Benji Naesen, l'influenceur menacé par l'UCI après avoir émis des critiques
RouteL’UCI a adressé un courrier au commentateur et podcasteur Benji Naesen pour le mettre en garde au sujet de certains de ses propos publiés sur les réseaux sociaux. Le co-animateur du Lanterne Rouge Cycling Podcast a rendu cette lettre publique samedi, expliquant l’avoir reçue "sans aucune communication préalable" de la part d’un membre influent de l’organisation. Datée du 2 avril, cette lettre, dont l’auteur a été anonymisé par Naesen, précise que l’UCI accepte "les critiques objectives et constructives", mais estime que certains commentaires du Belge franchissent une limite juridique.
La commission d’éthique de l’UCI saisie par Naesen
L’instance affirme que plusieurs de ses déclarations pourraient être considérées comme "préjudiciables" à l’égard de l’organisation et de ses dirigeants élus, et prévient qu’elles pourraient faire l’objet de poursuites pénales en Suisse. Aucun propos précis n’est toutefois mentionné. Le courrier suggère également que certaines analyses de Naesen sur les règlements de l’UCI seraient factuellement erronées, l’invitant à vérifier ses informations auprès de l’organisation avant toute future publication. Présentée comme une démarche de "dialogue constructif", la lettre se conclut néanmoins par une mise en garde explicite : en cas de nouveaux propos jugés diffamatoires, l’UCI affirme qu’elle "n’aura d’autre choix que d’envisager une action plus formelle, incluant le dépôt d’une plainte".
De son côté, Benji Naesen indique avoir saisi la commission d’éthique de l’UCI contre l’expéditeur. "Il m’est impossible d’évaluer la légitimité de leurs accusations ou de corriger d’anciens propos, puisque la lettre ne contient pas un seul exemple de commentaire jugé ‘préjudiciable’. Cela m’inquiète, car je pourrais être exposé à des poursuites simplement pour avoir exprimé une opinion négative sur l’UCI à l’avenir", a-t-il déclaré. "La sécurité et l’équité dans le cyclisme sont des sujets qui me tiennent à cœur, et je m’exprime avec conviction à leur sujet sur les réseaux. Mon intention est claire : je veux contribuer à améliorer ce sport."
Comme rapporté par certains de nos confères, n’est pas la première fois que l’UCI est accusée de vouloir faire taire les critiques. En 2022, elle avait refusé l’accréditation du journaliste Ian Treloar pour les Championnats du monde de Wollongong, après la publication d’articles pour CyclingTips mettant en cause son président, David Lappartient, et les liens de l’instance avec l’ancien dirigeant turkmène Gurbanguly Berdymukhamedov.