Carlos Verona: «Tadej Pogacar remportera les cinq Monuments...»
Tour de CatalogneAlors que le Tour de Catalogne a débuté ce lundi, Carlos Verona (Lidl-Trek) s'est exprimé dans les colonnes de Marca. Le coureur Espagnol de 33 ans n'a jamais manqué une seule édition de la course catalane depuis ses débuts en WorldTour, soit depuis 13 saisons professionnelles. C'est donc une course qu'il affectionne particulièrement. Il y joue cette année un rôle d'équipier pour ses leaders et notamment Mattias Skjelmose. Verona évoque également la présence de Juan Ayuso dans le collectif depuis la nouvelle saison, et l'évolution de la structure de Lidl-Trek qui s'affirme comme l'une des meilleures équipes du peloton à présent. Il est revenu aussi sur les performances de Tadej Pogačar (UAE Team Emirates XRG).
Le kilomètre final de la deuxième étape du Tour de Catalogne
"Le vainqueur sera l'un des grands noms du peloton"
Carlos Verona considère que le Tour de Catalogne est l'une des courses les plus exigeantes du calendrier : "Pour moi, c'est une course spéciale, c'est ma treizième participation, je n'ai manqué aucune édition depuis 2013, année de mes débuts sur le WorldTour, donc c'est toujours spécial d'être ici. Je pense que, parmi les courses d'une semaine, c'est certainement la plus difficile de l'année en raison de son tracé. La fraîcheur est déterminante. Ceux qui viennent de Tirreno-Adriatico ou de Paris-Nice risquent de souffrir davantage car l'arrivée est très concentrée. Quoi qu'il en soit, le vainqueur sera l'un des grands noms du peloton."
Si son équipe affiche une composition très solide, le coureur n'exclut pas de pouvoir jouer sa chance : "Nous n’avons probablement pas le grand favori pour le classement général, étant donné la présence de Vingegaard, nous devrons donc peut-être jouer nos cartes de loin. Si une opportunité se présente, je n'hésiterai pas à la saisir car je suis en assez bonne forme. Quoi qu'il en soit, mon objectif est de me donner à 110 % pour l'équipe."
Juan Ayuso, "déjà concentré à 100% sur ses objectifs"
Le coureur rassure sur l'état de forme de son leader Juan Ayuso, victime d'une chute sur Paris-Nice : "Je me suis entraîné avec lui chez moi et je l'ai trouvé en forme, remis tant du coup physique que du coup moral. Cela lui permettra de grandir en tant que coureur et d'apprendre à gérer les moments difficiles. Gagner l'Algarve, c'est très beau, mais le cyclisme comprend aussi ces moments-là. Comme la blessure n’était pas grave et qu’il s’entraîne bien, il est déjà concentré à 100 % sur ses prochains objectifs, qui, je pense, se situeront au Pays Basque."
Carlos Verona dispose désormais d'une certaine expérience. Il pense que Juan Ayuso sortira plus fort de cette épreuve : "Le cyclisme, c’est comme ça. Il faut aider tout le monde. Les chutes, les maladies et les moments difficiles font partie de ce sport. C’est justement ce qui le rend intéressant : ce n’est pas linéaire. Il est vrai qu'il y a une pression extérieure et des critiques, mais cela fait partie du sport. Très peu de gens savent ce que c'est que de courir dans les conditions d'un Paris-Nice, où tout peut basculer en quelques secondes. Il faut le vivre et aller de l'avant." Les deux coureurs s'apprécient particulièrement bien : "on s’amuse beaucoup. Pour moi, c’est une bouffée d’air frais. S'entraîner avec lui, c'est presque comme un jeu. En ce sens, il me rappelle Alejandro Valverde. Juan est méthodique, mais il laisse aussi place à l'improvisation : parfois, on trouve un segment sur Strava et on se lance des défis. En raison de nos affinités, de notre langue commune et de notre cohabitation, il est normal que nous soyons proches, car nous ne sommes pas très nombreux à être espagnols dans l'équipe", ajoute le coureur.
De nouvelles ambitions...
Lidl-Trek peut revoir ses objectifs à la hausse sur le Tour de France, à condition de compter sur un Juan Ayuso en pleine forme : "Nous définirons [l'objectif] plus tard, au fur et à mesure que la saison avancera. En mai, il y aura un stage d'entraînement qui marquera la préparation. Sur le papier, un podium est envisageable, même si c'est très compliqué. Il y a beaucoup de coureurs forts. Il est clair que Pogacar et Vingegaard sont un cran au-dessus, mais le cyclisme est imprévisible. Dans un grand tour de trois semaines, tout peut arriver" indique Verona. L'arrivée de Lidl a donné à l'équipe "une base très solide. Nous bénéficions de nombreux moyens et, en plus, ils ont une vision très claire du cyclisme : ils veulent le rendre accessible à tous, encourager les gens à faire du vélo et utiliser l'équipe pour transmettre ce message. En termes de ressources, en près de 16 ou 17 ans de carrière, je n'en avais jamais eu autant à ma disposition. Ce sont de petits détails, mais ils font toute la différence : les stages en altitude, le matériel, le fait de toujours rechercher la vitesse, l'utilisation de la soufflerie… Il y a un investissement considérable."
Lidl-Trek "a encore une marge de progression. Des cas comme ceux de Juan ou de Derek Gee ne sont pas courants, mais avec une vision à plus moyen terme, d’autres renforts arriveront certainement. L'objectif est clair : essayer d'être la meilleure équipe du monde. Pour moi, en tant que coureur, c'est quelque chose de très beau à vivre. Faire partie d'une équipe qui aspire vraiment à être numéro un est très motivant. C'est l'une des étapes de ma carrière que j'apprécie le plus et, en plus, je me sens très bien physiquement. Avec les années, on apprend aussi à mieux gérer les choses, à les aborder avec plus de sérénité, ce qu'on n'a pas à 20 ans. Aujourd'hui, je profite pleinement du cyclisme", ajoute Verona.
Pogačar, "le meilleur de l'histoire"
Quant à réussir à remporter les cinq monuments, "il y parviendra avant de prendre sa retraite. Au final, avec le niveau qu'il a, rien ne peut lui résister. Je pense donc que sa motivation sera de remporter les cinq Monuments, d’atteindre les objectifs qu’il considère comme les plus importants, et c’est peut-être là que nous verrons la fin de Pogacar. Mais tant qu’il aura des objectifs comme ceux-là en tête, je pense qu’il a encore beaucoup de ressources à exploiter" conclut Carlos Verona.