Jonas Vingegaard large leader… les chiffres de sa domination
Paris-NiceEn l'absence de Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) et après les abandons de Juan Ayuso (Lidl-Trek) et Brandon McNulty (UAE), Jonas Vingegaard a le champ libre sur ce 84e Paris-Nice. Le leader de Visma | Lease a Bike est bien lancé pour inscrire à son palmarès la Course au soleil, à sa 3e participation (3e en 2023, abandon l'an passé)… même s'il a lui même rappelé qu'il "reste trois étapes et on sait que beaucoup de choses peuvent se produire". Il a remporté en patron les 4e et 5e étapes, ce qui lui permet ce jeudi soir de caracoler en tête du classement général : Daniel Felipe Martinez (Red Bull-BORA-hansgrohe) est 2e à 3'22, Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost) 3e à 5'50 et Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) 4e à 6'09. Tour d'horizon en chiffres de sa domination.
La réaction de Jonas Vingegaard après sa victoire sur la 5e étape
20,8 km ce jeudi, son 3e plus raid solitaire victorieux
Dans l'histoire récente, Paris-Nice s'est souvent joué à quelques secondes près, dans l'arrière-pays montagneux de Nice, au prix de retournements de situation haletants et parfois incroyables. Sauf catastrophe, Jonas Vingegaard deviendra le premier Danois à s'imposer à Nice, dimanche. Il compte déjà 3'22 d'avance sur son dauphin, le Colombien Daniel Felipe Martinez, alors qu'il reste 3 étapes à disputer. Il faut remonter à l'édition 1956 pour retrouver trace d'un écart aussi important à l'arrivée : cette année-là, le Belge Alfred De Bruyne (Mercier-BP-Hutchinson) avait distancé Pierre Barbotin (Saint-Raphaël - Géminiani - Dunlop) à 3'58.
Autre statistique qui prouve que Jonas Vingegaard écrase la course cette semaine : ce jeudi, à Colombier-le-Vieux, il s'est imposé après un raid solitaire de 20,8 kilomètres. Si cela n'a rien d'extraordinaire comparé à Tadej Pogacar (81 km récemment sur les Strade Bianche) ou à Paul Seixas (40 km à l'Ardèche Classic), Vingegaard n'est pas coutumier du fait. Il s'agit là de son 3e plus long raid victorieux, derrière la 5e étape de Tirreno-Adriatico en 2024 (28,9 km) et la 6e étape du Tour du Pays basque en 2023 (28,4 km).
Ce jeudi, le Danois a tout simplement signé son succès avec le plus gros écart. En reléguant Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) à 2'02, il fait bien mieux que cette même étape de Tirreno en 2024, quand il avait mis 1'12 à Juan Ayuso.
Jamais, depuis plus de 20 ans, un leader avait autant éparpillé la concurrence après cinq étapes. Il n'y a qu'un seul concurrent à moins de 5 minutes au général (Daniel Felipe Martinez, à 3'22), alors que, par exemple, ils étaient encore 26 à figurer à moins de 5 minutes de Matteo Jorgenson au même stade de la course l'an passé. S'il ne lui arrive rien d'ici dimanche, Jonas Vingegaard, dans sa forme actuelle, pourrait bien faire gonfler cet écart. Ce qui le ferait entrer dans l'histoire de la Course au soleil… Le record absolu sera difficile à aller chercher : en 1939, Maurice Archambaud (Mercier-Hutchinson) s'était imposé au bout de quatre étapes devant le Belge Frans Bonduel (Dilecta-Wolber) avec 9'33 d'avance.
Les plus gros écarts entre le vainqueur et son dauphin à l'arrivée finale de Paris-Nice
1939 : 9'39 entre Maurice Archambaud et Frans Bonduel
1937 : 6'39 entre Roger Lapébie et Sylvain Marcaillou
1934 : 6'24 entre Gaston Rebry et Roger Lapébie
1952 : 4'18 entre Louison Bobet et Donato Zampini
1956 : 3'58 entre Alfred De Bruyne et Pierre Barbotin
1953 : 3'18 entre Jean-Pierre Munch et Roger Walkowiak