encore se passer.