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Filippo Ganna : «Je veux le décrocher, entrer dans l’Histoire…»

Milan-San Remo
Mis à jour le par François-Xavier LOUZE
Photo : @INEOSGrenadiers

Ce samedi 21 mars, Milan-San Remo réunira à nouveau certains des meilleurs coureurs du peloton professionnel sur un parcours de près de 300 kilomètres. La Primavera est une course au scénario imprévisible, à la fois accessible aux sprinteurs et aux puncheurs. En 2025, Milan-San Remo avait été le théâtre d'une lutte homérique entre Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG), Filippo Ganna (INEOS Grenadiers) et Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech). Après de multiples attaques du champion du monde slovène, Mathieu van der Poel avait réglé au sprint ce groupe de trois, s'offrant ainsi le Monument pour la deuxième fois. Mais celui qui a le plus marqué les esprits sur cette édition fut certainement le rouleur d’INEOS Grenadiers, Filippo Ganna. S'accrochant aux deux puncheurs malgré leurs attaques tranchantes, il prit la deuxième place au sprint, devant Tadej Pogacar. Un an après sa performance impressionnante, le géant italien (1,93 m) s'est exprimé dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. Il aborde avec sérénité cette édition 2026 de la Classicissima et affiche son ambition de jouer les premiers rôles sur une course d’endurance qui lui correspond bien.

La victoire de Ganna sur le contre-la-montre de Tirreno-Adriatico

 

"Celui qui remporte un monument entre dans l'histoire"

Filippo Ganna, deuxième de Milan-Sanremo en 2023 et 2025, compte bien passer le cap nécessaire pour aller décrocher une première victoire sur le Monument. Il incarnera ce samedi les plus grands espoirs de l'Italie qui n'a plus remporté la compétition depuis 2018 avec Vincenzo Nibali. Le leader d'INEOS Grenadiers, lauréat de deux contre-la-montre depuis le début de la saison, donne le ton : "Celui qui remporte un Monument entre dans l'histoire. C'est ce qui m'inspire quand je pense à Milan-San Remo. Je l'ai déjà frôlé, à deux reprises. Maintenant, je veux le décrocher." Le coureur éprouve donc "l'envie d’entrer dans l’histoire. De faire moi aussi partie de ce cercle très fermé de ceux qui ont réussi à remporter un Monument."

 

"Il n'y a pas de scénario idéal"

Filippo Ganna présente sa vision de la course et rappelle un conseil important pour pouvoir y être performant : "Jusqu’au Turchino, sans vouloir offenser personne, c’est peut-être l’une des étapes les plus ennuyeuses. Et s’il fait froid et qu’il pleut, ça devient presque un calvaire. Mais ensuite… On arrive près de la mer et on commence à être un peu plus actifs. D’Albenga jusqu’à la Cipressa… le temps passe à toute vitesse, on ne s’en rend même pas compte. Mais il y a une chose fondamentale : il ne faut pas oublier de manger. Si tu oublies ne serait-ce que le gel des vingt minutes, quand les rivaux t’attaquent, c’est fini. Enfin, du Poggio à l’arrivée, c’est là que les destins se décident vraiment. C’est ça, le Sanremo. Un mélange d’émotions. Contrairement à d’autres courses, où l’on est à fond dès le départ, je la compare à une marche de plus en plus pressante. Il n’y a pas de scénario idéal. Le Sanremo est un puzzle où toutes les pièces doivent s’emboîter, une énigme unique car elle n’a pas de solution unique. Une grande inconnue, en général. Et il faut être capable de gérer au mieux chaque situation."

Pour l’Italien de 29 ans, la Cipressa est un moment de la course plus stressant que le Poggio : "L’année dernière, je ne m’attendais pas à l’accélération de Tadej Pogacar et, quand il est parti, ça a été intense. Mais, d’une manière ou d’une autre, j’ai réussi à tenir le rythme, tant avec lui qu’avec Mathieu van der Poel.L’un des efforts les plus intenses de ma vie. Heureusement, en tant que coureur de contre-la-montre, je ne peine pas trop sur un rythme régulier. La deuxième place finale m’a frustré, mais cette photo entre deux champions comme eux, je la garde."

 


"J'aimerais arriver plus lucide..."

Pour essayer de remporter Milan-San Remo, Ganna affirme avoir travaillé "sur tous les aspects" avec INEOS Grenadiers, sans pour autant réussir à perdre un peu de poids, tel qu'il l'aurait voulu. "Je devrai être au 101 % de ma forme dans les moments clés" ajoute-t-il. Il est conscient que son sprint reste une faiblesse, surtout en cas d'arrivée groupée. Dans ce cas, "j’essaierais donc d’anticiper. Dans un sprint restreint… l’année dernière déjà, j’aurais pu l’aborder différemment, mais honnêtement, je n’étais plus très lucide après avoir tant roulé « au-dessus du seuil ». Si un tel scénario se reproduisait, j’aimerais arriver plus lucide pour pouvoir mieux affronter les moments décisifs."

Au moment d'évoquer les souvenirs de course, le coureur se remémore Milan-San Remo 2018. Pour sa première participation à la Primavera, il n'avait du tout pesé sur la course, blessé au poignet : "Je m'étais cassé un os du poignet, mais les radiographies ne l'avaient pas révélé. J'avais mal à la main... Résultat final : 161e et avant-dernier. À partir de ce moment-là, ça a été formidable de voir les progrès année après année. J’ai mûri physiquement et mentalement, poussant mon corps toujours plus haut."

En 2023 et 2025... "des reproches à me faire"

Filippo Ganna a désormais analysé ce qu'il lui avait manqué sur les dernières éditions : En 2023 et 2025, "j’ai des reproches à me faire. En 2023, je n’ai pas eu le courage de suivre Van der Poel dans le Poggio, je pensais que Pogacar pourrait l’emporter. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. L'année dernière, comme je le disais, j'aurais pu aborder le sprint différemment. Mais ça s'est encore moins bien passé en 2024, avec cette crevaison et cette panne mécanique dans la descente du Poggio qui m'ont mis hors jeu. Ça aurait peut-être été le Sanremo le plus inattendu, mais le plus gratifiant. Qui sait."

Enfin à la question de savoir si Pogacar pariendra à distancer Van der Poel, Ganna se montre catégorique : "J’espère que non ! Pour moi, ce serait une mauvaise nouvelle. S’il le distance, je pense qu’on reverra Tadej à l’arrivée. Mathieu est l’un des rares à pouvoir le tenir à distance, ou du moins le calmer. Mais rien n’est jamais acquis d’avance, chaque fois, le scénario peut être différent et j’espère avoir moins à courir qu’en 2025."
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